Le soleil s’est caché
Il commence à bruiner.
Assise sur la terrasse,
Je savoure l’instant qui passe.
Quand l’orage grondera,
Lorsque la pluie tombera,
J’irai à l’abri
Dans ma petite maison de souris.
Alors j’écrirai des poèmes
Ces mots si doux que l’on sème
Dans le coeur des gens qu’on aime
Quand je ne me sens pas très en forme, quand j’ai mal quelque part ou que j’ai le cœur lourd, je sors et je vais marcher. Parfois, c’est un peu difficile au départ. Mais je ne le regrette jamais. Me mettre en mouvement me redonne de l’énergie et remet mes idées en place.
Je dispose d’une autre façon de surmonter mes bleus de l’âme, c’est d’écrire. Souvent, j’écris après être allée marcher. Marche et écriture vont bien ensemble, l’une prépare l’autre. C’est un processus de digestion ou de cicatrisation.
L’autre jour, pendant la finale de la coupe du monde de football, je suis sortie marcher. Je me trouvais loin de chez moi, dans le nord, pour un week-end en famille. J’ai laissé tout le monde agglutiné sur et autour du canapé, devant l’écran de la télévision. Le foot à la télé, non merci, sans façon, même quand l’équipe de France arrive en finale de coupe du monde. Chacun son truc.
Me voilà partie à la chasse au chemin. Ici, je me trouve tout près du pays de Jacques Brel : « Avec des cathédrales / Pour uniques montagnes / Et de noirs clochers / Comme mâts de cocagne / Où des diables en pierre / Décrochent les nuages / Avec le fil des jours / Pour unique voyage / Et des chemins de pluie / Pour unique bonsoir. » Ici, tout est rectiligne et horizontal. Les seuls reliefs notables sont les clochers, comme dans la chanson, et les pylônes des lignes à haute tension.
J’avance d’un bon pas sous un ciel blafard, en suivant des petites routes. Je ne croise personne, à part quelques originaux comme moi. Je laisse mes jambes agir comme un métronome. Tout est diamétralement opposé à mes randonnées d’il y a quelques semaines, sur l’île de la Réunion, dans le cirque de Mafate. Là-bas, tout était en courbe. Les sentiers tortueux et accidentés alternaient en hauts vertigineux et en bas profonds, sous une lumière intense.
Malgré ce contraste saisissant, je ne m’ennuie pas. Je ne m’ennuie jamais en marchant. Je progresse sans objectif précis. Je suis partie vers le nord, vers la Belgique. Sur la carte, j’ai repéré un cours d’eau, un parc, mais je ne pense pas que je pourrai aller jusque là. Je marche le long de routes étroites qui longent des champs couverts de givre.
Je finis par tomber sur une voie ferrée et — ô merveille — un chemin qui la longe. Mes pieds sont satisfaits de sentir le contact de la terre sous les semelles : c’est tellement moins dur et agressif. Je déteste le bitume qui recouvre les chemins pour les rendre confortables seulement pour les véhicules roulants.
Voilà un vrai chemin, bordé de haies, avec quelques rares arbres isolés qui mettent un peu de relief dans le paysage monotone. Je voudrais qu’il dure plus longtemps, mais il rejoint trop vite le fond d’une impasse où le bitume est de retour.
Un peu plus loin, sur la droite, une voie ferrée désaffectée semble se poursuivre, partiellement envahie par la végétation. Aucun train n’y circule plus depuis bien longtemps. Pourtant, un sentier s’y faufile, sûrement tracé par des pieds humains. Si d’autres personnes sont passées, pourquoi pas moi ?
Après une hésitation de courte durée, je m’y engage, curieuse de voir où cela mène. Je marche sur la voie ferrée en m’appliquant à poser mes pieds sur les vieilles traverses en bois. La voie que je suis en rejoint une autre, puis une autre encore. Je débouche finalement sur une vaste gare de triage abandonnée.
