A l'approche de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre 2016, le Collectif Féministe Contre le Viol lance l...
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@jeconnaisunvioleur
A l'approche de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre 2016, le Collectif Féministe Contre le Viol lance l...
La première fois j'avais 14ans. Je sortais du collège un soir d'été vers 17h30, je me suis dit que j'allais faire un petit détour par un parc près de chez moi. Il faisait encore jour. Il n'y avait personne dans le parc, milieu de semaine oblige. Sauf un homme. Il m'a demandé l'heure, est a pris ma virginité au passage. Je me souviens de l'avant, de l'après, mais je crois bien que mon cerveau a effacé l'entre deux. Je suis rentrée chez moi, j'ai fait semblant de rien. Pas sûre de savoir pourquoi. Après, ils se sont appelés Guillaume, Benjamin, Matthieu, Charles, et j'en passe... Tant de mecs qui se foutaient bien de mon consentement. Et toujours ma peur de parler. Parce que les rares fois où j'en ai parlé, on m'a dit "D'arrêter d'embêter les autres avec mes problèmes", que j'étais jolie et que c'était ce qui arrivait aux jolies filles, qu'ils étaient juste "maladroits". Demain je fête mes 22 ans. 22 ans d'insultes, de gestes déplacés, de viols, de peur. Mon propre frère à levé la main sur moi. Aujourd'hui j'ai raconté toute ma vie à ma mère. Je crois qu'elle pleure, et je m'en veut encore, je me sens coupable. Mais je ne veux plus me taire. Je connais des violeurs.
Des violeurs, j’en connais plusieurs
Le premier, c’est celui qui a « juste » voulu aller plus loin que moins. Nous étions seuls, dans sa chambre, en plein après-midi. J’avais 14 ans, il avait quelques années de plus que moi et je lui faisais confiance. Nous devions aller y chercher je ne sais plus quoi, pas y rester. Je ne sais pas combien de fois j’ai dû dire « non », « arrête », « tu me fais mal » et même « mais si je t’assure, je peux tomber enceinte, même la première fois » (je n'avais pas encore mes règles, mais lui ne le savait pas). Il a fini par arrêter. J’étais tellement hébétée, « à côté de moi », que 36 ans plus tard, je ne sais toujours pas si c’est lui qui m’a déflorée ou s’il s’est arrêté avant. Je n'en ai parlé à personne, évidemment.
Puis il y a eu ce type de 8 -10 ans mon aîné, le grand sportif que tout le monde appréciait. Celui qui organisait les sorties en montagne et les camps de spéléo auxquels je participais. J’avais 15 ans, je dormais dans sa tente, et personne ne trouvait à y redire. Sauf les fois où sa femme était là. Une fois, c’est elle qui a conduit toute la nuit, pendant que lui me tripotait sous les couvertures dans lesquelles j’étais censée dormir. Ce n’était sûrement pas toute la nuit, mais le trajet m’a paru interminable. J’avais 15 ans, et mon corps réagissait. Elle n’a rien vu. Mes parents n’ont rien vu. Ça a duré des mois. Lui, je sais qu'il est allé "jusqu'au bout" pendant que je disais "non, non, non". Il me disait qu’il m’aimait. Et moi, je me sentais tellement coupable. Je l’ai recroisé (il était toujours aussi populaire dans les mêmes cercles sportifs) une dizaine d’années plus tard, et il m’a demandé si je lui en voulais. J’ai répondu que non, que c’était à moi de dire non. Ce n’était pas vrai. Il a bousillé ma sexualité, et j’ai passé toutes ces années à m’en vouloir, et à penser que c’était de ma faute, puisque c’est moi qui aurais dû mieux savoir dire « non ».
Après… je me suis remise, cahin-caha. J’ai tout de même eu une vie sexuelle relativement satisfaisante. Je suis tombée amoureuse. J’ai eu des aventures. Des amants, plus ou moins doués, plus ou moins attentionnés. Des "oui" et des "non" plus ou moins, mais pas toujours, entendus et respectés...
Jusqu’à ce compagnon qui, après m’avoir prise sans mon consentement, dans mon sommeil, sans que je bouge ni n’émette le moindre encouragement une fois pleinement réveillée (le temps de comprendre, il avait « fini »), m’a soufflé à l’oreille, l’air ravi un « aaah… je ne me suis jamais senti aussi proche de toi. ». Je crois que c’est cette phrase qui m’a fait le plus mal. J’étais absente, et il était comblé.
J’ai 50 ans, et je crois que je viens de retomber dans le même piège. J’avais pourtant enfilé culotte et t-shirt, et prévenu que j’étais crevée, qu’un oui la semaine précédente ne signifiait pas un abonnement à vie, mais que si dans ces conditions il préférait tout de même ne pas dormir seul, alors il pouvait rester. Il a insisté. J’ai dit non. Il insisté. J’ai redit non. Il a insisté. J’ai retiré ses mains. Il a insisté. J’ai redescendu mon t-shirt. Il a insisté. Il a insisté. Il a insisté. Il a insisté. J’ai fini par le laisser faire. Et tout d’un coup, pour un rien, un mot, une main posée exactement à tel endroit… mes 15 ans me sont remontés à la figure, intacts. Et j’ai pleuré.
Lui… s’est offusqué d’être comparé à un violeur de mineures. Et j'ai dû le rassurer.
Pourquoi est-ce si dur de se faire entendre ?
Pourquoi ai-je encore peur, et honte, au point d'hésiter à publier parce que je dois fournir un nom et une adresse e-mail?
Merci à ce site d’exister.
Soirée ordinaire d’une jeune femme ordinaire avec des envies ordinaires et des amis ordinaires.
Soirée ordinaire d’une jeune femme ordinaire avec des envies ordinaires et des amis ordinaires.
Juin 2017.
Mardi.
Je jouais ma première pièce dans un théâtre à Paris. En sortant des coulisses, l’ambiance était festive, joyeuse, il faisait chaud, le public était là pour nous féliciter.
Certains sont venus avec nous boire un verre dans le bar d’à coté.
