Pour ce premier épisode, je suis ravie de recevoir mon ami Maxime Alard, machiniste. Dans cet épisode, Maxime nous parle de sa passion pour le métier de machiniste, en expliquant les différentes tâches qu'il accomplit et les particularités de son travail; en faisant un petit détour par ses débuts dans le milieu, où il a dû passer par la case régie !
On va aussi discuter de l’industrie du cinéma d’aujourd’hui, de James Cameron, de Fast & Furious, de James Cameron, des vieux films et des films cultes, et… de James Cameron, aussi.
Si tu es intéressé.e par les coulisses du cinéma et souhaites en savoir plus sur le travail d'un machiniste de prise de vue, viens vite écouter cet épisode de FDS ! 🤗
🎬 OEUVRES CITÉES
Memories of Murder, Bong Joon-Ho (2003)
The Game, David Fincher (1997)
Mank, David Fincher (2020)
Fast & Furious, Rob Cohen (2001)
Jumanji : Bienvenue dans la jungle, Jake Kasdan (2017)
Jungle Cruise, Jeaume Collet-Serra (2021)
22 Jump Street, Phil Lord et Chris Miller (2014)
OSS 117 : Le Caire, nid d'espions, Michel Hazanavicius (2006)
Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, Alain Chabat (2001)
La Ligne Verte, Frank Darabont (1999)
Les Petits Mouchoirs, Guillaume Canet (2010)
Titanic, James Cameron (1997)
Avatar 1 & 2, James Cameron (2009 & 2022)
Buried, Rodrigo Cortés (2010)
Harry Potter à l'École des Sorciers, Chris Colombus (2001)
High School Musical, Kenny Ortega (2006)
Cloverfield, Matt Reeves (2008)
REC, Paco Plaza et Jaume Balagueró (2007)
Le Projet Blair Witch, Daniel Myrick et Eduardo Sánchez (1999)
Douze Hommes en colère, Sidney Lumet (1957)
Douze Hommes en colère, William Friedkin (1997) - remake
Bonjour à tous et à toutes, et bienvenue dans ce tout premier épisode de La Feuille de Service. Je m’appelle Alix Desoomer, je suis réalisatrice et assistante mise en scène, et je suis aussi la créatrice de ce podcast. Pour cet épisode inaugural, j’ai le plaisir d’accueillir mon ami Maxime Alard, machiniste, qui nous parlera de son parcours et de son métier; on va aussi discuter de l’industrie du cinéma d’aujourd’hui, de James Cameron, de Fast & Furious, de James Cameron, des vieux films et des films cultes, et aussi… de James Cameron. (j’avais pas précisé, je crois.) Bonne écoute !
-générique-
ALIX : Bonjour Maxime, comment vas-tu ?
MAXIME : Ça va et toi ?
A : Ça va très bien, merci. Merci d’avoir accepté mon invitation pour ce podcast qui j’espère plaira aux gens qui l’écoutent, et qui te plaira à toi aussi…
M : Oui !
A : J’espère que l’expérience sera intéressante !
M : J’ai trop hâte.
A : Tu vas nous parler de ton métier, qui est machiniste,
M : Oui.
A: Machino, comme on dit.
M : Machiniste de prises de vues !
A : Ouh là là là. Mais d’abord, est-ce que tu pourrais te présenter en quelques phrases ?
M : Oui, je m’appelle Maxime, je viens de Toulouse, ça fait 8 ans maintenant que je suis monté à Paris pour bosser dans le cinéma. J’ai commencé par 5 ans de régie, et là ça fait un peu plus de 2 ans que je fais de la machinerie.
A : Et sur quels types de productions tu travailles ? Est-ce que c’est des clips, des séries, de la fiction… ?
M : Tout. J’ai pas de … Enfin, globalement quand on fait les métiers du cinéma en général on bosse sur tout : pub, télé, clip, cinéma. Après ce qui va faire que tu bosses plus dans un domaine que dans l’autre, ça va déjà être tes goûts. Si par exemple tu veux pas du tout faire de pub, que ça t’intéresse pas et que tu veux faire que de la fiction, y a aussi une histoire de réseau. C’est-à-dire que moi aujourd’hui j’ai des copains qui font que de la fiction parce qu’ils ont pas de réseau dans la publicité ou inversement. Moi, j’ai réussi, c’est un peu du hasard aussi bien sûr, à avoir du réseau un peu dans les deux, donc je fais autant de la pub que de la fiction, et ça me va très bien.
A: Et du coup, comment est-ce que t’en es arrivé à faire le métier que tu fais ? Vu que tu faisais pas machiniste avant, et ça fait pas si longtemps que ça finalement, que t’es dans ce métier-là en particulier, avant tu faisais autre chose. Donc, est-ce que tu peux nous parler un petit peu de comment tu en es arrivé là où tu en es aujourd’hui ?
M : Mon parcours depuis le début ?
A : Allez !
M : C’est un peu long, mais…
A : Mais c’est pas grave.
M : Moi, assez tôt j’ai voulu bosser dans le cinéma. J’ai voulu faire une école de cinéma, comme beaucoup, dans une école publique. Sauf que les écoles publiques, à cette époque-là il y en avait que quatre en France; il y en a peut-être deux de plus maintenant. Je suis arrivé à une époque où le cinéma commençait à devenir beaucoup plus accessible, enfin en tout cas on se rendait compte que ça devenait beaucoup plus accessible; donc beaucoup de candidats et très peu de places. J’ai pas eu ces concours-là, écoles privées trop chères… Des écoles privées y en a plein, c’est 10 000 euros l’année sur trois ans si tu vas jusqu’au diplôme; j’avais pas du tout les moyens et je voulais pas m’endetter et faire un prêt pour aller là-dedans. Et puis mes parents ne voulaient pas, n’avaient pas forcément les moyens, tout ça. Donc je suis monté à Paris en me disant “ben je vais, à l’ancienne, rentrer et aller démarcher les gens, discuter, vu que je suis quelqu’un de très sociable”. Et j’avais fait beaucoup de jobs étudiants, des métiers alimentaires disons qui me plaisaient pas forcément mais qui étaient pas affreux, qui payaient pas si mal; donc je me suis dit “vas-y je fonce, je vais à paris, je tente, et puis si ça marche pas je reviendrai à Toulouse et je ferai ces métiers-là, tant pis quoi”.
