Le 334e d'Infanterie
Qui sont-ils ?
Ces hommes, ces réservistes, ces quelques militaires d'active en août 1914 ?
Des éléments éparses, originaires de Saône-et-Loire, du Rhône, de l'Ain, du Cher, de la Nièvre et de la région parisienne (pour ne citer qu'eux).
Constitué sans cohésion, on formule le 334e à base de 12 cadres d'active sur ses 57.
Mais dans la fournaise du climat et des combats d'août 1914, dans les Vosges, ces réservistes ne seront plus que 995 hommes contre 2061 au départ de Mâcon.
Ces hommes forgeront une cohésion, une âme au 334e Régiment d'Infanterie à travers ses marches, ses angoisses, ses longues journées et nuits, ses combats, ses récompenses, ses blessés, disparus, morts et survivants.
L'âme se forgera entre les cols et bois des Vosges en 1914 puis la longue campagne d'Alsace en 1915 et 1916 avant de partir sur le Chemin des Dames en 1917, tout cela, pour finir par les Monts de Champagne en 1918.
Le 334e, dans l'ombre des récits et d'autres régiments, se forgera pourtant aux yeux des généraux comme "le vieux régiment de l'Hartmann". La 164e DI, sur le Chemin des Dames, cette division "du Dragon" dont le 334e participa grandement à sa glorieuse réputation, écarté, par le plus prestigieux régiment français : le 15.2.
Subissant la crise des effectifs en 1918, le régiment sera dissous. Mais, c'est au 334e que l'on a toujours appartenu, l'amicale des Anciens du 334e ne se fera pas prier pour naître. Soldats, sous-officiers et officiers vétérans du 334e rejoindront en masse l'amicale pour faire perdurer l'entente et l'ambiance de ce qu'ils ont connu en temps de guerre.
Dans le feu des combats de La Salcée à Saulcy puis aux monts des Vosges. A l'attaque des Sudels, à la fortification et au tiraillement du plateau d'Uffholtz, à la dureté sans précédent du Hartmannswillerkopf. Aux Seppois et bois de Carspach. A Vauclerc, à Hurtebise et Craonne. La liste est bien trop longue pour évoquer le sacrifice de ces ouvriers, agriculteurs, propriétaires, étudiants, élites intellectuelles. A ses instituteurs devenus chef de section, pour, en majeur partie, se laisser trouer la peau.
A tous ces hommes de 17 à 56 ans.
Des milliers d'hommes sous un drapeau décoloré par les combats.
A qui, ses chefs, impassibles sous l'acier depuis 3 ans, pleureront à chaudes larmes devant le dernier défilé.
Aux glorieux du 334e.