C’est là-bas que j’ai fait la connaissance d’un ami d’un de mes acteurs - nommons le Pat – un garçon mignon, sympathique et rigolo qui avait adoré la pièce.
Après plusieurs verres nous sommes descendus au sous-sol du bar afin de profiter du concert ayant lieu ce soir-là.
La musique était belle, mon équipe était là et nos amis aussi.
Pat et moi avons parlé, ri, et nous avons fini par nous embrasser (longtemps).
J’étais célibataire à l’époque et je me laissais « porter par la vie », profitant des rencontres, des surprises que m’offrait cette période.
Au moment de partir, Pat me glisse à l’oreille « viens chez moi », ce à quoi je réponds « non. », malgré son insistance, somme toute mignonne à ce moment-là.
Je lui réplique que s’il veut me voir, il n’a qu’à m’envoyer un message puis j’enregistre mon numéro dans son portable.
Pat m’envoie un message le lendemain me proposant un verre bientôt. Je réponds donc par la positive et nous nous accordons sur un soir la semaine suivante.
Mercredi.
Je me réveille à 14h. J’étais sortie très tard la veille, nous avions à nouveau joué notre pièce et étions sortis jusqu’à l’aube.
L’alcool ayant pris possession de mon corps, je me réveille difficilement, encore fatiguée.
J’avais rendez-vous avec Pat à 19h30. Décidée à ne prendre qu’un seul verre et à rentrer directement chez moi manger des pâtes devant un film, je me prépare avec lenteur pour mon « date ».
Je retrouve donc le fameux jeune homme à 19h30 près de chez moi. Je l’informe directement de mon état et lui dis que je ne ferai pas long feu.
Nous nous installons à une terrasse et commandons à boire. Je me commande une pinte de bière (une Chouffe, bière belge et forte), il fait de même.
Nous parlons de nos vies, la conversation n’est pas très palpitante, il n’a pas beaucoup d’humour, en tout cas moins que dans mon souvenir. L’alcool me monte à la tête et je lui dis que je vais rentrer. « Prenons un deuxième verre ! Aller, c’est rien, juste une autre pinte ! » me dit-il.
Je cède. Nous changeons de bar, il me commande une autre pinte de Chouffe.
Avec la fatigue, l’alcool de la veille et les deux pintes, je me retrouve bourrée.
Nous sortons du bar et je décide de faire quelques courses dans le Monoprix près de chez moi, ouvert jusqu’à minuit. Il m’y accompagne et m’embrasse dans un des rayons.
Il me raccompagne devant ma porte, m’embrasse à nouveau avec de plus en plus d’empressement.
« Tu veux pas que je monte ? » me demande-t-il.
« Non, je suis vraiment fatiguée, je préfère pas. »
Il m’embrasse encore, me serre contre lui, me touche les seins, les jambes, le sexe, cherche à m’allumer.
Fatiguée, et un peu excitée aussi, je finis par céder et je le fais monter.
Arrivés dans mon appartement, j’ai à peine le temps de poser mes courses : il se met à se déshabiller, à me déshabiller et nous entraine sur mon lit.
Allongé sur moi, je sens son poids écrasant et réalise qu’il est sûrement bien plus bourré que ce que je ne pensais.
Il est pressé, brutale, et ne pense pas à mon plaisir ou à mon excitation.
Il veut me pénétrer mais je l’en empêche en lui signalant qu’il nous faut mettre un préservatif. J’en cherche un dans ma commode et au moment de le mettre, Pat débande.
Et bien oui, le préservatif c’est connu : ça fait débander les garçons.
Après de vains essais pour rétablir la situation, nous abandonnons.
Je lui dis qu’il peut rester dormir et je me mets en pyjama.
Quelque part, j’étais soulagée presque reconnaissante qu’il n’arrive pas à avoir d’érection. J’allais enfin pouvoir dormir.
Noir.
Je me fais réveiller par des attouchements sur mon sexe. C’est Pat qui, excité, cherche à me pénétrer.
Je ne comprends pas tout de suite, jusqu’au moment où je sens ses allers et venues en moi. Interdite, choquée aussi, la première chose qui me vient à l’esprit est la question du préservatif. Il jouit en moi, son va-et-vient n’a pas duré longtemps.
Il s’allonge sur le dos, sûrement soulagé.
Je me retourne vers lui et lui demande : « Dis moi, tu n’as pas mis de préservatif là ? ».
« Oh putain, non, j’ai complètement oublié, excuse moi… » me dit-il avant de s’approcher pour m’embrasser.
Je recule et lui dis : « Mais t’es sérieux ? Je t’ai dit que je voulais qu’on en mette un, c’était pas juste pour le plaisir, c’est parce que c’est indispensable. »
« Mais tu prends pas la pilule ? »
« Non je prends pas la pilule. Et même si je la prenais putain, faut mettre un préservatif ! »
« T’as pas une pilule du lendemain qui traîne chez toi ? » (je vous jure, il a osé !)
« Non ! »
« Bah t’inquiète, je t’en offre une demain. »
« Non merci. »
Je me retourne, hors de moi, afin de continuer ma nuit de sommeil.
Il me demande : « T’es fâchée ? »
Je réponds : « Evidemment. »
Il était 3h du matin, il n’y avait plus de métro et il habitait loin, je ne me voyais pas le virer de chez moi. Ou plutôt non, à la vérité, je n’en avais pas la force, j’étais à bout.
Noir.
Je me fais réveiller par une pénétration.
Une pénétration douloureuse et sèche.
Il n’a pas pris le temps d’enlever ma culotte et elle me fait mal.
J’essaie de l’enlever, j’ai mal, elle frotte mon entrejambe alors il prend le relais et me la retire.
Mais j’ai encore mal.
Je ne comprends pas bien ce qui se passe, je suis à moitié endormie et je ne sens qu’une douleur lancinante en provenance de mon sexe.
Cela dure plus longtemps cette fois, ou en tout cas c’est l’impression que j’ai.
Rien ne sort de ma bouche, juste des petits cris qu’il prend pour du plaisir.
J’ai envie de hurler.
Je suis choquée, j’ai mal, je ne comprends pas ce qui se passe, il fait noir et je ne sens plus mon corps. D’un coup, c’est comme si j’étais en dehors de moi.