A : C’était quoi que tu faisais par exemple ?
M : J’ai été vendeur à Castorama, j’ai fait de la restauration, j’ai fait éboueur… Et donc du coup je suis monté à Paris et j’étais allé à la Cité du Cinéma, parce qu’il y a plein de boîtes de prod en plus des studios là-bas, enfin à l’époque parce que ça a un peu changé maintenant. Je travaillais su l’exposition Harry Potter, j’étais hôte d’accueil. Et en fait, le fait de bosser directement dans les studios et près des boîtes de production ça me permettait de rencontrer des gens. Soit des producteurs qui venaient, parce qu’il y avait une petite cantine où ils venaient des fois manger là-bas, ils connaissaient l’expo donc tu rencontrais des gens, tu discutais; puis de fil en aiguille j’ai sympathisé avec des gens à qui j’expliquais mon projet de vie, ce que je voulais faire, et qui m’ont mis sur des tournages de clips. Alors, pas rémunéré tu vois, mais moi ça me permettait de mettre un pied à l’étrier, de voir ce que c’était un plateau de tournage, de comprendre ce que c’était un métier. Je me souviendrai toujours de mon premier jour, où on m’a dit “Ben voilà, tu feras tel métier (donc régisseur), tu viendras tel jour à telle heure” et puis moi j’arrive les mains dans les poches, je suis prêt à faire. Et y a le réal qui vient me voir (c’était un petit clip où tout le monde mettait la main à la pâte) et qui me dit “T’as la feuille de service, t’as la bible, t’as ci, t’as ça, t’as fait ci, t’as fait ça…?” Moi je suis “Bah, non, j’ai pas tout ça…” Lui il fait “bah, on peut pas travailler du coup.”
A : Oui mais c’est pas à toi de faire la feuille de service…
M : Oui mais c’était plus est-ce que je l’avais sur moi pour savoir quelle séquence on faisait, à quel moment, tout ça; et moi ben j’avais rien, j’avais pas de stylo, de carnet, j’avais pas de… J’étais là “Ben euh non j’ai pas tout ça…” Du coup voilà, vraiment, direct, il m’a mis le nez dedans et ça m’a permis de comprendre ce qu’était un tournage et comment ça fonctionnait. Et sur ce film-là ça s’est bien passé avec la régisseuse générale, qui m’a mis sur un autre projet, là j’ai rencontré d’autres gens qui m’ont mis sur d’autres projets… Très rapidement en fait j’ai rencontré des gens qui étaient étudiants dans des écoles de cinéma, qu’elles soient publiques ou privées, et qui faisaient leurs films de fin d’études ou de fin d’année et qui avaient besoin de régisseurs. Et moi j’avais réussi à me faire un petit nom dans ce milieu-là parce que la régie, dans les écoles de cinéma, c’est faire à bouffer en gros. Tu fais le repas du midi, et t’aides un peu à faire des courses ici ou là si il y a besoin mais rien de plus. Là où le métier de régisseur professionnel va faire des autorisations de tournage, va gérer beaucoup de choses autour du tournage et pas juste s’occuper de la bouffe.
A : Ouais.
M : Et quand t’es étudiant en école de cinéma et que tu payes 10 000 euros l’année, tu veux pas faire des salades de pâtes.
A : Ben non. (rires)
M : Tu veux toucher à la caméra, tu veux poser des lumières, … Et donc du coup ça arrangeait bien tout le monde qu’un petit gars veuille bien faire tout ça.
A : Veuille bien faire des salades de pâtes, donc tu as des recettes incroyables de salades de pâtes ?
M : Oui, ben j’ai arrêté, j’ai pris ma retraite, mais j’ai eu une époque ouais où j’en faisais pas mal (rires). Je comptais plus mes heures, j’avais des grandes marmites à la maison et je faisais des kilos et des kilos de pâtes… Et donc voilà, pendant 8-9 mois j’ai fait que ça, ça m’a permis de rencontrer plein de gens, mais j’avais pas le sentiment de bosser dans le cinéma.
A : Puis t’étais pas payé surtout, sur ces trucs-là.
M : J’étais pas payé, j’étais inscrit à la fac pour avoir les bourses et avoir un peu d’aides financières, mes parents m’aidaient de leur côté mais j’était compliqué. Et je commençais un peu à baisser les bras, à me dire “bon ben c’est marrant tu fais des tournages mais tu fais de la bouffe, quoi.” Alors, rien contre la bouffe, les cuisiniers sont supers et en vrai les cantines de cinéma c’est trop cool. Je pense que c’est un métier que j’aurais pu faire aussi. Mais c’est pareil, c’est des gens qui sont équipés, qui ont des camions, qui ont du matériel, qui font de vraies belles choses et qui sont pas avec les moyens du bord à faire de la bouffe un peu naze, quoi. Et donc je m’étais dit : ”Ben je vais peut-être arrêter là parce qu’en fait ça marche pas, j’y arrive pas…” et au moment où j’allais vraiment abandonner et me dire “Bon ben je vais rentrer à la maison parce que c’est trop compliqué”, on m’a appelé sur un film. Alors c’est un peu compliqué mais c’est plein de gens qui me connaissaient, que j’avais rencontrés en discutant. Il y a une personne que j’avais rencontré qui s’est retrouvée sur ce film-là en tant que stagiaire, et le prod cherchait un régisseur pour ce film-là, et vu que c’était un film hors annexe, donc très mal payé…
A : Tu peux expliquer deux secondes ce que veut dire “hors annexe” ?
