Du plus loin que je me souvienne, les gynécos m'ont toujours fait peur. Je garde en mémoire la première gynéco que j'ai consulté. A 18 ans, en couple et après quelques mois de prise de pilule. Je vais la voir dans l'espoir qu'elle me pose un stérilet. Je ne prends pas bien la pilule, l'oublie tous les trois jours, clairement ce n'est pas pour moi. Après cet aveu j'ai donc droit à un joli discours bien paternaliste à base de "Mais non, il faut se forcer, je ne veux pas te poser de stérilet, tu es trop jeune, tu ne sais pas, reviens me voir dans un an.".
Un an plus tard, j'y retourne. Bien évidemment je ne prends toujours pas ma pilule tous les jours, je veux mon stérilet, qu'elle me pose.
Trois ans plus tard, il faut changer ce stérilet, je ne veux plus voir ce docteur et part tenter ma chance avec son collègue. Tout se passe bien, le stérilet est remplacé par un autre. Seulement les effets secondaires se font sentir. Je prends beaucoup de poids, je suis irritable, ma libido est en berne. Je pars donc me renseigner sur les moyens de contraception existant et décide rapidement d'opter pour le DUI en cuivre. Mon rdv est pris avec le praticien qui m'avait posé le stérilet. Pas de problème, il accepte de me poser le DUI. Il me donne rendez-vous dans une semaine afin de retirer le stérilet. La semaine d'après le stérilet est enlevé, j'ai donc droit à une jolie ordonnance pour pouvoir poser mon DUI à me prochaines règles. J'apprendrais plus tard que le DUI aurait pu être posé le même jour que le retrait de l'implant.
Je pars donc avec mon ordonnance, sans autre protection que l'abstinence ou le préservatif, à attendre patiemment mes prochaines règles qui n'arriveront finalement jamais car je suis tombée enceinte quelques semaines plus tard. Un bébé surprise qui nous a chamboulé. Nous ne vivions pas ensemble, j'étais en formation pour devenir sommelière. Rien n'était prêt pour lui. Malgré des moments difficiles suite à l'annonce de cette grossesse, nous avons décidé de garder ce bébé.
C'était donc parti pour cette grande aventure ponctuée de rendez-vous médicaux.
Au quatrième mois de ma grossesse, je m'affole, j'ai très mal au ventre. Heureusement mon rendez-vous avec ce gynécologue est le lendemain. Je m'y rends donc et apprends que je ne suis pas prévu aujourd'hui, quelqu'un a dû se trompé, c'était il y a deux jours. Malgré tout je ne me sens pas d'attendre pour savoir si tout va bien et l'explique à la secrétaire qui m'envoie vers la clinique où travaille ce gynécologue pour le voir. Je m'y rends donc, lui n'a pas de patiente pour l'instant mais je me prends quand même une sacrée soufflante. Je ne suis apparemment qu'une enfant qui ne sais pas respecter ses rendez-vous, imaginez s'il devait faire ça pour tout le monde et puis de toute façon je m'inquiète pour rien. J'ai l'impression d'être une enfant qui a fait une bêtise, je me mets à pleurer et lui avoue qu'en ce moment je ne vais pas très bien, que je pleure beaucoup dans l'espoir qu'il puisse m'aider. Il me répond alors qu'il ne peut rien faire pour moi et que je dois me débrouiller toute seule. En retournant voir la secrétaire, le gynécologue revient et se met en colère contre elle. Elle me confiera qu'il le fait souvent.
Après ce rendez-vous humiliant je n'ai plus eu affaire à lui, j'ai décidé de me faire suivre par la maternité où j'ai accouché. Après ce début de grossesse un peu chaotique j'ai eu la chance d'avoir à faire à des gens doux, à l'écoute, tolérants. J'ai pu consulter la psychologue de la maternité.
Mon accouchement s'est déroulé sans soucis. Après m'être renseignée et avoir lu plusieurs témoignages sur cette page j'étais échangé sur ce que je ne voulais pas (épisiotomie, ocytocine pour accélérer le travail, etc.) Mon accouchement fût long (21h) mais rien n'a été accéléré, mon fils a toujours été bien et au final je n'ai même pas eu de déchirures.
Je ne pense pas avoir eu la pire des expériences, cependant ces épisodes qui ont ponctué des étapes de ma vie de femme furent douloureux et restent traumatisants (j'ai toujours du mal à faire confiance aux médecins en général et j'ai dû en changé trois fois en un an avant de trouver le bon).