Ma seule pensée est « Je veux que ça finisse. »
Il jouit en moi, à nouveau. Il se retire et s’endort.
Je reste prostrée, incapable de bouger. J’ai tellement sommeil que je m’endors.
Jeudi.
Il se réveille avant moi le matin pour aller au travail. Je fais semblant de dormir, il me fait un bisou sur le front et part en claquant la porte.
Je me lève et j’ai très envie de pleurer.
Heureusement ce matin là je retrouvais mes amies pour déjeuner.
A peine arrivée, elles ont compris qu’il y avait un problème. J’ai parlé et j’ai utilisé le mot « viol » pour la première fois.
Je marche dans la rue et je sens encore cette douleur au niveau de mon sexe.
J’envoie un message à Pat, en repassant sur chaque fait de la soirée et de la nuit, lui indiquant à quel point tout ça est grave et irrespectueux.
Il ne semble pas comprendre et me dit qu’il est « désolé », qu’on peut s’appeler pour en parler.
Je lui réponds qu’il n’y a pas de « désolé » et que ce qu’il m’a fait s’appelle un viol.
Il panique par sms, demande à m’appeler car « il ne l’a pas ressenti comme ça » et « il se sent très mal que je dise ça ».
Je lui réponds que je ne veux plus jamais le voir ni lui parler.
Aujourd’hui.
Je n’ai pas voulu le dénoncer, pas par peur pour lui, mais pour moi.
Je ne me sentais pas la force d’entamer toutes les procédures, de passer tous les interrogatoires et de me voir remise en question sur ce que j’ai ressenti.
« Mais vous l’avez invité chez vous, donc c’est que vous en aviez envie ? », « Mais vous n’avez pas dit non, comment pouvait-il savoir ? », « Vous n’aviez qu’à l’expulser de chez vous à la première pénétration. », « Pourquoi avez-vous enlevé votre culotte si vous n’en aviez pas envie ? »…
Je vous épargne les dizaines d’autres questions ou remarques que je vois venir à 3000 km.
J’en ai parlé à des amis garçons, et presque tous m’ont répliqué : « Mais tu as dit non ? ».
Même chez nos amis les plus proches, ce genre de commentaire existe.
Quand on ne dit pas oui, c’est non.
Et quand on dort, on ne peut dire ni oui, ni non.
On ne peut pas donner son consentement.
Et quand on est bourré, fatigué, affaiblie par n’importe quoi d’ailleurs, on n’est pas en pleine possession de ses moyens.
Ce n’est pas parce qu’on dit oui à 23h qu’on dit toujours oui à 4h du matin.
On peut changer d’avis, ça arrive ça aussi, non ?
Ma remise en question, je me la suis faite toute seule :
Pourquoi ai-je cédé en bas de mon immeuble ?
Qu’est ce qui a fait que j’ai accepté qu’il monte ?
Je suis née dans les années 90, j’ai eu une éducation ouverte, des parents qui m’ont inculqué de bonnes valeurs, transmis de bonnes images des femmes et des hommes.
Alors pourquoi, moi, une jeune femme de 21 ans, féministe et engagée dans la cause, j’ai cédé ?
Parce que quelque part en moi, j’ai l’impression que l’envie de l’homme est plus importante que la mienne.
Parce que quelque part en moi, je crois qu’il faut leur faire plaisir pour qu’ils nous le rendent.
Et ces choses-là ne m’ont pas été transmises par mes parents, mais par le monde dans lequel j’ai évolué, et dans lequel toutes les jeunes femmes de mon âge évoluent.
Le plaisir de l’homme ne doit pas prendre le pas sur notre plaisir.
L’envie de l’homme ne doit pas prendre le pas sur notre envie.
La volonté de l’homme ne doit pas prendre le pas sur la notre.
J’ai envie de porter plainte, j’ai envie de prévenir toutes les femmes de mon âge, j’ai envie qu’elles sachent qu’un viol n’arrive pas dans une ruelle sombre à 3h du matin, j’ai envie d’être entendue, comme toutes les femmes à qui ce genre de situation est arrivée.
Mais j’ai peur, et pire que ça, j’ai honte.
J’ai peur qu’on ne me croit pas, j’ai peur qu’on remette en question mes émotions, mes sensations, mes souvenirs.
J’ai honte parce que dans la culture du viol c’est à la victime d’avoir honte et pas à l’agresseur.
Parce que quelque part « c’est peut être de ma faute, peut être que je l’ai cherché ? »
Voilà ce qui s’immisce dans nos têtes, voilà ce qui nous oblige à garder le silence.
Cela peut arriver n’importe quand et avec n’importe qui.
Même avec un garçon ordinaire, gentil et rigolo.
Car aussi ordinaire, gentil et rigolo soit-il, ça reste un garçon élevé dans un monde fait pour les garçons.
Jusqu’à maintenant.
Mon bourreau
A toutes celles qui ont étaient sous l'emprise d'un de leur ancien petit ami, pour leur montrer qu'elles ne sont pas seules. Et à tout ceux qui veulent comprendre comment on peut rester avec de tel monstre, malgré ce qu'il nous font.
Par où commencer. Pour ma part j'avais déjà pas mal d'élément compliqué dans ma vie, dans ma famille, et je pense que cela a permis d'aménager le terrain pour être sa proie. Mal dans ma peau, dans mon esprit. Il est arrivé, j'avais ("enfin") quelqu'un qui s'intéresser à moi.
Au début, il était tout gentil. Un petit ami sympa, qui semble marrant, qui SEMBLE compréhensif et gentil. Bien sur je m'attache, il en profite et petit à petit commence a me briser. Alors, pourquoi rester ?
Comment expliquer à des personnes qui n'ont jamais vécu cela, comment leur expliquer à quel point ce genre de mec est capable de nous manipuler, de nous retourner le cerveau. Comment expliquer à des gens, comment leur faire comprendre qu'il est possible de rester dans une telle relation destructrice.