Par endroits, la végétation réussit à gagner sur le ballast : à quand remonte la dernière fois où des wagons de marchandises sont venus stationner là ? Certainement à plusieurs dizaines d’années, à une époque désormais révolue, où le nord de la France était une région industrielle prospère.
Pour arriver jusque là, je n’ai franchi aucune clôture, aucun portail. Pourtant, le vaste espace désaffecté où je me trouve est entouré d’un haut et solide grillage : impossible de rejoindre les rues environnantes. Une passerelle enjambe la zone, mais les escaliers pour l’emprunter se trouvent de l’autre côté de la clôture. Je n’ai pourtant pas envie de rebrousser chemin. Je continue donc à longer ma voie ferrée désaffectée. Elle se ramifie en encore plus de voies abandonnées.
D’abord hésitante, je traverse d’abord une voie, puis une autre, puis une autre encore… Le jour commence à décliner. Un peu plus loin, je vois quelques lumières, des quais : c’est la gare d’Armentières. Il ne reste plus que deux voies encore en service. Je finis par atteindre l’un des quais, sans avoir à traverser l’une d’entre elles. Ouf !
En sortant de la gare par le hall illuminé, j’ai l’impression de rejoindre le monde réel après une incursion dans un monde parallèle. Je croise des gens dans les rues, qui se hâtent vers leur destination. J’aimerais bien poursuivre mon exploration, mais l’heure tourne. Comme le match se prolonge, je ne trouverai personne prêt à renoncer au suspens du spectacle pour venir me chercher.
La nuit va vite gagner, une petite pluie fine commence à tomber : pour revenir à pied, plus question de suivre les chemins ou les petites routes. Je prendrai le bitume des trottoirs, le long des avenues bien éclairées. Les quelques kilomètres qui m’attendent ne prendraient que quelques minutes en voiture. Je me prépare à une petite heure de marche : rien d’insurmontable.
Ce ne sont pas quelques gouttes qui vont m’impressionner. L’eau qui tombe n’est pas de la neige. Bien que le sol soit mouillé, elle ne se sent et ne se voit pas. Je suis suffisamment couverte pour ne craindre ni le froid ni l’humidité. J’ai déjà affronté des conditions plus hostiles, je ne me sens pas inquiète.
Je sais parfaitement où je vais ; à chaque intersection, le GPS et la cartographie de mon téléphone m’indiquent la bonne direction. Je rejoins assez vite un axe principal que je vais suivre jusqu’à destination : aucun risque de me perdre.
Pourtant, il y a quelque chose qui cloche. Je prends progressivement conscience que mes pieds doivent augmenter leur vigilance. Ils sentent que, quand ils se posent, parfois, ça glisse. D’abord, de temps en temps, puis peu à peu, c’est à chaque pas que je dois faire attention quand je sens le sol se dérober.
Mon attention se focalise de plus en plus sur ce qu’il se passe sous mes pieds : ça tient ou ça dérape ? J’observe des différences selon la nature du sol. Les trottoirs recouverts d’un dallage en brique sont particulièrement redoutables. Plus le sol est lisse, plus le risque de dérapage est fort. Plus question d’avancer en « pilote automatique » ; chacun de mes pas requiert toute mon attention.
Instinctivement, mes pas deviennent de plus en plus courts, de plus en plus précautionneux. J’ai l’impression que marcher sur une patinoire serait moins délicat : le sol serait glacé partout pareil. La moindre distraction risque de me faire chuter. J’en fais d’ailleurs l’expérience à trois reprises. La vigilance qui baisse un instant, le tonus qui se relâche brièvement, le regard qui se laisse distraire une fraction de seconde, et zip, je me retrouve au sol.
J’aurais pu tomber dix fois, vingt fois. Sur les centaines, les milliers de pas que j’ai effectués, trois défaillances, c’est finalement peu. Je vis ce trajet comme coupée du monde normal, uniquement concentrée sur la surface sur laquelle mes pieds se posent, sans comprendre vraiment la situation, sans non plus entendre ou sentir vibrer mon téléphone dans ma poche, signalant les appels de celui qui s’inquiète que je tarde à rentrer.
