L’Amour platonique : juste milieu entre débauche et romantisme
Soyons clairs ! Le sexe est partout on ne peut plus louper les insinuations dans les publicités, les allusions des collègues... NOUS SOMMES ENVAHIS ! Mais ne vous inquiétez pas, il existe encore des gens comme nous (très sages et très respectueux des valeurs de l’amour) qui sommes adeptes de L’AMOUR PLATONIQUE. Haha. Vous souvenez vous de ce que c’est ? Peut être l’avez-vous connu dans votre tendre enfance où l’amour se résumait à étaler de la peinture sur le visage de votre adoré(e) ?
Mais attention savez-vous d’abord ce qu’est l’amour platonique ? Vous croyez qu’il s’agit juste de lettres épistolaires envoyées entre aristocrates du 16ème siècle ? Faux ! L’Amour platonique est plus complexe. Si on regarde la définition de notre cher ami Wikipédia « l’amour platonique est une conception philosophique des relations amoureuses qui date de la Renaissance (…) il s’agit d’un amour chaste, en dehors de toute sensualité, de type intellectuel, et sans que l’envie de relations sexuelles ne se distingue ». Ouais, donc si on résume bien la chose, en gros pas de Chupa Chups, pas d’échanges de fluides entre Paul et Paulette.
Derrière votre ordinateur, je sens une tension palpable « comment peut-on avoir une relation sans avoir accès au plaisir charnel ? ». Nous aussi on se l’est demandé. Est-ce possible aujourd’hui ? Et surtout, est ce que l’amour platonique peut durer dans le temps ? Non parce que c’est bien joli joli de « se faire plaisir intellectuellement » mais peut-on se limiter à ce seul plaisir ?
Car il faut bien se l’avouer, l’amour platonique n’est pas une chose facile dans notre société, société sexualisée à outrance entre publicités et tentations diverses.
Tout d’abord, nous sommes tout le temps face au désir, du plus basique au plus profond : désir d’acheter, désir d’avoir donc désir de posséder. Au sens propre comme au sens figuré. La société de consommation et la société de sexualisation deviennent complémentaires. On ne sait plus si les publicités sont là pour vendre un produit ou un corps ? Avouons, nous regardons les publicités parfois plus pour les attributs des individus que par la promotion du produit...
Ne vous inquiétez pas, nous ne sommes pas les premiers à faire l’idéalisation du corps, les Grecs étaient précoces.
Nous sommes donc perpétuellement « mis à l’épreuve » : exemple : le cinéma. AH LE CINEMA. Les films romantiques, les films d’actions, les films fantastiques, les films d’auteurs et j’en passe, promeuvent l’amour charnel au profit de l’amour platonique. Vous êtes sûr que vous aurez une scène entre Paul et Paulette de olé olé et même du olé olé avec Paul Paulette Patrick Jeannine réunis. Et parfois même ce qu’on appellera un porno moderne. Le sexe est partout. L’amour platonique dans tout ça ? Bah il n’existe plus. Entre sexe au cinéma, sexe à la télévision et bien évidemment sexe sur Internet, il semble impossible de le retrouver le petit coco. Même au sein des religions, lesquelles nous pourrions croire que l’amour platonique a peut-être sa place, ce n’est pas possible. Pour une bonne raison : la procréation. C’est sûr chez Jean Paul (oui nous avons un problème avec le prénom Paul) et Mariette ils ne sont pas adeptes du 69 et de la cuillère (quoi que) mais ils font des enfants. Et je n’ai pas besoin de vous rappeler le cours de 4ème. OU encore mieux, la fameuse conversation avec les parents sur l’origine de notre naissance. Bref, les religieux, faut mettre de côté. Il reste un concept, que peu de débats sur les forums féminins font l’objet : L’asexualité.
L’asexualité serait-elle la roue de secours pour l’amour platonique ? Rappelons que l’asexualité (toujours selon notre pote Wiki) « l’état d’une personne qui ne ressent pas d’attirance pour une autre personne (…) désintérêt pour le sexe ou comme une absence d’orientation sexuelle ». Et notre pote Wiki vient de nous apprendre un chiffre horripilant, seulement 1% de la population est concernée. Donc sur les 7 milliards de Terriens que nous sommes, seulement 70 000 000 pourraient être concernés par l’amour platonique. Et avec tout le respect que nous avons pour ces personnes, JE NE COMPRENDS PAS. Ce chiffre nous semble énorme, mais essayons de comprendre comment ils peuvent vivre sans l’activité de Popol (on vous avait dit qu’on aimait ce petit nom).
Ces personnes asexuées, que nous respectons n’éprouvent donc aucun désir à l’envers d’autrui. N’est ce pas le résultat à long terme de la banalisation du sexe ? De la perte du romantisme ? Cependant, petit bémol, être asexué c’est généralement à vie alors qu’un amour platonique...Non. Et nous allons vous dévoiler un petit secret : vous avez déjà goûté à l’amour platonique. Oui, oui. Au moins une seconde dans votre vie. Nous, la génération Y surfant à tout va sur Internet, nous vivons parfois des amours platoniques. Parlons des sites de rencontres, n’est ce pas une forme d’amour platonique à durée limitée ? Vous découvrez une personne en lui parlant, et généralement si vous recherchez quelque chose de sérieux, vous ne lui parlez pas tout de suite de votre tour de poitrine mais plutôt de ses loisirs, ses études, son travail etc. Mais où commence vraiment l’amour ? Car, bien heureusement, on ne tombe pas amoureux (se) au premier « Salut ça va ? ». (Exception : si on parle à un ex, là ça devient plus compliqué soyons d’accord).
Les sites de rencontre développent donc cet amour platonique, car parfois notre intérêt est seulement intellectuel. Les réseaux sociaux développent ce type d’amour. Nous apprécions des personnes pour leurs idées, leurs façon de s’exprimer et non pas pour sa coiffure, son grain de beauté, ses yeux et j’en passe. Cependant, il faut avouer qu’il y a encore ici un petit bémol : la durée de cet amour platonique ? Peut-il rester « amour » ? La conversion en « amitié » n’est-elle pas obligatoire ? Ou même généralement la conversion en « amour simple » (sous entend avoir du désir) ? Malheureusement, l’amour platonique est de plus en plus difficile à sauvegarder dans le temps. Pour les jeunes, le désir de procréer, notre instinct animal reste majoritaire... L’amour platonique serait donc possible pour des personnes qui souhaitent découvrir un individu pour sa profondeur. Nous sommes tentés de viser les personnes âgées et les personnes dont le désir est épuisé, qui sont les plus propices à tester cet amour, et surtout le sauvegarder dans la durée. La réflexion, l’amour simple, platonique et la volonté du savoir sont des concepts difficiles à aborder dans une génération libre sexuellement, qui ne sait plus où sont ses limites.