réflexion sans importance 01
et parfois on se demande qui de la larme ou du poĂšme
Ă la maniĂšre d'un embryon
se nourrit des maux Bruxelles le 10 mars 2021
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@enihpesojalenvers
réflexion sans importance 01
et parfois on se demande qui de la larme ou du poĂšme
Ă la maniĂšre d'un embryon
se nourrit des maux Bruxelles le 10 mars 2021
road trip
emmĂšne moi loin de toi
cultiver le soleil
récolter des poÚmes et
déguster des fleurs amÚres
emmĂšne moi loin de toi
déterrer des désirs
longer des routes sans bords et
cartographier nos corps
emmĂšne moi loin de toi
parler la langue des fruits
pleurer les heures insolentes et
caresser l'absence
emmĂšne moi loin de toi
faire l'inventaire du ciel
cueillir chaque songe oublié
et m'en faire un collier Bruxelles le 10 mars 2021
EFFERVESCENT
Inspire
expire
guette ? il est lĂ
va-t-il tâatteindre ? dĂ©pĂȘche toi
course
nuit dâhĂŽtel
sous le mĂȘme toi
soulĂšve ma robe et embrasse moi
crie
joie piquante
cours
déshabille le temps, fais le tourbillonner
jusquâĂ lâoubli de soi
courir sur des bulles Ă lâinfini
propulsĂ© par lâĂ©clatement
se rapprocher chaque fois
un peu plus
de quoi ?
tâentends-tu mâaimer ? Bruxelles le 10 mars 2021
rouge lune
ruban noir, paillettes défilent
sous des pupilles ébahies
calme bientĂŽt coupable
vitesse suspendue
douce fuite au goût de cerise
timide, une main se pose
puis l'autre
hésite, avance
jeux de doigts
poĂšme tactile au creux de la nuit
secret de ma paume
Ă ton cou
on prononce un silence
de saphir
rappel sonore
et le temps se réveille
regarder devant toi
dépasser la limite
accĂ©lĂ©rer d'un mĂȘme soupir
et contempler le satellite
Bruxelles, le 4 mars 2021
KO02 - Friction (2021)
coeurs déposés
ça et là épiés par
mes yeux sous lesquels tu déambules
toute la journée
contrÎle établi
pourtant si loin
du tien
le mien bat
au rythme des mots
que tu me jettes
sanglot dans la gorge
larmes timides
détourner les yeux cachés dans la pénombre
déchiffre
des pensées parasites
étreinte bloquée
mots cachés par ceux qu'on prononce
éloigne-toi
vers moi
KO01 (2021)
oeil infectĂ© rouge purulent mais iris azur toujours aussi belle les petits bouts de chair entre les dents, il a quel goĂ»t mon coeur? Ă©ponge Ă Ă©motions, il lit chacune d'elle Ă travers mes pupilles distraites. ses questions piquent juste oĂč il faut, elles font bouger mes lĂšvres. Incapable de me cacher, je fais taire son intuition.Â
extrait de toile 02 (2020)
Il sort du tram. Il pleut des gouttes trÚs fines qui s'évaporent avant de toucher le sol.
Coup de pieds dans les cartons.
Les gens regardent envoyer valser la vie. Traverser la barriĂšre avec derriĂšre lui des valises lourdes de mauvais souvenirs
FantĂŽme qui renait de ses cendres AprĂšs qu'on ait couvert le feu
extrait de toile, 01 (2020)
Spirale au fond de toi
Frissons d'araignée
Coup de marteau
Boum Boum
Cri de corde qui déchire tout dans ton estomac
Vomir Mais vomir quoi? Vomir ta bouffe pour plus l'avoir en toi? Vomir tes larmes ? Vomir l'amour que tu peux pas donner?
C'est trop intense ça tourne ça vibre ça tremble ça résonne ça se répÚte ça tourne ça brûle ça pulse ça bloque ça prend aux tripes ça suinte comme du vieux sirop
Crier du silence et les yeux trop secs pour pleurer
Guitare entaille
Batterie condamne
Vite une clope
Vite
(fat old sun in the sky)
Périphérie méridionale
Chant dâoiseaux
Quartorze printemps dâennui
Le calme aprĂšs la tondeuse
Parfum chlorophylle
Ocre reflet soleil tombant
Bretelle fainéante
Marcher dans la rue pas trop loin
Les chaussures en toile
Ne pas se perdre
Dans un labyrinthe de possibles
MĂ©lodies dâailleurs
Qui chantent un son dâargent
GoĂ»ter lâabsence du bout des pensĂ©es
Coup de pied dans lâaiguille
Pleurer lâimaginaire
MĂšche devant les yeux
Douceur candide dâun Ă©tĂ© trop long
OĂč lâon rĂȘve de tout sauf dâici
Bruxelles, 17 février 2021
sans titre sur fond de pĂąte-mot
Ecrire. Lâangoisse, lâangoisse. Quand lâencre imbibe le papier. Lâencre noire imbibe le papier sans savoir quels mots elle y grave. Quels mots, lâangoisse, lâangoisse. Ecrire, câest livrer lâinconscient, livrer lâinconscient dans un livre, câest rouler et mouiller la feuille avec de lâencre insensĂ©e. Lâencre noire sâĂ©tale et les mots nâont pas de sens. Lâangoisse, ma main ne sâarrĂȘte pas. Toujours de lâencre noire gravĂ©e dans le papier, le sens sâenvole, les Ă©crits restent. Les Ă©crits restent sur le papier comme une trace noire de la pensĂ©e. On ne peut pas gommer, ce qui a Ă©tĂ© Ă©crit lâest pour toujours, pas de retour, on ne dĂ©sĂ©crit pas lâencre noire du papier et les mots filent Ă la recherche dâeux-mĂȘmes, ils filent en noir, lâencre ne sâarrĂȘte pas de couler, plus lâinconscient fuit et moins il y a de blanc. Ca coule et lâangoisse sâen va. lâinconscient ce nâest pas blanc et lâangoisse nâest pas noir. Lâangoisse câest blanc, ça pique et câest aveuglant. Lâinconscient nâest pas blanc. Lâinconscient coule en noir sur lâangoisse qui lâabsorbe et fait disparaĂźtre les mots. Lâangoisse avale les mots comme sâils nâexistaient pas. Lâencre coule.
