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POST-SCRIPTUM 788
AGITATION FRITE 2 : PAR GRAND FROID, SUR LES FALAISES
Agitation Frite 1, Témoignages de l’underground français est donc sorti chez Lenka lente. Un second volume est en préparation. La forme en est la même : un peu moins d’une quarantaine d’entretiens dont la plupart, cette fois, sont inédits. On en trouvera ici des extraits, régulièrement. Par exemple, Raymond Boni.
EXTRAIT…
Toulon est une ville dure. J’y suis né et je l’ai quittée à 16 ans. C’est une ville où je n’ai pas été heureux mais où j’ai rencontré des gens. Des gens qui aimaient le jazz. Il y avait un bistrot dont le patron était un fanatique de ça et du football, un type qui m’a fait découvrir certains disques avant l’heure. Dix ans avant la mode, il connaissait Ravi Shankar. Puis le free jazz. Dans le jukebox, le plus mauvais disque c’était Jacques Dutronc, et c’était déjà pas mal. Il y avait aussi du Georges Brassens, du Nina Simone, du Ray Charles... Rien de mauvais. Et Albert Ayler, John Coltrane, Stan Getz, Lionel Hampton, les Jazz Messengers d’Art Blakey, Thelonious Monk, Charles Mingus, en 45 tours ! C’était extraordinaire. Il se passait des choses. Quand les Jazz Messengers venaient, on faisait une soirée intime, de bric et de broc, en faisant le bœuf avec les gitans qui passaient. C’était dans les années 1950 / 1960. Dans les bals, ils jouaient du free jazz sur du rhythm’n’blues. Maintenant c’est plus pénible, Toulon. Facho. Toutefois, il reste toujours des gens formidables.
Ensuite, j’ai passé quatre ans en Angleterre, puis je suis revenu à Toulon. J’ai vécu quinze ans à Paris, puis je suis redescendu à Marseille et enfin à La Redonne (magnifique petit village portuaire à un quart d’heure de Marseille – ndr) où j’habite depuis huit ans. Les musiciens n’hésitent plus à sortir de Paris, ville qui devient vraiment impossible à vivre. Il n'y a plus d’argent pour ce genre de musiques improvisées... Depuis deux ans, j’y joue à nouveau assez souvent, notamment aux Instants Chavirés. Ces quinze / vingt dernières années, j’ai surtout travaillé sur des musiques de spectacle. Quand on n’est pas à Paris, les gens n’appellent plus, les médias vous oublient. Peut-être même imaginent-ils qu'on fait la gueule ? C’est ridicule, mais c'est comme ça ! J’ai fait des tournées avec Joe McPhee aux États-Unis et une au Canada il y a déjà pas mal d'années. A l’époque, parce que j’étais timide, je n’ai jamais été fichu d’en parler alors que d’autres payaient pour jouer dans certains endroits. Je crois qu’aujourd’hui, si on a du blé, et qu’on fait de la publicité autour des disques, avec une somme d’argent bien gérée, et une musique assez bien réalisée même si sans génie, on peut devenir une star ! Je l’ai vu ces dernières années. Et j’ai négligé ce sens-là du business : on a dû considérer que j’avais mauvais caractère, que j’étais méprisant. J’aurais aimé que ça se passe autrement ; cependant je ne sais pas appâter, ce n’est pas dans mon caractère. Ça fait pas mal d'années que les journalistes, dans la presse spécialisée, ne font plus leur boulot. Ils parlent de gens qui savent mener leur carrière, mais qui n'ont rien à dire.
Si tu regardes l’histoire du jazz, beaucoup ne sont pas d'origine française : il y a des Italiens, des Espagnols, des Grecs, des Arméniens. Des gitans qui font du jazz pour pouvoir s‘exprimer. Socialement, ça s’explique. Marseille a beaucoup de charme. C'est une ville indisciplinée qui échappe au pouvoir, et j’espère que ça restera comme ça. On n’étonne pas le public à Marseille. Quand je suis arrivé ici, qu'est ce que j'ai vu ? Le dimanche après-midi, par grand froid, sur les falaises exposées au mistral, des gens face à la mer au lieu de regarder la télé. Quand on voit le spectacle de Marseille, on ne peut pas se prendre très au sérieux. Le Marseillais n'est pas étonné. Ici, on frime pour rigoler. Le Marseillais, à la différence du Parisien, a beaucoup d'humour avec ça. C'est sain..., ..., ...