Tu es gentille, trop bonne trop conne, en soit ce n'est pas un défaut d'être gentille, mais quand tu es la proie de ce genre de pervers narcissique là cela devient problématique... Quand il te dit, d'abord gentiment, d'abord doucement "fais ça pour moi", même si tu dis non, il renchérira. D'abord doucement, bien sûr. Il fait en sorte que tu t'attaches à cette relation (et puis pour ma part j'étais déjà déboussolée avant de le rencontrer donc la tache était facile pour lui). Petit à petit il te fais du chantage. (Oui, je dis "tu", comme si ça ne m'étais pas arrivée, car j'ai parfois du mal a l'accepter).
Les rapports non consenties se multiplient, il insiste, s'énerve, tu pleures, il te fais culpabiliser. C'est toi le problème, pas lui, bien évidemment. Lui est gentil, et il te dis même que tu as de la chance de l'avoir. Bien sûr, personne d'autre que lui ne voudra de toi. Tu n'es plus rien sans lui, et quand il en arrive à ce stade ; le chantage, la colère, la méchanceté l'habite.
La manipulation est chose aisée pour ceux qui save bien la pratiquer. Il te fais des choses que tu ne veux pas, tu pleures et il ne s'arrête pas. Puis il te force même a faire des choses qui te dégoutes.
Comment vous expliquer. Cela remonte à il y plusieurs années. Il y a des jours où je ressens tellement de haine en moi, tellement de rancoeur et de dégout au plus profond de moi. Tellement de colère qui ne part pas. Comment vivre avec ça. Comment vivre avec toutes ces images, ces douloureux souvenirs.
Car oui, il est possible de partir. De se sortir de ce genre de relation. Mais comment vivre après ? Je conseil à tout ceux qui n'ont pas vécu cela, de ne pas porter de jugement hâtif. Certes, j'étais sa petite amie. Mais c'était mon bourreau. Et un bourreau qui a su parfaitement me retourner le cerveau, de sorte que je ne parle de ça à PERSONNE. De sorte que j'ai la sensation qu'il est normal et que je suis bizarre, que c'était moi le problème.
A celles qui ont vécu ça, mon meilleur conseil ? Allez en parler. Un psy, un ami. Même votre nouvel petit ami. Mais surtout, si vous vous remettez avec quelqu'un : quittez le dès le premier geste d'irrespect. Sauvez vous.
Comment vous expliquer que j'ai encore envie de pleurer, plus de 6 ans après...
Je connais mon violeur et j'ai decide d'agir
Je connais plus que bien mon violeur....Car c'est mon père....Il m'a violé moi et mes deux frères, cela c'est passé entre mes 5 et 9 ans....J'ai36 ans et j'ai décidé de porter plainte l'annee dernière...et c'est en bonne voie...Mes freres eux ne peuvent plus....prescription...quel mot barbare....
De ce fait et vu le temps que j'ai mis a me decider , mon deuxieme frere a couper les ponts avec moi....
Mes freres eux, n'ont pas porter plainte car à l'époque où ils le pouvaient ma mere était encore vivante mais atteinte d'un cancer et c'était une personne très sensible....ca l'aurait detruite, elle est décédée en 2009....et c'était trop tard...Apres un travail sur moi même, un soutien total de mon compagnon et de mon frère aine j'ai porté plainte en juin 2016.et c'est en cours, j'ai reçu un courrier pour me porter partie civile du juge d'instruction.
Parfois j'ai peur, mon père depuis qu'il a été convoqué essaie de me contacter, j'ai reçu une lettre mais pas un mot d'excuses plutot des reproches...
Bref je connais mon violeur et j'espère qu'il sera puni un minimum...
J'ai mis du temps à comprendre que ce que j'avais subis n'était en aucun acceptable, ni normal. J'ai mis du temps à comprendre que j'avais été violée. J'avais 18 ans, mes parents partit en vacances, mon frère et moi organisons une petite soirée à la maison. Comme tous les ans, avec les mêmes personnes. Je suis trop saoule, je monte me coucher dans mon lit. Je me souviens être comme anesthésiée et tellement ivre que je me couche habillée entièrement. Peu de temps après, un des meilleurs amis de mon frère, que je connais depuis des années, me rejoint dans mon lit une place. Il se colle à moi, Je n'arrive pas à parler ou a bouger. Il touche ma poitrine, je parviens à me tourner difficilement et l'en empêcher. Il tente ensuite avec ses doigts de passer sous mon short, au niveau de mon entrejambe. Je me souviens lutter pour serrer les jambes le plus possible, mais je me sens faible, amoindrie par l'alcool et mon état quasi-comateux. Il parvient à glisser ses doigts. Pas longtemps mais le mal est fait. Je me recroqueville encore plus et tente de dire non. Je n'arrive pas à bouger, mais je suis consciente de tout. Après avoir tenter de pénétrer mon anus, il se retire enfin, me câline et me souhaite bonne nuit. Il redescend ensuite et continue la soirée. J'ai longtemps penséque j'avais du lui faire passer un message pour qu'il se comporte comme ça, mais je sais que non. Jamais draguer, insinuer quoi que ce soit avec lui. J'en ai parlé une fois a un connaissance en qui j'avais confiance, il a tellement minimisé les choses que je me suis sentie stupide. J'ai du mal à donner ma confiance, je ne supporte pas qu'on me touche. Mais J'ai réussis à admettre que ce n'était pas ma faute, que ce n'était pas moi le problème. J'ai pris conscience de tout ça après qu'une personne proche de moi ai subit elle même un viol. J'ai ressenti tellement de douleur et de peine pour elle, et pour moi a la fois. J'ai pu enfin mettre des mots sur cette agression. C'est un viol. Merci a vous tous et toutes qui contribué au vidage de sac, au prises de conscience et à la reconstruction des personnes victimes de viols. Courage à vous et merci de m'avoir permis de coucher tout ça pour la première fois.
Je lis les autres témoignages et je respire un peu. C'est pas souvent que je lis des histoires qui ressemblent à la mienne. Ça paraît tellement idiot et tellement peu de temps dans ma vie. Juste un soir parmi les autres.
Il y avait un garçon que je connaissais de la fac. Il était étranger, sympa. Un peu manipulateur mais bon, j'avais envie de m'amuser. J'ai d'abord couché avec lui volontairement.