Pousser le vice jusquâĂ lâabsurde
Allongée dans un lit de médiocrité
Jâattends de voir le temps passer
Le gris du ciel aussi blanc
que lâĂ©cranÂ
OĂč clignotent des lettres sans but
Les jours défilent comme les inconnus
Ăchange immobile
Conversation stérile
Quand est-ce que ça sâarrĂȘte?
Voyage dans le temps
Je suis de retour au point de dĂ©part. LĂ ou tout aurait du commencer. Je suis pleine et vide. Telle quelle. Tout est Ă sa place et pourtant rien nâest plus pareil. Retour au mĂȘme croisement et plein de valises vides. Tout est possible mais rien nâest plus certain. Raviver une mĂ©moire Ă©teinte et sâaccrocher de toute ses forces Ă lâombre dâune flamme. Je ne sais pas.
LâĂ©toile
Fouille mnésique
Ă la recherche de nouveaux souvenirs
Rayonnement rouge, vapeur dâambre
Papier brillant
Coloré de noir et blanc
Sensation familiĂšre dâun dĂ©part en arriĂšre
Et lâĂ©toile
Toujours, lâĂ©toile
Bruxelles, le 22 août 2020
Rome
Le soleil baigne le balcon de ses rayons matinaux. Au loin, la sirĂšne agaçante dâune ambulance. Elle se rapproche. Elle passe et sâĂ©loigne. BientĂŽt dix heures, les effluves de cuisine indienne se dispersent doucement dans lâatmosphĂšre. Les enfants jouent.
Lentement, avec mĂ©thode, elle dĂ©croche le linge quâelle a Ă©tendu la veille. Ăvidemment, il est rĂȘche. Il fait chaud. Comme Ă son habitude, elle le dĂ©pose sur son bureau et le laissera lĂ quelques jours avant de le plier. Elle nâa jamais aimĂ© faire les choses tout de suite. Elle porte toujours les mĂȘmes vĂȘtements, de toute façon.
Dix heures. Elle prĂ©pare un cafĂ© dans sa petite cafetiĂšre azur. Câest un modĂšle de pacotille, mais elle lâadore. Elle allume une cigarette. La sonnerie retentit, les enfants rentrent. Elle reste dehors. Le soleil brille.
Bruxelles, 27 mai 2018
My baby - Kid Francescoli
Baiser azur, Ă©veil dâĂ©tĂ©
Brise verte sur carrelage craquelé
Sous mes doigts, le tapis
Dans le lit, toi et moi
Yeux secs de larmes
Je bĂąille, câest calme
Sur ma hanche, ta main
Fin de nuit blanche, on est demain
Bruxelles, 30 mars 2020
Kenaston - Chilly Gonzales
JâĂ©coute les Solo Piano de Chilly Gonzales. Kenaston. Et les notes me transportent, me ramĂšnent Ă cette soirĂ©e dâaoĂ»t. Au cinĂ©ma. Quand, une fois de plus, on ne sâest pas compris et quâon sâattendait tous les deux Ă des endroits diffĂ©rents. La mĂ©lodie me rappelle cette promenade pour te rejoindre. Rue de Namur, place Royale, Mont des Arts. Lâair Ă©tait doux et le coucher de soleil magnifique. SublimĂ© par les douces notes de ce pianiste que je dĂ©couvrais alors. Tu mâattendais, je le savais, mais je nâai pu mâempĂȘcher de mâarrĂȘter sur les marches pour le contempler. Câest si beau, un coucher de soleil. Si Ă©phĂ©mĂšre, mais si intense. Je me souviens encore de ce que je portais ce jour lĂ . De ce que tu mâas Ă©crit - âtrouves deux moustachusâ. Du film quâon a vu, du repas qui a suivi et de la discussion sur le chemin du retour. De la nuit et de ses Ă©motions. Je me rappelle en avoir ressenti beaucoup, ce soir-lĂ . Peut-ĂȘtre Ă©tait-ce lâĂ©cho de la musique Ă©coutĂ©e quelques heures auparavant. Tu me manques, mais câest tellement bon.
Bruxelles, 18 février 2020
Moment
Une de mes sensations prĂ©fĂ©rĂ©es, câest de voir le ciel sâĂ©claircir aprĂšs une nuit difficile. De sentir lâair frais sur mon visage. De voir les autres qui ont du mal Ă sâĂ©veiller alors que je nâai pas rencontrĂ© le sommeil cette nuit-lĂ . Ce moment suspendu entre la fin dâune journĂ©e et le dĂ©but de la suivante.
Copenhague, 1er juin 2019