STAR WARS EPISODE VIII - THE LAST JEDI (2017) Messie annuel depuis 2015, la fournée STAR WARS de 2017 est la suite directe de THE FORCE AWAKENS (2015), qui avait relancé la saga avec un succès mérité. Très attendu, cet épisode marque évidemment le retour de Luke Skywalker, apparu à la toute fin du précédent film: hélas, THE LAST JEDI souffre d’une forme bancale qui va totalement exclure la qualité d’un come-back qui se devait exceptionnel. Pire, le long-métrage de Rian Johnson est bourré de répliques comiques pas toujours adéquates: on n’a rien contre, mais l’excès devient vite lourd à supporter, le space-opera se transformant en -presque- simple divertissement humoristique. Un choc, suivi d’autres encore plus agaçants: le point du vue du réalisateur, annoncé comme “l’autre côté du miroir de THE FORCE AWAKENS”, tranche non seulement par l’écart de ton que l’on connaît depuis toujours dans la saga, mais aussi par ses bases scénaristiques certes inédites et dénuées de sens. Sous couvert d’un prétexte idiot, la réserve de carburant qui diminue (!), la Rébellion doit soit-disant échapper au premier ordre: étrange problématique, doublée d’une quête annexe -celle de Finn- sans saveur, si ce n’est de voir le bestiaire s’élargir. Tiens, parlons-en du bestiaire, détesté avant même la sortie: les Porgs sont finalement très amusants, car peu présents et empathiques; les autres nouvelles espèces sont plaisantes à découvrir, élargissant encore plus le background de STAR WARS. Un bon point conservé, à l’inverse des effets spéciaux: LA HONTE à ces écrans verts dégueulasses, qui contrastent avec des séquences de batailles spatiales, elles réussies, un comble quant on sait que la licence est reconnue pour ses SFX. Passons. THE LAST JEDI s’emploie à déployer de nouveaux personnages s’intégrant dans le futur des films, sans succès: l’évolution morale de Finn est secondée par une protagoniste hors-propos, dont les choix scriptés se constatent avec une horreur permanente. On peut pointer Disney du doigt, mais ce serait se mentir, nous avons eu de bons produits de la part de la firme gloutonne -le rachat de la Fox s’ajoutant au tableau de chasse-: ici, le problème vient de l’orientation déroutante du film, qui plus est… globalement ratée. Soyons clairs, THE LAST JEDI donne ce qu’il faut, mais échoue sur des directives narratives à la stupidité consternante: en découlent d’abominables dialogues formatés, sans surprise. L’icônisation de Luke se fait avaler par celle de Leia, détentrice d’une scène presque polémique quant à sa crédibilité: THE LAST JEDI achève le portait de ce huitième épisode surfait avec ses enjeux dignes d’une série TV cliché, s’autoparodiant sans s’en rendre compte. Imaginez un peu: “Tu es un bug dans le système”. Réponse: “Bats-toi, tête de chrome”. Voilà, on en est là, à cette VF pourrie, pour un STAR WARS passant à côté de son propos, sa mise en scène différant trop fortement de la logique “filmique” de la saga. On en vient à voir le film et non pas le regarder: on regrette amèrement la présence d’un Benicio Del Toro jouant mal son inutile personnage de racaille-hacker bègue, tout aussi infâme que l’insertion malhabile des autres nouvelles têtes. Carton rouge pour Snoke, Suprême Leader qui se verra accorder moins d’importance qu’un Darth Maul à la manque… Divisant obligatoirement ses fans, THE LAST JEDI est moins marquant que son prédécesseur: devant en montrer plus, il le montre mal et se place en épisode “différent” scindant à jamais un noyau de fidèles convertis. Adorer ou détester, c’est la formule de l’opus huitième, portant un regard inhabituel sur le mythe créé par George Lucas. THE LAST JEDI manque cruellement de profondeur, à l’image des partitions “acquises” d’un John Williams peu inspiré. J’ai mal à mon STAR WARS. J’ai vraiment MAL. Le visuel “rouge” annoncé dans les trailers est insignifiant, laissé pour compte en compagnie des Porgs, parallèle du spectateur de ce STAR WARS poussif car emmené contre son gré dans un bordel inconfortable. Tout est en-dessous de quelconque sage et pertinente hypothèse!!! Les lignes de dialogues insipides restent en mémoire, telles de vilaines échardes plantées dans les tympans. Fuck les fans, on fait ce qu’on veut! Ok, mais grâce à qui Monsieur Rian Johnson? La promesse n’est définitivement pas à la hauteur, et l’attente n’en valait pas la peine: où est donc le cahier des charges? DIVISION /20