( Raymond Boni, par là )
POST-SCRIPTUM 701
SOUVENIRS -22 : PAR GRAND FROID SUR LES FALAISES EXPOSÉES AU MISTRAL
Retrouvé, dans un numéro de Supersonic Jazz datant de 1977, cet entretien avec Raymond Boni, mené par Marie-Pierre Bonniol et moi même, où il est entre autres question de Django (évidemment), Hendrix et Joe McPhee (bien sûr).
( Raymond Boni, par là )
POST-SCRIPTUM 571
SOUVENIRS -17 : NUMÉRO ZÉRO & SUPERSONIC JAZZ
Merci à Pierre Faure (La Morte Young, Sun Stabbed, Nappe) pour les photos de mon fanzine Numéro Zéro, quinze numéros au total, un tous les quinze jours ; des fanzines que j’ai tous tous offerts (c’était gratuit) avant d’en égarer mes exemplaires, mais heureusement il me reste les maquettes, encore que je ne les ai probablement pas toutes. C’était en 1994-1995, parallèlement à Supersonic Jazz, le zine de Marie-Pierre Bonniol, auquel il m’est arrivé de participer. Certaines interviews de Supersonic Jazz (Romain Slocombe, Dust Breeders) mériteraient d’être rééditées, je crois. Mon petit doigt me dit que sera le cas de certains entretiens de musiciens dans un ouvrage à paraître chez Lenka lente, premier semestre 2017. Celle d’Yves Botz des Dust Breeders notamment, revue, corrigée et couplée à un blind-test de la même période (1996). Un ouvrage consacré à l’underground musical en France, sous forme d’entretiens (quasi) exclusivement (mais pas que, donc), datés (parus dans Vibrations par exemple) ou inédits, couvrant une période allant de 1968 à aujourd’hui, de Gérard Terronès (Futura Records) à Vomir (HNW). Plus d’infos par ici, bientôt, mais ce ne seront plus des souvenirs...
(Dustbreeders, par là )
(via https://www.youtube.com/watch?v=0e67IqMoz4M)
“WELCOME TO MY JAZZ WORLD PEOPLE!! TRACKS: 01.India 02.Sunology (Part I) 03.Advice to Medics 04.Super Blonde 05.Soft Talk 06.Sunology (Part II) 07.Kingdom of Not 08.Portrait of the Living Sky 09.Blues at Midnight 10.El is a Sound of Joy 11.Springtime in Chicago 12.Medicine for a Nightmare .On "Springtime in Chicago", recorded at Balkan Studios, Chicago, April 13, 1956: Sun Ra – Piano, Electric Piano Art Hoyle – Trumpet, Percussion Julian Priester – Trombone James Scales – Alto Sax, Percussion John Gilmore – Percussion Pat Patrick – Baritone Sax, Percussion Wilburn Green – Electric Bass Robert Barry – Drums .On "Super Blonde", "Soft Talk", "Medicine for a Nightmare", and "Advice to Medics", recorded at RCA studios, possibly June 16, 1956: Sun Ra – Piano, Electric Piano, 'Space Gong' Art Hoyle – Trumpet Julian Priester – Trombone John Gilmore – Tenor Sax Pat Patrick – Baritone Sax Wilburn Green – Electric Bass Robert Barry – Drums Jim Herndon – Tympani, Percussion .On "Kingdom of Not", "Portrait of The Living Sky", "Blues at Midnight", "El Is A Sound of Joy", "India", and "Sunology" (both parts), probably recorded at Balkan Studios, Chicago, September or October 1956: Sun Ra – Piano, Electric Piano, 'Space Gong' Art Hoyle – Trumpet, Percussion Pat Patrick – Alto Sax, Percussion John Gilmore – Tenor Sax, Percussion Charles Davis – Baritone Sax, Percussion Victor Sproles – Bass William Cochran – Drums Jim Herndon – Tympani, Percussion”