Quelques jours plus tard, je le croise à la fac et pendant le cours, il n'arrête pas de me toucher la cuisse et cherche à m'exciter. Je lui dis plusieurs fois d'arrêter sans réussir. Je lui dis que je veux lui parler après les cours pour lui expliquer d'arrêter. On parle, je lui explique que je voulais pas de ça. On continue à parler et il me descend gentiment petit à petit sans que je m'en rende compte. Il me donne l'impression qu'il est fort et moi faible. Il finit par être tard et il n'a plus de bus pour rentrer. Je lui propose de dormir chez moi en disant spécifiquement que je ne voulais pas coucher avec lui. Juste dormir. J'arrive chez moi, je me mets en pyjama (pantalon long et informe -t-shirt -> je dis ça pour faire rire tous ceux qui disent que le viol a à voir avec les vêtements). On se met au lit et il me touche les seins. Je lui dis non. Il recommence. Plusieurs fois je lui dis non. Il cherche à me toucher ailleurs. Je me débas et m'assois sur le lit. En boule. Je commence à pleurer. Je me dis "merde mon coloc est pas la. Sinon je serais aller le chercher. Comment je vais m'en sortir ? C'est pas bon ça. Il n'y a pas d'issue." Il voit que je pleure, me prend dans ses bras, me parle gentiment et voilà qu'il me pénètre. Et il me lâche pas. Il a ses bras de part et d'autre de ma tête et je ne peux pas bouger. De toute façon il est beaucoup plus fort que moi. Quand c'est fini je me dégage. Je me lève. Je dormais à l'époque sur deux matelas l'un sur l'autre. Je tire l'un des matelas, je fais un deuxième lit à côté. Je mets les draps et je dors la seule pendant qu'il dort dans l'autre lit.
Cette histoire je l'ai oublié pendant quasiment 4 mois, jusqu'à ce que ça me revienne au visage. Une colère sourde inexplicable contre ce mec. Une envie de vengeance autrefois inconnue.
La deuxième partie, sur le matelas, je m'en suis souvenue quasiment 1 an après. C'est comme si c'était hier. Au début, je ne me souvienais que de m'être réveillée à côté sur un matelas par terre. Sans souvenir de pourquoi. Quand ce souvenir est revenu, j'ai cru que le gouffre qui s'est créé en moi n'allait jamais se refermer si je continuais à pleurer.
Mais ce mec la, c'est un étudiant comme les autres. Un peu chelou et manipulateur - clairement même - mais c'est un étudiant comme les autres.
Je connais un violeur.
Des réactions physiques communément associées à des manifestations de plaisir peuvent parfois survenir lors d’un rapport sexuel non consenti.
“Jouir” n’est pas le bon terme, mais des réactions du corps semblables à de l’excitation peuvent survenir, comme réflexe de survie.
Je pensais que me taire était la solution
Ce texte est une retranscription en français d'un texte que j'ai écrit pour moi même il y'a à peine une semaine en anglais. Tous les évènements, sentiments et pensées retranscrits sont réels.
Pourquoi je n'ai jamais parlé et je ne parlerais jamais
Une nuit, la veille de la St-Valentin, j'étais allongée dans mon lit, regardant le plafond de ma chambre et pensant à tout un tas de chose. Alors que je me préparais à aller me coucher, une pensée m'a frappée. C'était tellement soudain et inattendu, aussi violent qu'un coup de poing dans l'estomac, qu'une claque sur la joue. Et d'un coup, je me suis souvenue.
C'était il y'a plus d'un an, à l'époque j'étais en première, encore une petite fille, j'avais à peine 16 ans. J'étais partie pour un week-end avec des amis que je connaissais depuis toujours. Nous devions campé avec d'autres jeunes pour une nuit. J'étais la plus jeune de notre groupe, mais certainement pas la plus timide ou la plus réservée. Nous étions 5 : 2 filles et 3 garçons, et nous nous connaissions depuis de longues années, nous avions déjà vécu tellement de choses ensemble, lors de week-end semblables. Ce soir là j'avais du mal à m'endormir à cause du bruit que faisaient les autres dans les tentes autour de la notre, j'en profitais pour donc simplement discuté avec l'un de mes amis qui ne dormait pas encore non plus. Puis nous nous sommes endormis à notre tour, pour ma part d'un sommeil agité. A un moment dans la nuit, mon cerveau à commencer à s'éveiller. je ne comprenais pas vraiment ce qu'il se passait mais je sentais que quelque chose n'allait pas donc j'ai gardé les yeux fermés et ma respiration lente. Et d'un coup je l'ai sentie à nouveau, cette sensation qui m'avait réveillée. Quelqu'un avait ses lèvres sur les miennes. J'essayais de m'éloigner doucement mais deux mains m'ont attrapé le visage et m'empêchaient de m'éloigner. Ces lèvres s'écrasèrent à nouveau contre les miennes quand soudainement une des deux mains m'a lâché pour agripper mon sein par dessus mon tee-shirt. J'ai alors commencé à paniquer. Je ne savais pas quoi faire, je ne pouvais plus bouger mon corps, j'étais comme figée. Je ne pouvais plus bouger mon bras gauche ni mes jambes, ils étaient écrasés par un corps. La main à lâché ma poitrine et est descendue jusqu'à atteindre le bord de mon tee-shirt. Là, elle a commencée à remonter vers ma poitrine. J'essayais de bouger mon bras droit pour bloquer sa remontée. Avec un corps écrasant le mien, une main me maintenant la tête et des lèvres se pressant contre les miennes, j'ai soudainement sentie la deuxième main ouvrir mon pull et passer par le col de mon tee-shirt pour attraper mon sein droit. A partir de là, je ne saurais dire combien de temps ceci à continuer ainsi, juste que j'étais tétanisée et qu'à un moment cela c'est arrêté. Je me suis retrouvée seule dans le noir, paralysée par la peur et le fait de savoir qui m'avais fait ça.
