Petite fable affable La vieille chouette n’en croit pas ses yeux : Drôles d’oiseaux s’il en est, ses dix élèves Dont une triple buse n’ont rien de merveilleux ; dire qu’elle doit éduquer cette relève ! Têtes de linottes, bavardes comme pies Ce ne sont, las, que faisans, butors ou bécasses Oies et dindes qui, après cours, la font flapie. Mais elle insiste à s’en bousiller la carcasse. Ce jour-là, pour tous, elle a prévu un devoir Sur table mais un fort jeune coq, véritable Canard boiteux fier comme un paon, pour ne voir Baisser sa moyenne est absent. Inacceptable ! La chouette, pour ne pas être le dindon De la farce, au premier jour où cette cervelle De moineau revient en son cours lui fait don D’un contrôle. Et il n’apprécie pas la nouvelle ! « Comment, dit-elle, vous n’êtes pas un manchot ?! Vous avez révisé dur pour avoir la note Que vous méritez… et malheur !, bien au chaud, Au lit, vous avez du rester, claquant des quenottes, Si j’en crois le billet que m’a fait parvenir Votre si chère mère, cocotte à ses heures. Tant de travail devrait rester vain ?! Punir L’effort n’est pas chose qu’on fait en ma demeure ! » Bien sûr ce vautour qui se croyait faucon Car il vendait parfois des rossignols, en douce, À des grues, reçut le juste prix, bien rond, De sa rouerie et n’y repiqua plus… par frousse. Qui veut tromper l’autre doit savoir qu’on supporte Mal d’être pris pour mot qui trois lettres comporte ! © Christian Satgé - mars 2020