M : Oui, en fait dans le cinéma il y a des conventions et donc y a convention USPA qui est pour la série et la télé; et il y a “Annexe 3”, “Annexe 2”, “Annexe 1” qui sont en fait des.. Comment expliquer ça ? Selon le budget du film, tu peux prétendre à un certain salaire en fonction de ton poste.
A : Hm-hm.
M : Et donc, un film qui est Annexe 3 et qui a moins de budget qu’un Annexe 1 te paiera moins. Il y a aussi des films qu’on dit “hors annexe”. Je sais pas si c’est vraiment… Enfin si, je pense que c’est légal, mais c’est un peu compliqué parce que c’est un peu tu t’arranges avec la prod sur plein de choses. Et là en l’occurence, j’étais pas payé un tarif qui est dans la convention collective et qui est le minimum syndical, tout ça. Mais bon, quand tu débutes et que t’as pas d’argent et qu’on te propose d’être payé…
A : Et que tu sais pas trop exactement comment ça se passe.
M : Et surtout je savais pas vraiment ce qu’était une convention, comment ça marchait…
A : Voilà, c’est ça…
M : Moi on me dit “Ça te dit de faire un film et tu vas être payé ?”; j’étais là “Bah, ça fait un an que je fais des films et que je suis pas payé donc évidemment que je suis chaud”. (rires). Et donc je me suis retrouvé sur ce film-là qui est le film Hostile de Mathieu Turi, et c’est un film de genre qui s’est tourné dans 3 pays et moi je devais être régisseur général sur la partie France. Alors, euh, j’étais régisseur général, c’était vraiment mon poste, j’étais chef de poste et je gérais une équipe de 3 personnes, mais euh… C’est, comment dire, c’était très simple parce que la prod avait déjà mâché la moitié du travail et que finalement je faisais un peu ce que je faisais sur un film étudiant dans la logistique, en un peu plus poussé, parce que la prod avait déjà mâché le travail et parce que le budget ne permettait pas de faire des folies. Donc c’était quand même, relativement… À cette époque, j’avais 21 ans à ce moment-là, j’allais sur mes 22, on m’aurait proposé le poste de régisseur général mais sur un long-métrage qui est dans la convention, qui est annexé et qui est très bien produit, euh j’aurais fait couler le film parce que j’avais pas les connaissances pour. Mais là, ce film-là, vu que j’étais guidé par les producteurs ça s’est bien passé. Donc j’ai fait mon premier film payé, premier long-métrage, premier film qui est sorti au cinéma…
A : Et donc au bout de combien de temps ?
M : Au bout de un an. Ça faisait un an que je faisais du bénévolat.
A : (rires) Ça fait plaisir.
M : Oui, de fou ! (rires) Et donc, là ça a très bien marché. Derrière sur le CV tu mets “régisseur long-métrage”; et tout le monde est là “Ouais, c’était pas un vrai film…?” Si, c’était un vrai film, c’était plus facile que sur d’autres films mais c’était un vrai film ! Et donc bref, ça m’a permis de prouver aux gens, à tous les régisseurs généraux qui bossaient à Paris, que j’étais capable, que je savais faire, que je connaissais les plateaux, que j’avais fait de la fiction. Et donc, après, petit à petit, on m’a appelé et j’ai fait mon petit réseau de régisseurs. Donc j’ai fait de la régie pendant cinq ans. Au bout de trois ans j’étais passé régisseur général. Donc là j’étais chef de poste sur de la pub, de la fiction, de la série, sur plein de choses. J’avais mes équipes. Quand je suis passé chef j’ai eu une grande période où j’ai fait beaucoup de web. Donc, Golden Moustache, Studio Bagel et Webedia. Donc avec tous les Youtubeurs, McFly et Carlito, Squeezie et compagnie. Longtemps j’ai fait ça et puis j’ai voulu changer pour plein de raisons, notamment financières. Parce que la régie c’est le métier qui paye le moins bien. Alors ça paye très bien… Enfin, c’est compliqué en fait. Ça dépend du milieu social duquel tu viens. Moi j’ai grandi avec des parents qui touchaient le SMIC, alors j’ai pas été malheureux, j’ai eu tout ce que je voulais; mais quand t’es régisseur, même si tu fais beaucoup d’heures, et que tu gagnes plus que ce que tes parents gagnaient à la même époque, tu te dis “Super, je gagne très bien ma vie”.
A : Ouais, ouais.
M : Chacun aura son avis là-dessus mais tu gagnes bien ta vie. Tu fais beaucoup d ‘heures, par contre.
A : Tu peux vivre correctement, quoi.
M : Oui, oui. Et surtout à Paris, moi je vivais très bien. J’avais mon appart, je payais mon loyer, je sortais, je me restreignais pas et ça se passait bien. Et donc, du coup, pour des raisons financières parce que les autres métiers, notamment machinerie ça paye beaucoup mieux, tu fais moins d’heures, c’est beaucoup plus encadré : on est syndiqués, y a une convention, tout ça; donc c’est beaucoup plus… Ouais, tu te fais moins “arnaquer” et c’est plus difficile d’entrée. Parce que la régie ça demande quand même des connaissances, quand tu parleras avec un régisseur sur ce podcast il t’expliquera plus en détails; mais ça demande beaucoup de volonté, et un peu de connaissances, alors que les autres métiers demandent beaucoup de volonté et beaucoup de connaissances. Et donc, du coup, “tout le monde peut faire de la régie” s’il y met de la bonne volonté et s’investit.
