Radioactive
J’émets malgré moi. La douleur traverse mes membres et mes membranes et irradie contre le monde innocent. Tout à tort tandis que j’ai mal et m’enfonce dans la complaisance qui me détend à peine. Chacun de mes pas est un effort infra-humain, de l’ordre du chasse-neige ondulatoire qui avance, lentement mais à grand frais, contre les turbulences. Je n’ai jamais été autant moi qu’au plus bas de moi-même. L’espace-temps où mon être trouve sa seule définition dans la défiance ultime et dans la tension la plus infime. Je suis mon propre négatif et rien ne va que lorsque je reste dans l’oeil public, étrangère apaisée qui sait enfin un peu se (re)tenir. Je déambule le long de ma liste et de la ville, pour une fois indifférente aux retards et aux imprévus. J’emmerde la vie, c’est-à-dire que, pour une rare fois, je la vis juste – sans attente ni espoir. Depuis le fonds du puits mouvant que je suis, tout devient soit anodin soit de fait un tant soit peu réjouissant. La sensation d’échec existentielle engendre une série de succès organisationnels. Aujourd’hui, oui, j’ai emmerdé la vie et elle me l’a bien mieux rendu que tout ce que je pouvais espérer. Face au mur, j’ai fait l’expérience de la plus belle des mouvements-explosions. Eternité mensuellement renouvelée. Enterrement sanguin qui me renaît. Demain, le grand bain.