Cette veille de St-Valentin où tout m'est revenu, c'était la première fois en plus d'un an que je me suis souvenue de ces événements. Certain diront que s'il m'a fallu tant de temps pour m'en souvenir c'est que ça n'étais pas si grave. A tous ceux là, j'aimerais leur répondre que c'est parce que j'ai été traumatisée d'une certaine façon que mon cerveau et ma mémoire ont si bien caché ce souvenir.
Après avoir écrit ce texte, que je concluais en disant que je ne pourrais jamais en parler à personne puisque je ne pouvais pas le dire sans révéler à mon entourage qui il était et que tout le monde autour de moi le connaissais. Nous étions dans le même lycée , je discutais souvent avec sa mère, il connaissait ma famille, je gardais sa petite soeur de temps en temps, il connaissait mes amis, j'allais au lycée avec sa petite amie. Tout le monde, moi la première, lui trouvait bien sûr quelques défauts mais il était gentil, loyal, serviable, poli, etc.
Puis un soir je me suis aperçue de mon erreur. Je devais parler. Garder le silence, c'était consentir au mal qui m'avait été fait. Après tout, ne dit-on pas "qui ne dit mot consent" ? Je ne voulais pas consentir, je ne voulais plus être complice de cette abomination, je voulais parler, pour moi et pour les autres.
En effet après m'être souvenue de ces évènements je suis tombée dans une sorte de dépression. Le genre discret, que personne ne remarque car tout semble bien aller, même vous il vous arrive de l'oublier. Et puis durant chaque silence, chaque pause, chaque instant de joie, elle arrive, comme par derrière et vous prend à la gorge. Je pouvais rester deux heures, assise seule au milieu de ma chambre à simplement fixer le vide en ressassant des pensées à ce sujet. Cette semaine où je m'en suis suivie, j'avais des examens tous les jours. Je l'ai ai tous ratés, l'un après l'autre, parce que je ne dormais pas assez, je ne trouvais plus l'énergie de réviser et une fois devant ma feuille cette dépression revenait. Un soir j'étais sous la douche et j'étais tellement déstabilisée que je me suis mise à ne plus pouvoir respirer. je me suis retrouvée seule sous ma douche, assise au sol, les joues baignées de larmes et la respiration laborieuse. Ce jour là j'ai réalisé que je ne pouvais pas continuer ainsi, je devais faire quelque chose, parler.
Parler pour évacuer le problème de moi, parler pour avoir des gens sur qui m'appuyer, parler pour avoir une chance de me reconstruire, parler pour empêcher que cela ne recommence.
Blue, 17 ans, terminale
La semaine dernière, une de mes meilleures potes s'est faite tabassée & violée. Je venais juste de sortir de mon lieu de travail où on avait organisé un concert ce soir là lorsque, un peu avant 5h du mat', je reçois son appel ; elle venait de s'échapper des griffes de ce malade. La ville n'est pas bien grande et je la retrouve en moins de dix minutes, en état de choc. la gueule tuméfiée elle me balance tout ce dont elle se souvient. Sortie de bar éméchée, abordée par un type qui prétend pouvoir lui vendre du shit, attirée dans un coin tranquille, classique. Et ce moment semblant interminable ponctué de ses menaces. Elle ne réalise pas vraiment, n'a pas l'air de souffrir et pourtant les traces sont édifiantes : collants déchirés, short arraché, t-shirt et cheveux rhabillés de feuilles mortes... A l'écoute de son récit je fond en larme, elle me demande pourquoi. Je lui dis avoir mal pour elle en même temps que pour moi. Alors elle s'excuse de me rappeler de mauvais souvenirs, mais si seulement je les avais...
Je ne sais pas ce qui est le pire : avoir le souvenir de son viol ou non.
Mon expérience est totalement différente de la sienne et pourtant j'ai le sentiment de comprendre son bouleversement. C'était il y a 3 ans et demi maintenant, à l'époque je travaillais dans un bar restaurant pour payer mon loyer/mes études. Ce n'était pas la meilleure période de ma vie déjà, une rentrée stressante, pas mal de difficultés financières et une relation qui bat de l'aile avec mon mec. Un soir après le service je reste au bar avec mon patron boire un verre pour me détendre. On se retrouve ainsi à trinquer avec le patron du bar d'à côté. Un verre, deux verres, trois verres... On connait la chanson. Mon dernier souvenir est d'être au comptoir d'un des bars de nuits de la ville. Je ne me rappelle pas être plus saoûle que d'autre fois, et j'avais d'hors et déjà l'intention de rentrer chez moi.
Et puis plus rien. Ou presque. Un souvenir flou de sa queue qui essaye de me pénétrer alors je le supplie de me laisser tranquille. Impossible de bouger, de me débattre, je suis comme enfermée dans mon propre corps. Et puis le vomi sur son tapis. Je ne sais pas jusqu'où il est allait, ce qu'il m'a fait. Je me dis que mon corps s'est défendu de cette manière, comme un rejet de cet instant de supplice. J'ose espérer que cela l'ait dégouté de continuer.
Je me réveille en sursaut en sueur, dans le canapé d'un salon qui m'est inconnu. Tout autour de moi des jouets d'enfants... J'ai une migraine affreuse, et du mal à recouvrir mes esprits. Et là je constate : je n'ai plus de petite culotte sous ma jupe, à la place j'y trouve des bleus sur mes jambes. je commence à paniquer lorsqu'il apparut en sortant de sa chambre. Il ne prête pas vraiment attention à mon malaise jusqu'à ce que je lui pause des questions. Là il me raconte sa "version": trop saoûle je ne tenais plus droite, il a alors décidé de me ramener chez lui. Les bleus c'est parce que je me pétais la gueule partout. Pour l'acte il me certifie qu'il ne s'est "rien passé", que ça n'est pas allé plus loin que mon souvenir.
Je n'arrive pas à y croire, je commence à sangloter. Il me fait dégager gentillement de son appartement, descend au tabac du coin où il m'offre une clope en guise de consolation. Une putain de malback que je fume entre mes larmes. Et il me laisse planter là parce qu'il a du travail. Je rentre alors chez moi, toute honteuse. Je m'enferme dans ma chambre pour esquiver mes colocs qui ne manqueront pas de me questionner sur ma nuit. Incapable d'en parler, je leurs dirai alors que j'ai fini ma nuit d'ivresse chez une amie.