A : C’est un peu le poste dans lequel les gens commencent quand ils sont pas du tout…
M : Oui c’est ça. Alors que d’autres métiers demandent quand même des connaissances et des compétences plus approfondies. Tu peux prendre un mec dans la rue et tu lui dis “Viens faire de la machinerie”, il va te dire “Ben c’est mignon mais comment ça marche…?” Alors que dans la régie tu peux dire “Viens faire de la régie, faut que tu fasses ça, ça, c’est très simple”, et faut lui expliquer mais, ce que tu vas lui demander de faire il va pouvoir le faire de suite.
A : Ouais.
M : Alors qu’en machinerie, si tu lui dis de faire un truc va falloir lui expliquer, lui montrer comment fonctionne chaque outil, c’est très spécifique; pour qu’il puisse le faire, donc c’est plus technique.
A : Après, ce qui est cool dans la régie aussi c’est que t’as pu vraiment observer les corps de métiers, voir un peu ce qu’ils faisaient et apprendre sur le tas.
M : Ah oui, complètement. En plus, tu vas souvent chez le loueur pour échanger du matériel et en récupérer donc tu touches, tu commences à apprendre les noms, tu sais à quoi ça sert, pourquoi c’est là, donc oui t’apprends plein de choses. La régie, c’est hyper formateur. C’est un peu l’école militaire mais ça t’apprend vraiment des valeurs, une façon de travailler très rigoureuse qui est importante dans plein de choses, autant dans ce métier-là que dans la vie. Et donc, du coup, j’ai eu envie de changer et de faire de la machinerie. Et le Covid est arrivé. Ça a un peu été une chance pour moi parce que ça a foutu un peu le bordel dans le milieu du cinéma et de la production audiovisuelle, qui a fait qu’on s’est retrouvés, à la fin de l’année 2020 avec une pénurie de techniciens, parce qu’il y avait trop de tournages en cours. Entre les tournages retardés, les tournages annulés, les tournages qui étaient prévus à ces dates-là; ça a foutu un énorme bordel…
A : Ah oui, je me rappelle qu’il y avait une histoire comme quoi les loueurs étaient vides parce que tout le matos était sorti, et…
M : Ouais c’était affreux, il y avait de la sous-loc’ de partout c’était n’importe quoi. Mais bon, ça a fait que j’ai un chef machiniste, qui est aujourd’hui mon chef attitré de… De la vie.
A : (rires)
M : Un chef machiniste qui était avec un ami à moi machino, qui étaient à deux sur un long-métrage, ils avaient besoin d’une troisième personne et tous deux avaient leur réseau épuisé parce que tous leurs collègues machinos étaient pris. Et ce chef a dit à mon porte “Si tu connais un jeune qui sort d’école, qui veut apprendre; même s’il y connaît rien tant pis on le formera mais il nous faut un gars.” Et il a dit “Ben si, je connais !”. Il m’a appelé.
A : Et toi ça faisait déjà un petit moment que tu étais intéressé pour faire ce métier-là.
M : Oui, ça faisait plus d’un an que je voulais faire de la machinerie et que je touchais un peu ou que j’avais fait de la machinerie sur du clip ou du court-métrage. Donc j’avais touché un peu au matériel mais en fait, vu que c’est 3-4 jours ici, puis tu fais rien pendant six mois puis 3-4 jours par-là, y a ce truc un peu de… T’oublies ce que t’as appris.
A : Mm-mm.
M : Déjà, t’apprends pas beaucoup parce que c’est quelques jours, c’était tellement bref, t’as mis tellement de temps avant de t’y remettre que t’as oublié. Là, faire un long-métrage c’était huit semaines où tous les jours t’as la machinerie dans le front et go, go, go. Donc j’en ai chié parce que vraiment, apprendre un métier sur le tas comme ça; et c’est ce que je disais quand j’expliquais la différence entre régisseur et machino, c’est que… Je suis arrivé hyper confiant en me disant “Les plateaux de cinéma je connais, j’ai été chef de poste, ça va être de la rigolade, faut juste que j’apprenne le nom de chaque outil et puis ça roule”. Et en fait non, c’est des attitudes très différentes sur in plateau. Parce qu’en plus en régie t’es pas sur le plateau, fin y a régisseur de plateau mais t’es autour, t’encadres un tournage. Là t’es vraiment au milieu des acteurs, de la caméra, de la lumière… Partout où je me mettais, je gênais.
A : Ah ouais...
M : Soit j’étais dans la lumière, soit j’étais dans la caméra, soit j’étais… Je gênais le passage, enfin c’était un enfer. Tu dois être à l’affût de tout ce qu’il se passe autour de toi, parce que le métier fait que si un électricien sort un cadre, il faut que toi tu récupères une gueuse pour mettre sur le pied, pour…
A : Attends, pause. Une gueuse, c’est… ?
M : C’est un sac de sable. (rires)
A : Un sac de sable pour empêcher les choses de tomber.
