François Durif, Volumes recouverts de poussière de pierre, Volvic, 2011
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François Durif, Volumes recouverts de poussière de pierre, Volvic, 2011
Pendant le ponçage de l'escalier en pierre. Avez-vous déjà rénové un viel escalier de ce genre ? C'est du boulot !!! Ici il a d'abord fallu ôter la moquette qui était sur les marches. Et surtout enlever la colle qui restait collée sur la pierre ! Avec le temps la colle est complètement incrustée à la pierre. Obligé d'y aller à la main avec un burin... Les produits chimiques ne sont pas très efficaces et de toute façon ils sont très toxiques dans ces milieux confinés. Ensuite, passage de la sableuse avec un grain très (très) fin pour ne pas abîmer la pierre. Puis décapage manuel à l'aide d'une brosse dense montée sur une ponçeuse. Le tailleur de pierre a dû faire quelques reprises également pour reprendre des marches endommagées. Et vous, ça a donné quoi ? - #renovationescalier #pierre #tailleurdepierre #pierredebordeaux #sablage #restaurationmaison #escalierpierre (à Bordeaux, France) https://www.instagram.com/p/B_pvRf0lgIO/?igshid=7ylmt1rr31jd
Les escaliers anciens en pierre sont très beaux 🏡. - Mais c'est une galère à rénover 😖 ! - Néanmoins ça vaut le coup de restaurer ces vieilles pierres. - Un peu de patience et le résultat est à la hauteur de l'effort fourni 💪. - Et c'est valorisant de se dire qu'on conserve un patrimoine et qu'on respecte le travail fait par nos prédécesseurs 🙏. - Ce serait quand même c** de tout recouvrir de peinture ou de moquette... - #escalierdesign #sablage #ponçage #tailleurdepierre #renovationescalier #maisondeville #maisonbordeaux #bordeauxmaville (à Les Quais de Bordeaux) https://www.instagram.com/p/B4FPBdDCLuW/?igshid=s31hjfx68g9h
Tailleur de cœur. Lovecutter. #tailleurdepierre #stonecutter #love #lovers #coeur #amour #romantique #romantic #fortu #igersfrance #igersanjou #illustration #streetart #urban #urbainart #street #saumur #csaumur (à Pays de la Loire, France) https://www.instagram.com/p/BqNp7b0HEY4/?utm_source=ig_tumblr_share&igshid=a7bv6qn8lqc6
Au cœur du minéral, Demars fait surgir la beauté. C est aussi cette entreprise epv qui a redonné tout son éclat à la façade du Grand Hôtel Dieu de Lyon. Et ce talent ne peut venir que du Forez ! #grandhoteldieu #lyon #onlylyon #btp #labelepv #epv #pierre #stones #demars #eiffage #forez #lyontourisme #savoirfairefrance #tailleurdepierre #excellentquality (à Marcilly-le-Châtel)
Ego sum “malhabilis”
Ils sont là dans un sac. Quelques silex taillés de la carrière de Spiennes. Ramassés, identifiés et étiquetés précieusement par l’homme habile aux yeux dotés de l’imaginaire et du bon sens nécessaire. Où et comment les aura-t-il trouvés ? Il est probable qu’il s’agissait là des invendus du tailleur de pierre en série. L’homme habile, qui a suivi les fouilles, est mort, parti rejoindre, sans doute, l’âme de l’habile tailleur de pierre. Quel beau reportage en direct tout de même !
Et moi, fillette, à la mémoire défaillante et sans doute, aussi, peu attentive aux mots liés, déjà, aux techniques que je décidai masculines, si j’en ai retenu : « tranchoir, racloir », j’en suis pourtant incapable d’en distinguer l’un de l’autre. Ils ont suivi mes étapes d’enfance nomade ci et là dans mes vitrines.
J’en avais gardé les étiquettes précieusement attachées aux objets concernés. Puis, dès que j’eus peur de perdre son souvenir, j’ai confié la pierre inerte à la maigreur de ma mémoire insouciante et j’ai gardé l’étiquette uniquement pour le souvenir de son écriture, la réminiscence de sa signature personnelle, le rappel de son image graphique. Et si chaque lettre, dessinée plus qu’écrite, me rendait vivant l’habile reporter, souriant, racé et élégant qu’il fut, la mémoire de la pierre, quant à elle, n’a évidemment pas survécu au sacrilège ! Lorsque je fus certaine qu’il vivait en dedans de moi autant qu’au-delà de tout, j’ai pu oublier les nominettes désuètes. Je ne sais où elles sont, même si je les vois encore.
Par contre, j’ai toujours, dans ce sac, racloir, tranchoir et pointe de flèche ou tête de hachette, bloc à dégrossir, bloc à effiler. Mais lesquels sont-ce ? Ils ont perdu toute identité propre. C’est presque une redécouverte archéologique!
