Léo Ferré chez lui à Paris vers 1950. PIERRE JAHAN / ROGER-VIOLLET Léo Ferré, au temps des premiers chants, de 1944 à 1959 - Le Monde Un coffret rassemble les enregistrements du chanteur et auteur, avec une reproduction des pochettes d’origine. Sylvain Siclier, le 25 janvier 2019, Le Monde : Il y a des grésillements, un piano lointain, et puis cette voix déjà reconnaissable, encore dans les tics de l’époque avec ces « r » surprononcés. ‘Le Carnaval de tous les jours’ a été enregistré en 1944, à Monaco. Son interprète, au chant et au piano, est Léo Ferré. Le texte est dû à René Baër, et c’est l’un des rares dont Ferré ne sera pas l’auteur, en dehors de ses hommages aux poètes (Baudelaire, Apollinaire, Verlaine, Rimbaud, Aragon…) et d’une attention régulière aux mots de Jean-Roger Caussimon. Cet enregistrement, le plus ancien du chanteur, mort le 14 juillet 1993, est un des précieux documents figurant dans le coffret La Vie moderne 1944-1959, première étape d’une intégrale conçue et réalisée par son fils Mathieu Ferré et Alain Raemackers. D’autres volumes devraient suivre, des années 1960 au milieu des années 1970, lorsque Léo Ferré est sous contrat avec la maison de disques Barclay, période de sa reconnaissance par un large public, puis lorsqu’il acquiert une sorte de liberté artistique, produisant lui-même ses chants et ses musiques. Pour l’heure, cette Vie moderne est celle des passages dans les cabarets parisiens, des vaches maigres, des chansons que Ferré essaie de placer auprès d’interprètes, du pas à pas vers les premières salles prestigieuses, L’Olympia et Bobino. Le temps de ses premières faces de 78, 45 ou 33-tours publiées par Le Chant du monde à partir de 1950, puis Odéon à partir de 1953. Jusqu’alors dispersées sur diverses publications, on les retrouve toutes ici en onze CD, auxquels ont été ajoutés trois autres de documents, dont De sacs et de cordes, « récit lyrique »datant de 1951, écrit, composé, arrangé et dirigé – sa première direction d’orchestre – par Ferré, avec grand orchestre et chœur, et dont Jean Gabin est le narrateur. Parmi ces chansons, beaucoup sont devenues des classiques, comme La Chanson du scaphandrier (texte de Baër), Monsieur William (paroles de Jean-Roger Caussimon), Monsieur Tout-Blanc, A Saint-Germain-des-Prés, Le Flamenco de Paris,La Vie d’artiste (coécrite avec Francis Claude), Paris canaille, L’Esprit de famille, Les Forains, Le Piano du pauvre, Graine d’ananar, La Rue, L’été s’en fout… Sa voix vibrante d’émotion On trouvera aussi les premiers enregistrements de concerts. A l’oreille, on imagine la gestuelle de Ferré, les mains qui suivent la musique, les bras tendus. L’énergie que donne l’instantanéité de la scène est perceptible. Et puis, il y a les mises en musique, en 1957, des Fleurs du mal, de Baudelaire, et de La Chanson du mal-aimé, d’Apollinaire. Dans la sobriété du piano voix (les débuts au Chant du monde) ou sur des orchestrations confiées à d’autres (Jean Faustin, Gaston Lapeyronnie chez Odéon), Ferré révèle déjà, dans ses œuvres de jeunesse, une grande force d’écriture. Sa voix, vibrante d’émotion, accompagne chaque mot, qui doit être en soi une mélodie. Les pochettes d’origine ont été reproduites, avec leurs jeux de graphismes, des dessins, parfois une photographie du chanteur. Derrière les lunettes, le regard porte au loin, avec l’esquisse d’un sourire. En complément de cet ensemble, l’amateur de Ferré pourra se reporter à une publication récente, Ferré non-stop, archives télévisuelles et radiophoniques rassemblées par l’Institut national de l’audiovisuel (INA), en deux DVD et un CD. Si les documents vont de 1956 à 1987, on mentionnera ceux en lien avec la période couverte par le coffret. La première télévision en 1956, en compagnie de la présentatrice Jacqueline Joubert, trois chansons, en direct. Puis, en 1957, dans un décor de cabaret, Micheline Sandrel, flanquée d’un chien imposant, annonce les prochains concerts de Ferré avant qu’il n’interprète de nouveau trois chansons. Pendant Le Jazz Band, une incursion swing assez détonante, il grimpe sur le piano et se laisse déborder par le coulé des mots. Lire à propos d’un enregistrement inédit : Le 10 mai 1968, des pavés et un concert de Léo Ferré Lire également la chanson d’amour d’Agnès B. : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré La Vie moderne 1944-1959, de Léo Ferré, 1 coffret de 14 CD La Mémoire et la mer/Universal Music. Ferré non-stop, 2 DVD et 1 CD INA éditions Arcades . // Je complète : Ferré… vos papiers - Presses universitaires de Provence - Aix ... Auteur(s): Joël July & Pascal Pistone, dir. Date de parution: 2018 trimestre 4 Résumé: Il s'agissait dans cet ouvrage d'observer Léo Ferré (celui qu'Avec le temps tous croyons connaître pour l'avoir figé dans un personnage tragique ou grandiloquent) sous des aspects variés et inédits, comme à la dérobée ou à contre-courant. Aussi avons-nous demandé leur contribution à ceux qui le connaissaient très bien, des spécialistes, ses spécialistes, ou à ceux qui n'avaient pas encore eu l'occasion de l'approcher et pouvaient le faire par la bande... Pourtant, à travers ce maillage particulier, c'est encore le même homme, duel, que l'on découvre : l'artiste malade de poésie et/ou le saltimbanque vociférant. D'où ce titre de notre volume qui fait allusion au propre recueil poétique d'un Ferré engagé qui, dès ses débuts, aurait eu des comptes à rendre : Poète... vos papiers ! (1956, éd. de La Table Ronde) Sauvage Ferré | NosEnchanteurs Catherine SAUVAGE / CHANTE LES POÈTES - epm musique