M : Voilà, donc en gros ils mettent un cadre qui va faire 2m par 2m sur un pied, et toi tu vas mettre du poids sur la base du pied pour éviter que ce cadre prenne le vent et se renverse. Et ça c’est rarement un électricien qui te fait “Eh, Maxime ! Je vais mettre un cadre faut mettre une gueuse !” C’est toi qui as une vision périphérique, tu vois un cadre qui bouge sur le côté, tu vois qu’il va sortir, tac tu vas chercher des gueuses et tu le poses. Et sauf que ça c’est pas un réflexe que t’as initialement. Enfin, ça comme plein d’autres choses hein, c’est un exemple parmi des milliers. Et moi j’étais toujours à contre-temps. C’est à dire que je regardais autour de moi, je voyais rien de particulier, et puis y a toujours mon collègue ou mon chef qui me disaient “Maxime, là, Maxime, là”. J’étais là : “Ah, putain” et c’était mon collègue qui le faisait à ma place. Et en fait moi je courais et je faisais rien.
A : (rires) Tu courais de pied en pied avec tes gueuses ?
M : (rires) C’est ça, je voyais un truc à faire là-bas mais je le voyais tellement en retard par rapport à d’autres gens, que quand j’allais pour le faire c’était déjà fait en fait. Et ça a été deux semaines affreuses, enfin pas affreuses parce que ça a été formateur; mais deux semaines où j’ai galéré et où vraiment j’étais épuisé mentalement, parce que c’est hyper dur de rester… Fin moi aujourd’hui c’est naturel et j’y pense plus mais à cette époque-là il fallait que je me dise “Concentré, concentré, concentré” et pour la première fois de ma vie je me suis couché à 20h30 de mon plein gré. Pas parce que j’avais fait soirée la veille et j’étais en gueule de bois ou quoi, vraiment, j’avais bien dormi, j’ai fait ma journée 8h-18h; 20h30 dodo parce que j’étais cuit !
A : Ouais…
M : C’étaient deux semaines hyper intenses pour moi. Et après, petit à petit, tu t’habitues et tu rentres dans le moule. Après ce film-là, l’avantage c’est que je m’étais fait plein de potes; parce que tu sais, je te disais, j’ai un relationnel qui est… Déjà dans la régie le relationnel, l’humain c’est très important; mais en plus de ça c’est quelque chose que j’ai toujours fait naturellement dans ma vie. Et donc j’avais plein de potes machinos à qui j’avais dit “Ben moi je veux faire de la machinerie, tu veux pas me former ?” Et ils voulaient pas, parce que c’est compliqué… Tu sais, tu pars sur une pub Chanel pendant trois jours, face au client il faut que ce soit carré, quoi.
A : Ouais, c’est ça…
M : Tu peux pas te… Si t’as pas un mec qui est officiellement stagiaire, tu peux pas faire “Ah si, c’est un de mes gars. Bah il sait pas faire mais je vais lui apprendre !” Tu vois, ça marche pas… Tout le monde, sans méchanceté, voulait pas me prendre, en me disant “Désolé, c’est compliqué, tout ça…”. Je fais ce long-métrage, je leur écris en disant “Je viens de faire 8 semaines de machinerie intensive…”
A : “Je suis formé”.
M : Ouais.
A : “Je peux poser des gueuses sur des pieds, c’est bon !” (rires)
M : (rires) “J’ai plein de trucs à apprendre mais je sais poser un rail, fin déjà je connais le matériel globalement. Je sais poser un rail, je sais me servir d’un slider, et monter certaines grues, je sais faire ci, je sais faire ça. J’ai les bases, enfin j’ai même plus que les bases, j’ai de très bonnes bases.” Et donc, du coup ça les a chauffé et puis ils m’ont appelé sur des pubs et ça s’est bien passé. Donc en fait, j’ai très rapidement eu un réseau qui m’appelait et qui me faisait bosser parce que c’étaient des gens avec qui je bossais quand j’étais régisseur, qui étaient devenus des amis et qui du coup voulaient bien bosser avec moi. Donc, mon changement s’est fait assez facilement et assez rapidement. Parce que, le réseau. Mais de toute façon dans ce métier-là c’est la base de tout. Voilà ! Donc là ça fait deux ans, un peu plus de deux ans que je fais de la machinerie.
A : Et tu aimes bien.
M : Je vis ma meilleure vie.
A : (rires)
M : J’adore. C’est drôle parce que j’en parle beaucoup notamment avec les anciens, qui eux sont fatigués. Ben, après ils ont connu aussi une évolution du cinéma assez importante que je ne saurais expliquer parce que j’étais pas là il y a trente ans, mais… Eux sont fatigués, ils en ont marre, ils ont envie d’arrêter. Ils ont des enfants, ils font entre guillemets tout pour pas qu’ils deviennent intermittents du spectacle parce que c’est trop galère…
A : Puis surtout, en plus… Enfin, tu parles à des machinos je suppose ?
M : Oui, aussi éléctros, caméra mais aussi machinos.
A : C’est des métiers qui sont quand même un peu physiques, enfin je veux dire c’est fatiguant, tu restes pas debout à rien faire ou t’es pas assis à un bureau toute la journée. T’es vraiment tout le temps en train de…
M : C’est pire de rester assis à un bureau toute la journée. (rires) C’est trop chiant.
A : Ah oui, c’est sûr, bah sinon on serait pas dans ces métiers-là, hein !
M : Mais ce que je veux dire, c’est qu’ils sont tous un peu.. Tu sais, ils ont tous envie que ça s’arrête et ils conseillent à personne de… Limite, ils essaient de faire fuir les gens : “Non venez pas, venez pas c’est affreux”. Mais moi j’adore ça, j’adore ce métier, j’adore être sur des plateaux de tournage parce que tu rencontres des gens tout le temps… Et puis tu sais tu te fais des potes que tu revois plus après dans la vie de tous les jours pour mille et une raisons, et puis un an après tu refais un tournage, ils sont dessus et t’es “Ah trop cool, ça fait plaisir de te revoir”… Enfin, c’est trop bien. Tu rencontres des gens tout le temps, tu vas dans des endroits différents tout le temps, des endroits interdits au public auxquels tu ne serais jamais allé en temps normal… Enfin, il y a tellement de choses et c’est hyper enrichissant et… En général on fait des semaines de 40 heures, 50 heures et on peut en faire 60, 70, 80 selon les projets.. Mais c’est vrai que quand tu fais une semaine de 80 heures t’as pas vraiment de vie.