Le soir même je ne travaille pas, et pourtant je sors dans les rues. Je ne bois pas mais j'ère dans la ville jusqu'au moment où j'arrive devant le fameux bar que tient ce type. Je reste planter là à regarder l'activité de l'autre côté du trottoir. J'ai un goût amer en matant l'enseigne de l'établissement dont l'initiale est un A rose évocateur d'un rapport en levrette. Mais à ce moment là pour moi tout est de ma faute. J'irai même lui demander de rien répéter quelques jours après m'être excuser en lui donnant du savon noir pour laver son tapis...
J'entre alors dans une phase de déni. Je reprend ma vie comme si de rien n'étais, de toute façon personne n'est au courant. Les nuits suivantes je dors très mal, agitée par mes idées refoulées. Il ne m'attirait pas du tout, comment ai-je pu me retrouver dans son lit alors que je n'y ai jamais songé une seule seconde? L'aurai je aguichée en étant saoûle alors que je ne fais jamais cela? Aussi je l'avoue, j'ai pris de nombreuses cuites depuis mon adolescence mais je n'ai pourtant jamais fait de black out de la sorte auparavant, ni même de réveil aussi pénible. GHB? Ainsi je me questionne beaucoup sur ce qu'il m'est arrivée sans arriver à poser le mot "viol". Je ravale alors ma souffrance. Quelques jours après je vois mon mec. Déjà que ça n'allait pas fort entre nous, à ce moment là je n'arrive pas à avoir un seul contact avec lui. A la fin du week end on se sépare définitivement. Il ne saura rien de tout cela, moi j'apprend plus tard qu'il me trompait depuis longtemps.
Ce type là me paraissait sympathique, d'ailleurs il semble l'être pour tout le monde car il est le patron d'un des bars les plus fréquentés de la ville. A un moment je songe à aller voir les flics mais je perçois cette démarche comme courue d'avance. Concrètement je n'ai aucune preuve, c'est ma parole contre la sienne, un pot de terre contre un pot de fer. Alors j'oublie, du moins j'essaye.
Chasser le bordel et il revient au galop. Quelques temps après je fini par retisser une relation avec un homme et face aux difficultés sexuelles rencontrées je lui confie ma situation. Aujourd'hui je ne suis plus avec cet homme là mais on reste bons amis et je lui serais éternellement reconnaissante de m'avoir redonner du courage et de la confiance en moi à ce moment là.
Presque un an après, je bosse toujours dans le même resto. Je suis alors amenée à croiser ce type régulièrement. Au début on fait comme si de rien n'était, jusqu'à ce que je commence à réaliser : ce qu'il a fait, c'est grave. Quand bien même il a voulu minimiser l'acte cela reste une agression réelle. Je ne lui dis plus bonjour, en lui signifiant qu'il n'a pas à m'approcher. Un jour mon patron me lance " **** m'a dit que vous aviez couchez ensemble? petite cachotière" Je n'en crois pas mes oreilles. Ce fils de chien est réellement allé jusqu'à se vanter de m'avoir violé? Je révèle aussitôt à mon patron ce qu'il en est réellement. Bien sûr il ne me crois pas, il me dit qu'il lui en parlera. Je le sais il s'en fout, il préfère garder de bonnes relations entre patrons.
C'est après presque 2 ans que j'arrive enfin à en parler à quelques personnes se comptant sur les doigts d'une main. Cela les révolte, et on songe à comment le stopper voir lui faire payer sans grand succès. Depuis la semaine dernière, mes sentiments se ravivent. En emmenant ma pote à l'hôpital puis chez les flics, c'est tout un circuit que je me suis imaginée faire à l'époque sans en trouver la force. L'enquête est ouverte et pour une fois, les flics donnent l'impression de faire leurs travail très consciencieusement. Je ferai tout pour épauler ma pote. Aussi pénible soit cette situation, pouvoir en parler et réaliser toutes ces démarches l'aidera surement à s'exorciser. J'espère aussi que le coupable sera retrouvé, c'est con à dire mais pour moi ça sera une forme de vengeance sur la vie.
On pense que cela n'arrive qu'aux autres, et d'un coup on se retrouve dans un putain de fait divers. Avant on prétend que si cela nous arrive un jour on le dénoncera illico. Après on se sent fautive, on a honte et on fuit. J'ai compris ce piège et je regrette d'être tombée dedans. Je regrette aussi amèrement d'avoir passer cet épisode sous silence, quand je songe que ce type a une gamine en bas âge, qu'il tient toujours son bar où il oblige ses serveuses à porter des tenues vestimentaires très vulgaires, et surtout quand je finis par rencontrer une autre jeune femme victime de la même personne, de la même manière... Combien sommes-nous réellement?
Je connais mon violeur et je ne suis pas la seule.
