Les problèmes...
Il m’a fallu 15 minutes. Le premier lancer était facile, alors que je m’étais imaginé que la dalle de ciment serait une vraie râpe à fromage. Très vite, je me suis retrouvée en difficulté, à tirer sur mon marteau, parce que j’étais partie trop vite. Très vite, je me suis mise à tricher, en ralentissant exagérément mon départ pour mieux maîtriser mon entrée dans les tours. Très vite, je me suis souvenu que j’adorais le lancer de marteau, et que c’était vraiment quelque chose de difficile.
C’est cette réflexion intérieure qui me pousse à me pardonner. A arrêter de me trouver mauvaise, arrêter de sous-estimer ce que j’ai appris et accompli, tout ce travail fourni pendant des années, avec passion et abnégation.
C’est là que j’ai compris que j’avais vraiment raison : ce n’est pas à la portée de tout le monde (la mienne, aujourd’hui, par exemple), mais moi je l’ai fait.
Et ça fait du bien, ça réconcilie un peu avec soi-même. Ça pousse à être moins dure.
Je n’aimais pas les maths, mais j’aimais bien résoudre mes problèmes de marteau. Si j’ajoute de la vitesse mais que je retiens mes bras, que je multiplie par quatre tours et que je divise mon temps de récupération entre chaque jet par deux, qu’est-ce que j’obtiens ? des problèmes, toujours des problèmes.
Quand l’équation devenait trop compliquée, ça finissait par m’énerver. J’aimais la prise de tête sympathique. Lundi, en quinze minutes à peine, c’était sympathique. J’aurais pu continuer une heure.
Le problème à résoudre cette semaine, il est marrant : j’ai pas fait de sport depuis plusieurs mois + j’ai mal au dos + il y a les interclubs dimanche + j’aime le marteau = à combien de mètres je vais lancer?