A : Non. Mais t’as la vie sociale du tournage, quoi.
M : Ouais c’est ça, moi en tournage je me dis pas “C’est le boulot”. On se marre, il se passe plein de choses, on fait plein de trucs différents tout le temps. Je dis pas que j’ai envie de faire ça toute ma vie parce que j’adore sortir, aller dans les bars avec les potes, aller en boîte, les vacances, les weekends tout ça, mais… Je sais pas, au boulot je me sens pas au travail. Juste, je kiffe, c’est trop bien.
A : Et tu penses pas que dans, 20 ans, dans 30 ans tu seras pas comme ces vieux-là… Enfin, (rires) c’est horrible comment je dis ça !
M : Ces vieux qui râlent !
A : Ces vieux cons… Non, mais tu seras pas comme ces plus vieux de la vieille on va dire, qui sont un peu soûlés, qui sont fatigués, qui en ont marre…
M : Peut-être, je sais pas. Je pense qu’aussi le physique va beaucoup jouer. Quand j’ai été formé on m’a bien appris… Tu sais, moi le petit jeune dynamique qui veut tout faire et qui veut montrer qu’il est vaillant, qui porte plein de trucs sur les épaules… Tout de suite on m’a dit “Oh là, oh là, calme-toi…”
A : “Tu vas te cramer…”
M : Ouais voilà. “Tu portes pas des trucs lourds tout seul même si t’en es capable, c’est pas la question, c’est pas un concours de force. Ça on prend à deux, ça on prend à trois, ça tu peux faire tout seul, ça sert à rien de se faire mal”. Très vite on m’a expliqué plein de choses sur comment entretenir son physique et pas se tuer le dos au bout de dix ans de métier et arrêter, quoi. Donc on fait quand même très attention à ça, et peut-être, je sais pas. Quand j’y réfléchis y a aucun autre métier qui est un peu similaire à celui-là et qui me plaît. Enfin, moi je pourrais pas être dans un bureau.
A : Puis, c'est vrai que je pense qu'il n'y a pas beaucoup d'équivalent. C'est vraiment une sorte de microcosme spatio-temporel hyper particulier, le monde du ciné et de l'audiovisuel.
M : Ouais. C’est pour ça aussi que personne n'y comprend rien. Enfin, en dehors, du statut intermittent… Moi, on me pose plein de questions : “Et la retraite se passe comment ? Et tu peux faire ci, tu peux faire ça…” Mais inversement, moi le régime général, euh… Quand les gens me parlent de RTT, moi je suis là : “Super, tickets resto, je sais pas ce que c’est.”
A : (rires)
M : Mais voilà, donc tu vois c’est un peu… Parce que je m'y intéresse pas aussi, hein, je pourrais, mais c’est vrai que ça ne concerne pas et du coup… Mais non honnêtement, peut-être que le métier pourrait me saouler, au bout d'un moment pour mille et une raisons, mais la liberté que t’as à côté de ce métier… Je pourrais me dire, arrivé à un certain niveau, enfin dans vingt ans, je pense que j'aurais un réseau tellement énorme de connaissances…
A : (rires)
M: Non, mais parce que ça se développe, ça grandit forcément…
A : (rires) Je serais tellement, mais, wow !
M : Non, je ne parle pas de moi, de mes capacités, mais des gens que je connaîtrais, parce que forcément, tous les jours, tu rencontres des nouvelles personnes sur les plateaux, donc, forcément… Sans dire qu'on devient potes et c'est des amis, mais juste des connaissances; que j'aurais toujours autant de boulot, si ce n'est plus. Et donc je pourrais peut-être me dire: “bon, là, j'en ai marre, je gagne bien ma vie, je ralentis et j'accepte moins de tournages”, et donc, du coup, j'ai beaucoup plus de temps à moi, et donc, comme ça, voilà. Aller sur le plateau c'est une tannée, mais bon, c'est deux mois, puis c'est fini. Après, je me prends un mois de break ou je fais ce que je veux. Donc, je peux me permettre ça. Là où quelqu'un qui bosse en entreprise, il a cinq semaines de vacances par an. Bon, il y en a qui ont plus, moins, moi, je veux pas généraliser, mais on fait une moyenne. Et eux, je vois ma mère, elle a cinq semaines, ça la saoule, elle attend que ça que ses vacances arrivent. Moi, ce n'est pas le cas, aujourd'hui, c'est même presque l'inverse. J'ai envie de bosser et quand j'en aurai marre ben je pourrai être dans ce mood-là aussi de “ça me saoule d'aller bosser”. Mais je n'aurais pas une semaine à poser en juin.
A : Ouais.
M : Non, ben là je prends deux mois, juillet-août, j'ai pas envie de bosser, je bosse pas. De toute façon, j’ai mon statut et je fais mes heures renouveler mon statut, et on y retourne quoi. Donc, au pire des cas, si vraiment ça me saoule- et honnêtement je ne pense pas, je pourrais réduire. Et prendre plus de temps pour moi et moins au travail, quoi.
A : Parce que aussi, t'es pas payé non plus la même chose selon le projet sur lequel tu travailles, comme tu disais tout à l'heure.
M : Ouais.
