« C’était la première fois que je traversais ces couloirs depuis votre départ. Je marchais, et je me suis vu courir pour vous rejoindre. Je savais que c’était la fin. Je voulais vous voir sans prendre le risque de perdre une seconde. J’ai couru vers vous, prisonnière du temps qui filait à l’envers. J’ai couru vers votre mort, en priant de vous croiser au détour de vos derniers battements de coeur. J’ai couru vers la vie, votre vie, alors que mon allure n’aurait rien pu changer : vous étiez condamné. Je suis repassée dans ces couloirs que je connais pourtant par cœur, mais dans ces murs j’ai vu votre sourire. J’ai entendu mes derniers mots. Et je m’en suis voulu d’avoir cru au lendemain. Vous êtes parti après mon départ, mais j’aurai du rester. Jusqu’au dernier. J’aurai du vous tenir la main. Et ne pas croire au lendemain. Parce qu’à mon réveil, en passant ma porte d’entrée le téléphone à la main, j’ai prévenu que j’arrivais et ils m’ont dit que vous étiez déjà parti. La veille au soir pourtant, je me revois courir vers vous, dans cette urgence d’entendre votre souffle bien qu’artificiel. Et je ne suis pas restée jusqu’au bout. Vous n’êtes pas le premier à partir ainsi, et pourtant c’est comme si malgré les années, je n’ai jamais cessé d’espérer que tout ça soit faux. Cette injustice de vivre alors qu’on ne vous a pas sauvé. Ces couloirs portent mon deuil, mais ils sont plus solide que je ne le serais jamais. Vous me manquez, et cet endroit est marqué de mon cœur endeuillé. J’aurais voulu vous revoir, mais les lendemains nous ont manqués. J’espère avoir un jour le courage d’aller vous rendre hommage là où vous reposez. Je vous aime, a jamais.
16:22, 10/12/2022, à mon ami.
