Je n’ai réalisé qu’après coup, dans la soirée, à l’aéroport de Lille, alors que nous attendons notre avion de retour. Tous les vols prévus sont annulés tour à tour. Motif : conditions météorologiques défavorables. Il n’y a pourtant ni vent violent, ni brouillard, ni neige.
En cherchant sur internet, j’ai fini par trouver l’explication : bruine ou pluie verglaçante, un phénomène aussi rare qu’imprévisible :
« La bruine verglaçante est un type de précipitations liquides qui tombent dans une masse d’air sous le point de congélation et gèlent au contact de tout objet pour donner du verglas. »
« La pluie verglaçante est de la pluie qui reste liquide malgré une température inférieure à 0 °C. Les gouttelettes sont alors en état de surfusion et lorsqu’elles rencontrent un objet, elles gèlent instantanément causant du verglas. »
Merci Wikipédia !
Épilogue
Que retiendrai-je de cette microaventure ? En premier lieu, j’ai vérifié une fois de plus que marcher, cela fait toujours du bien et qu’on finit toujours (ou presque) par trouver au moins un bout de chemin sur lequel poser ses pieds directement sur la Terre. Rien de mieux pour une reconnexion et un retour à l’essentiel.
Ensuite, j’ai expérimenté les capacités d’adaptation dont nous, humains, disposons. Je ne connaissais pas ce phénomène de gouttes de pluie en surfusion, je ne comprenais donc pas ce qui m’arrivait. Mon cerveau ne disposait pas des connaissances qui lui auraient permis d’appréhender l’expérience. J’ai dû me débrouiller avec mes perceptions.
Je ne voyais rien non plus : la bruine était très fine et le verglas invisible. S’il avait neigé, mes yeux auraient pu voir les flocons, la fine couche blanche se former sur le sol. La seule information que je recevais provenait de mes pieds, de mon corps qui me renseignait sur la précarité de mon équilibre en mouvement. Merveilleuse proprioception.
J’ai passé une durée que j’estime a posteriori à environ une heure, de contraction de l’espace et du temps. Plus rien d’autre ne comptait vraiment que l’endroit et le moment où chacun de mes pieds entrait tour à tour en contact avec le sol. Une expérience de la marche réduite à l’extrême.
Wil je je huid verzorgen, hydrateren en regenereren? Probeer een Herstellende Bruine Klei Masker Ziaja en geniet van de prachtige teint!
Aangezien het herstellende bruine kleimasker wordt aanbevolen voor alle huidtypes, is het de moeite waard om het permanent in het huidverzorgingsproces op te nemen
Regelmatig gebruik 2-3 keer per week zal snel zichtbare resultaten opleveren. Dankzij het gehalte aan vitamine E, dat vrije radicalen neutraliseert, maakt het fijne lijntjes effectief glad. Ons masker vult perfect de tekorten aan voedingsstoffen aan en herstelt het stralende en gezonde uiterlijk van de huid. Om ten volle te genieten van een perfecte teint, is het de moeite waard om deze uitgebreid te verzorgen. Make-up verwijderen zal altijd de basis en de eerste stap zijn. In ons aanbod vind je zowel melk als micellaire vloeistoffen die onzuiverheden en resten effectief verwijderen, zelfs waterproof make-up. Een andere zeer belangrijke stap is toning, die de natuurlijke pH van de huid zal herstellen.
Peeling is een vaak over het hoofd geziene stap
Het is zeker de moeite waard om het te doen, vooral voordat je het masker aanbrengt. Het verwijdert effectief eelt, dode opperhuid en zorgt ervoor dat de actieve ingrediënten van het masker diep in de huid doordringen. Elk verzorgingsproces moet worden afgesloten met een vochtinbrengende crème, aangepast aan het huidtype. Het is ook de moeite waard om een oogcrème te kiezen die speciaal voor dit doel is ontworpen. Aarzel niet en probeer vandaag nog het herstellende bruine lijmmasker en onze andere gezichtsverzorgingsproducten om elke dag te genieten van een vlekkeloze, stralende huid.