A : Parce que je sais qu'il y a des gens, ils font trois pubs dans le mois, donc ça leur prend pas forcément beaucoup de temps, puisque les pubs, c'est pas sur des semaines que ça s'étale.
M : Oui, ça dépend des pubs; mais en général oui.
A : En général, c’est quelques jours, tu vois; donc t’en fais plusieurs par mois, mais tellement bien payé en général que t'as pas forcément besoin de travailler plus que ça, et après, t’es tranquille, quoi.
M : Oui, si tu veux… Après il faut avoir un bon réseau, pub. C'est ce qu'on appelle des planques, mais… (rires) Si t’as un bon réseau dans un certain domaine, avec certaines personnes… Oui, ça peut aller très vite.
A : Et du coup, on a un peu survolé ça. Est-ce que tu pourrais un petit peu plus expliquer en quoi consiste ton métier exactement ? On a parlé de gueuses et de pieds... (rires)
M : En gros, la machinerie c'est tout ce qui… Nous, on est en corps de métier qui est très lié à la caméra et à la lumière, et on s'occupe de toutes les installations. En gros, enfin, le gros du travail,
c'est faire les mouvements de caméra. Donc, que ce soit installer un rail de travelling avec un chariot de lit pour faire ce qu'on appelle des travellings donc des mouvements linéaires.
Ou des grues, ou des accroches voiture : accrocher une caméra sur un capot de voiture; accrocher une caméra sur un plafond, pour faire un topshot, plein de choses. En fait, notre métier, c'est de pouvoir permettre à la caméra et à la lumière d'installer leurs projecteurs ou leurs caméras là où le réalisateur et le chef opérateur veulent les mettre. Donc, on arrive dans un lieu, quel qu'il soit, et on nous dit: “Là on veut que le plan ce soit ça, la caméra c’est comme ça depuis telle hauteur ou tel endroit” et donc, nous on place la caméra. Donc si c’est un truc qu'on peut faire simplement à l'épaule : à l'épaule; si c'est un mouvement qui demande de monter en hauteur, de monter très haut et de redescendre : ça sera sur une grue. Ça va être à nous, après les repérages, en fonction de ce que nous demandent le réalisateur et le chef opérateur de dire: “Bah, il nous faut tel objet pour faire ça, tel outil de travail”; est-ce qu’il nous faudra une grue, est-ce qu’il nous faudra un bazooka, est-ce qu'il faudra un chariot de lit, peu importe. Et on met ça en place. Pareil pour les lumières, si le chef opérateur veut simuler la lumière du soleil, pour ça il faut que le projecteur soit tel endroit et que c'est un endroit dans un coin d’un mur, j’en sais rien, un plafond… Ben, à nous de voir si on peut fabriquer une structure pour accrocher le projecteur là-haut, pour pouvoir permettre de faire la lumière que veut le chef opérateur. Et après, il y a aussi cette notion de sécurité de plateau, où si un un électricien sort, comme on le disait, un cadre avec un pied, ça va être à moi de le sécuriser pour pas que celui-ci tombe. Pareil pour la caméra, s'ils sortent des… Par exemple sur une voiture, on va mettre ce qu'on appelle des teradeks- des émetteurs- sur le toit de la voiture pour que ça puisse connecter sans fil avec le système de mise au point ou le retour vidéo, etc. Et ça, ça va être à nous de le sécuriser, pour pas que ça tombe de la voiture pendant que la voiture roule. Plein de petits détails comme ça, quoi. Donc c'est de la sécurité de plateau, mais très spécifique à ce que les autres départements mettent en place pour le plateau. Ce n'est pas de la sécurité de, euh… C’est pas moi qui vais gérer la traversée de route s’il y a des voitures.
A : Ça, c'est la régie. (rires)
M : C’est la régie (rires). Non, parce qu’il y a cette déformation de dire: la machinerie est responsable de la sécurité du plateau- c'est vrai et pas vrai. Donc c'est vrai pour des trucs spécifiques, mais…
A: Ben, t’es responsable de la sécurité des équipements, en fait.
M : Oui, c'est ça.
A : Est-ce que, euh je sais plus si tu l'avais fait mais t'avais pas dû passer le permis poids lourd aussi ?
M : Si. Ce n'est pas une nécessité, mais c'est très apprécié. En général, on fait nos enlèvements matériel. Dans la majeure partie des cas, ce sont des poids lourds parce qu’on a du matériel qui est très lourd et que les tous les véhicules jusqu'au permis B n’accueillent que jusqu’à trois tonnes cinq. Donc, trois tonnes cinq, ce n'est pas suffisant par rapport à la quantité de matériel qu’on prend donc nous on passe le permis poids lourd pour avoir des capacités de charge jusqu'à douze tonnes. Donc, c'est pas du tout obligatoire. Mais c’est comme un régisseur avec le permis, c'est comme les électros avec le poids lourd, enfin plein de choses... C'est pas du tout obligatoire, mais c'est quand même pas mal nécessaire. Donc, si tu l'as pas… Enfin quand j'ai commencé dans le cinéma, je sais que j'ai- j'ai eu des boulots un peu grâce à ça. Ou des gens bien plus qualifiés que moi, n'ont pas pu faire le projet parce qu'il fallait absolument un mec qui avait le poids lourd; et où moi, même si j'étais qualifié mais avec beaucoup moins d'expérience, on m'avait pris parce que je l'avais le permis, quoi.
A : Okay. Donc, t’en as un petit peu parlé aussi; mais est-ce que tu pourrais un tout petit peu plus expliciter en fait, comment t’arrives sur un projet ?
