RETOUR A REIMS - Passionnant et passionné, le documentaire de Jean-Gabriel Périot réécrit à travers le récit de Didier Éribon et le montage de films d'emprunts, l'histoire de la classe ouvrière, sa condition, ses enfermements et les raisons qui l’ont conduit à prendre la forme d’une société amère et revendicatrice au fil du temps.
Réflexion sur les mécanismes de reproduction, la violence des inégalités ou l’identité collective du monde ouvrier, Retour à Reims fonctionne comme un cours de science politique saisissant, vivant et très éclairant. Il n’est plus question de l’identité sexuelle d’Eribon, qui prend une place essentielle dans l’essai éponyme, la dimension psychologique des individus pris dans les conflits de classe en est de ce fait complètement et radicalement ignorée.
L’approche sociologique de façon exclusive, me semble quand même être un parti pris discutable, une espèce de raccourci, de simplification abusive de l’histoire d’un individu. C’était moins perceptible dans l’écrit Retour à Reims que dans la façon dont Jean-Gabriel Périot en fait un documentaire très ciblé.
Les effets de ce choix restent pertinents, et gardent toute leur puissance explicative sur les ressorts de la lutte des classes et ses impasses. Fort de ses images d'archives captivantes, le film éclaire aussi de façon très pédagogique sur la montée des extrêmes depuis trente ans.
Le fil conducteur du démantèlement social nous embarque jusqu’au moment crucial des Gilets Jaunes, avec des images fortes, pour certaines bouleversantes. Les dernières scènes laissent un grand nombre de questions ouvertes, c’est également un des mérites de cette très belle réussite dans l’ensemble.
NOTE 16/20 - Pédagogique, clair, instructif à tout moment, extrêmement bien réalisé, ce documentaire est une réussite. A voir, à montrer aux élèves, “à partager” sans modération.












