MADRES PARALLELAS - Le dernier Almodovar, est à la fois un film sur l’origine et sur la filiation… Deux trop grands thèmes pour être traités à la fois, et de façon aussi peu “tricotée” en commun, c’est le premier handicap de ces retrouvailles toujours plaisantes avec le réalisateur madrilène de 63 ans maintenant.
Ca fait plus de 30 ans maintenant que je suis fan d’Almodovar, avec des films excellents, des très bons, et même quelques rares mauvais. Il y a toujours cette ambiance singulière qui fait sa patte, un cadre historique ou naturel typiquement espagnol très assumé, des récits avec des mères, des morts qui intègrent activement le scénario, des femmes qui veulent chanter ou être actrices, des homosexuels, des traumatismes enfouis, des transsexuels, et ce même du temps où ce n’était de loin pas encore dans l’air du temps comme aujourd’hui.
Loin du conformisme qui le répugne, Almodovar reste fidèle à ses thématiques très personnelles et laisse une fois de plus son œuvre et ses interprètes exprimer sensibilité et sensualité. Au détour d’une plaie franquiste ouverte, le cinéaste cède volontiers la grande partie de son récit au portrait de la maternité, en nuançant les doutes et une culpabilité, imbibée d’une essence hitchcockienne, jusque dans la musique d’Alberto Iglesias. Le grand plus de cet opus reste le retour de Penélope Cruz, dans la peau de Janis, une mère dont le destin se fige sur deux temporalités, d’abord celles de ses aïeux, puis celle qui la rapproche de sa voisine d’accouchement. La révélation Milena Smit campe alors une Ana adolescente, qui ne se satisfait pas pleinement de sa condition. Impériales dans leur partition, elles véhiculent ce sentiment affectif, qui suit le merveilleux événement, jusqu’à ce que le drame se déclare.
Tous les jalons sont posés de façon assez lourde et soulignée, avec des rebondissements qui ne transpirent que le réalisme propre au réalisateur. On supporte néanmoins ces longueurs et le manque de subtilité, dont le ressenti est un mélange de tensions, dues à des choix esthétiques convenus, mais toujours efficaces. Dommage que le propos se délaie, et ne soit jamais vraiment développé en profondeur. En guise d’interprétation du drame, l’intrigue se clôture comme une sorte d’extension des traumatismes vécus par ces mères accidentées. Dans un meli mélo de dénouement multiples, la roue tourne là où l’on n’attendait même pas son passage.
Des traces confuses sont laissées comme les signes de chemins qui ne mènent nulle part. A suivre, ou pas.
NOTE 13/20 - Madres Paralelas ne flamboie pas à tous les niveaux, mais le film reste rigoureux dans son portrait, teinté d’une signature cinématographique qu’on reconnaît à Almodóvar.
Mais comme chaque aventure impromptue, il existe des zones d’ombre qui inviteraient d’autres spectateurs à passer outre cette réflexion sur la transmission et la mémoire, simplement parce qu’elles nous apparaissent comme une surcouche épaisse.