Que révèlent ces pierres ? Juste mon incapacité à perpétuer le souvenir des hommes habiles, sans doute…
Qu’en faire ? Les garder? Pour qui ? Que deviendraient-elles, plus tard, au-delà de moi, après moi ? Jetés, sans doute, dans l’immense poubelle de tous nos rebus ?
Et si je m’amusais à rendre fous les archéologues des temps futurs en les jetant tous ensemble dans un lieu improbable ? Ai-je des ennemis qui compteraient se lancer dans l’expérience de la construction ? Ce serait amusant de constater que, « Oh quelle guigne ! », leurs travaux sont subitement stoppés pour la saison vu la suspicion de la présence d’un site archéologique préhistorique d’intérêt capital ! Malhabile et perfide la fillette !
Et si j’allais, tout simplement, les porter là où d’autres habiles en seront heureux ? Heureux, vraiment ? Tous ces cailloux qu’ils trouvèrent là, en surnombre déjà… En quoi mes pierres anonymes leur constitueraient-elles un trésor ? En quoi redeviendraient-elles le synonyme de la passion ? L’habile tailleur les a utilisées ou façonnées avec attention, de partout ils venaient tester sa marchandise, parfois au prix de voyages fatigants et dangereux. Leur découverte ultérieure a passionné les chercheurs. Un habile reporter les a identifiées, étiquetées, transmises avec le feu d’une double passion, celle de l’humain, y incluse celle de l’enfant, sa descendance et la passion de sa région. Quant à la fillette, elle en a joué, les respirant avec intérêt, s’assurant qu’elles sentaient vraiment le feu, s’imaginant des mains autour. Elle en a fait un mausolée à la mémoire du reporter emporté. Elle en écrit une lettre d’amour aux passionnés de l’Homme… et j’irais les abandonner à l’ultime dédain ?
Je préfère attendre. Me remettre à jouer. Les frotter l’une contre l’autre. Sentir encore l’odeur de la fumée qui se cache dedans. Vérifier si mes paumes frottées l’une contre l’autre dégagent la même odeur après les avoir manipulées. C’est clair qu’il y a le feu là-dedans ! Ce doit être pour cela qu’il y a songé l’habile tailleur, à s’en servir pour faire jaillir le feu qu’il y sentait ? Un tour de l’imagination et gagnant pour le coup ! Et dire qu’il y en a pour railler l’imaginaire. Mais il est plein de bon sens l’imaginaire ! L’habile tailleur était doté des deux ! C’est pour cela qu’il a réussi ce en quoi nous ne l’atteindrons jamais. Comment déloger le feu! Depuis, que des maigres copieurs !
Qui était-il ? De quels être aujourd’hui vivants était-il déjà le parent ? A qui la somme de ses savoirs a-t-elle profité ? Les ardoisiers, les marbriers, les couteliers, les bâtisseurs de châteaux et d’églises, les sculpteurs, … ? Est-ce qu’il le sait, là, planqué de l’autre côté du feu avec le reporter de mon cœur? Est-ce qu’ils en discutent en interview ? Que lui raconte-t-il ? Qu’est-ce qu’il en pense ?
- Ah oui, hélas, la pierre à fusil aussi !
Et l’autre, l’habile récolteur, l’habile raconteur, l’homme qui peignait l’Histoire de ses mots, au-delà des étiquettes, dans les livres, dans la Nouvelle gazette, dans le Rappel, de quel habile préhisto est-il l’héritier ? Lequel de ceux-là aura eu l’envie, un jour, de graver la pierre, d’y inventer le mot ? Est-ce que le premier mot fut « Feu » ? Est-ce qu’il lui a été soufflé par l’odeur de la pierre ? Est-ce que le premier mot qui le désigne ressemble à l’envol de la fumée? A la lourdeur de l’odeur soufrée? A la vivacité d’une brûlure ? Qu’est-il devenu celui-là qui l’imagina ? Est-ce que les premiers mots l’ont brûlé ? Est-ce qu’il s’est consumé à les imaginer et à en remplir des pierres ?
Et si, de l’autre côté du feu, je devais les rejoindre, est-ce qu’ils songeraient à frotter des pierres les unes contre les autres pour que je les retrouve et qu’à l’odeur je me laisse guider jusqu’à m’asseoir là, déposant les étiquettes sur la paille sèche, apportant les « racloir, tranchoir, tête de hachette et autre pointe de flèche » en cadeau avant d’embrasser l’habile homme du relais? Comme j’aimerais la douceur et la tendresse autour de ce foyer là ! Chacun brûlerait ses mots et notre feu prendrait bien vite. Peu importe qu’on y disparaisse, au moins, ce sera en famille et en amour les uns des autres humains.
En attendant, il reste une question : « Et si le feu loge au creux des mains, puisqu’on l’y hume lorsqu’on les frotte, comment l’en déloge-t-on et pour qu’en faire ? » Peut-être qu’en y répondant, à cette question, on pourrait encore révolutionner la vie sur terre ? J’aimerais devenir frotteur de paumes.
photo: http://gwheg.blogspot.be/2015_10_01_archive.html