M : C'est le réseau. Le réseau de fou dont je veux parlais tout à l’heure. (rires)
Notre client, une compagnie qui se spécialise dans l'extrusion de plastique près de Laval, est présentement à la recherche d'un machiniste d'expérience qui pourra se joindre à l'organisation. Il s’agit d’un poste permanent à temps plein, sur un horaire de jour et offrant un salaire entre 25$ et 30$ de l’heure selon l’expérience.
Ce que notre client vous offre :
Emploi permanent à temps plein;
- Horaire de jour de 7h30 à 16h00
- Salaire entre 25$ et 30$ de l’heure selon l’expérience;
- Boni d’embauche;
- Bonification annuelle selon performance de l’entreprise
- REER';
- Plan d’assurance complet (médicale, dentaire, vue);
- 13 jours fériées;
- Congé de maladie;
- Poste non-syndiqué.
Sous la supervision du Superviseur de maintenance, le machiniste aura les responsabilités suivantes:
- Fabriquer, réparer et modifier des outils à l'aide de machine-outils : tour, surfaceuse, fraiseuse;
- Mettre au point des matrices, des gabarits et des outillages pour produire des pièces de forme et dimensions précises;
- Prendre connaissances des plans et devis, indiquer les repères qui serviront à fabriquer la forme et procéder à sa fabrication;
- Corriger, modifier et assembler les matrices;
- Effectuer le nettoyage et polissage des matrices;
- Opérer divers types de machines à rectifier;
- Participer aux essais, à la confection des matrices, au programme d'amélioration continue, etc.
- Souder au Mig au besoin.
Profil recherché de l'outilleur:
- DEP en technique d'usinage, ASP en outillage ou toute autre formation connexe;
- 3 ans d'expérience à titre d'outilleur;
- Maitrise des équipements de type conventionnel;
- Connaissance en soudure;
- Connaissance du procédé d'extrusion de plastique, un atout important;
- Débrouillardise, esprit d'équipe et minutie.
Le poste de machiniste près de Laval vous intéresse? Faites-nous parvenir votre C.V. dès maintenant via le lien prévu à cet effet.
Au plaisir de faire votre connaissance!
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Adecco est fier de collaborer avec une superbe entreprise du secteur aéronautique, situé à Laval, pour combler divers postes de machinistes CNC, permanent et à temps plein. Offrant des salaires entre 24$ et 32$ de l’heure, selon l’expérience.
Pour obtenir ce poste, vous devez détenir un DEP en technique d'usinage ou une formation équivalente et détenir de l'expérience à titre de machiniste CNC. Une expérience dans le secteur aéronautique sera considérée comme un grand atout.
À titre de machiniste CNC, nous vous offrons :
Une prime d'embauche de 3 000$;
Un poste permanent à temps plein;
Un horaire de soir ou de jour de fin de semaine;
Salaire compétitif en fonction de l'expérience : de 24 $ à 32 $/h;
Un programme complet d'avantages sociaux;
7 jours personnels/maladies, congés du temps des fêtes payés;
Un super environnement de travail!
Responsabilités et tâches du machiniste CNC :
Usinage sur fraiseuse;
Faire tous les montages de façon autonome;
Assurer un contrôle de la qualité sur les premières pièces ainsi que sur la production de façon autonome;
Déceler des problématiques de complexité supérieure, identifier et mettre en place des solutions optimales afin de résoudre les problèmes décelés;
Établir de façon efficace et optimale les séquences d'usinage sur de nouvelles pièces;
Toute autre tâche connexe relié au poste.
Profil recherché du machiniste CNC :
DEP (Diplôme d'études professionnelles) en usinage complété;
Un minimum d'expérience à titre de machiniste;
Capable de manipuler des poids jusqu'à 20 kg;
Connaissance Contrôle FANUC, un atout;
Connaissance du secteur aéronautique, un atout.
Vous croyez être le candidat idéal pour le poste de machiniste à Laval? Postulez dès maintenant en cliquant sur le lien prévu à cet effet ou en envoyant votre C.V. par courriel à [email protected] en indiquant le numéro de référence 1279960
Au plaisir de discuter!
Q6622
D16bdai
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Adecco est présentement à la recherche de plusieurs machinistes outilleurs ,moulistes sur commande numérique ou conventionnel fraisage, rectification et electroerosion, pour l'un de ses clients qui est spécialisé dans la fabrication de moules et piéces de précision pour les domaines du médicale, pharmaceutique, et aeronautique.
les tâches demandés sont:
-Préparer les commandes clients en: etablissnt la gamme, en seléctionnant les outils nécessaires et en réalisant la programmation.
-Régler les centres d'usinage et réaliser la production des pièces dans les régles de l'art
-faire du Fraisage, de l'éléctroerosion par fil et par enfonçage sur piéces de précision et de faible dimension
-Faire la rectification plane et cylindrique ainsi que l'assemblage.
Le poste est offert pour le jour et pour le soir.
Basé à Montréal et le salaire est entre 25$ et 32 $ l'heure
Qualités recherchés
- Être organisé et proactif pour respecter les délais clients et une prestation de qualité
-Être opérationnel pour le réglage et la conduite dea centres d'usinage multitaxes. OKUMA, DMC, Matsuraa, Mori, Seiki , aussi machines electroerosion Charmilles ( Roboform et Robofil)
-Avoir des connaissances sur la programmation FANUC
-Avoir des connaissances en programmation idéalement sur logiciel ESPRIT
Profil recherché
-Une expérience réussie de plus de 5 ans dans l'usinage et l'assemblage/ ajustement de moules et pièces de précisions sur machines à commande numérique et /ou electro-erosion de 3à 6 axes.
S'il vous plait veuillez envoyer votre candidature à schirine.saindi adecco.qc.ca ou postulez directement sur le site de adecco.ca
731835
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