Mon violeur presque impuni
Hello,
Je suis vraiment très en colère car depuis que le viol est arrivé, je n'ai plus aucun espoir. J'ai été violée en mai 2018 en Espagne par un agent général d'assurances du premier groupe d'assurances mondial et qui a un grand réseau à Perpignan. Quand je suis rentrée en France, je suis allée porter plainte. Le flic a été odieux avec moi pendant la confrontation et a pris le parti du violeur même si celui-ci reconnaissait les faits en les édulcorant à la sauce d'un jeu "pervers". Il a reconnu que j'ai dit non et il a reconnu la contrainte mais malgré cela, le flic ne m'a pas cru car, selon lui, je ne me suis pas enfuie dans la nuit dans un pays étranger, au coeur d'une station balnéaire vide et éclatée, à pieds, sans couverture téléphonique... Ou pouvais-je aller? Je suis donc restée et cela s'est facilement retourné contre moi. C'était du pain béni pour ce flic qui a été odieux, m'a crié dessus, m'a presque insulté et m'a fait une remarque raciste hors de propos. Il avait arrêté la caméra et a pu s'en donner a coeur joie. Il a été très gentil avec le violeur comme si celui-ci était la victime et moi la coupable. Le violeur est sorti et n'a eu aucune poursuite. J'étais encore plus sidérée. Le flic a conduit les débats à charge contre moi ce qui revient à dire que j'étais coupable de mentir. Cela me choque et m’indigne et je dois donc en conclure que c’est un permis de violer en toute impunité qu'il lui a décerné. J'ai prévenu le procureur et j'ai fait un signalement à l'IGPN qui l'a couvert. J'attends depuis que le procureur qualifie l'affaire mais je n'ai guère d'espoir vu que ce policier "a toute la confiance des magistrats" dixit l'IGPN. J'ai tenté de dialoguer via sms avec le violeur pour comprendre ses raisons et il a fini par me répondre. D'après ses réponses, je sais qu'il ne sera pas inquiété car il s'est moqué de moi et m'a écrit que les faits étaient contre moi et que la procureur l'avait laissé sortir sans aucune charge contre lui. Je suis écoeurée. C'est un signal fort : porter plainte pour viol conjugal est un non-sens dans un pays où la culture du viol, les stéréotypes, les clichés racistes et le laxisme vis-à-vis des violeurs sont aussi grands. Le vrai problème c’est que personne dans cette affaire n’a pris en considération mon non consentement et l'horreur d'être forcée à un acte dégradant. Si le fait d’être restée parce que je n’avais pas d’autre solution semble incohérent alors, je n’aurais jamais du aller déposer plainte. C’est une démarche très difficile et ce qui me parait fondamental et très inquiétant, c’est que l’on inverse les rôles. Le violeur devient victime et la victime devient coupable de fausses accusations et personne ne dit rien. Cela a impacté toute ma vie et je revis chaque jour ce qu’il m’est arrivé en boucle. Je comprends davantage les chiffres alarmants sur ce problème majeur que représentent les viols et qui sont malheureusement en augmentation car les victimes sont trop souvent stigmatisées et traitées de menteuses. J'ai été violée et je dois accepter qu'un flic raciste et sexiste décide que ce n'était pas le cas. Pourtant c’était un viol conjugal mais perçu comme un rapport normal pour un policier "très bien noté par hiérarchie" dont le « ressenti » fait preuve de loi. En conséquence, je ne crois pas que cet ignoble violeur comédien-né soit poursuivi dés lors où le policier est sorti de sa neutralité et m'a encore plus détruite. L'aspect positif c'est que j’aurais contribué, avec courage et détermination, à signaler un crime et si il recommence, il y aura toujours la plainte que j'ai déposé même si celle-ci sera certainement classée sans suite. Soit il recommencera car il a adoré cela et sa victime n'osera pas déposer plainte, soit il tombera sur une personne comme moi qui ne se laissera pas faire et déposera plainte. Au pire, elle sera traitée comme moi où si elle a un profil différent, elle aura plus de chance et sera reconnue comme victime ce dont on m'a privé depuis plus de 2 mois et il semblerait que cela ne soit jamais admis parce que je ne suis pas la "bonne victime" selon des critères subjectifs et honteux.
Naelle
Un "ami" qui prétendait m'aimer
J'étais encore étudiante à la fac pour devenir dentiste. J'avais un bon ami dans ma promo avec lequel je passais de bons moments, je le trouvais drôle et intelligent. Il n'y avait aucune ambiguité entre nous. Il était aussi très croyant. Il disait souvent qu'il tentait de vivre de la manière la plus admirable possible parce que Dieu le regardait. Il disait vouloir rendre Dieu fier et que cela le guidait et l'aidait à faire le "bien" au quotidien. Il ne fumait pas et ne buvait pas une goutte d'alcool. Un jour, pour la première fois, nous nous sommes vus en dehors de l'enceinte de la fac pour passer un moment entre amis. Comme il vivait encore chez ses parents, nous avons convenus de boire un thé et de discuter chez moi dans mon petit appartement d'étudiante. Petit à petit, il a tenté une approche. J'étais déstabilisée parce que je l'appréciais vraiment, en tant qu'ami, et je ne m'attendais pas à ce qu'il essaye de m'embrasser et de me toucher. Je ne l'ai pas repoussé franchement, mais j'étais visiblement tendue et je riais nerveusement en m'éloignant de lui par moment. Certains parleraient de "zone grise". La nuit étant tombée et comme il n'habitait pas la porte à côté il m'a demandé si je pouvais l'héberger. J'ai dit oui, sans me méfier. Je me suis endormie, insouciante. À 5h du matin, je me réveille en sursaut. Il était en train de me violer dans mon sommeil. Plus tard il s'est justifié en disant qu'il ne savait pas ce qui lui avait pris et qu'il avait des sentiments pour moi. Il a continué à abuser de moi régulièrement (parfois même à la clinique dentaire où nous étions étudiants), en me manipulant, en me prenant par les sentiments. Un jour il m'a laissé dans ma boîte aux lettre, comme une plaisanterie, un livre pour enfants intitulé : "Non". Comme pour me rendre responsable de n'avoir pas prononcé ce mot assez fermement pour empêcher qu'il n'abuse de moi à multiples reprises. Ce jeune dentiste qui prétendait m'aimer et vouloir faire le bien est tellement apprécié par ses confrères et consoeurs que la majorité d'entre eux n'a pas voulu croire qu'il était un violeur. On m'a accusé d'être une menteuse ou de l'avoir provoqué en l'invitant chez moi. Il est peut-être votre sympathique dentiste, et vous ne le saurez jamais...
J'étais sur Tinder dans le but de me faire de nouveaux et nouvelles ami·e·s. Après avoir matché un garçon et avoir discuté un peu par messages, nous avons décidé de nous rencontrer. Ce n'était pas un "date", ni un rendez-vous galant. Simplement boire un chocolat dans un bistrot une après-midi pour apprendre à se connaître, sans attentes particulières. Le feeling passe bien. A ce moment, je me dis que c'est peut-être le début d'une chouette amitié. Nous quittons le bistrot et nous baladons un peu dans la ville en discutant. Comme le temps passe vite et que les sujets de conversation ne s'épuisent pas je lui propose d'aller prendre un thé chez moi pour continuer la discussion à l'intérieur. À peine entrés dans l'appartement, il s'approche de moi et m'embrasse. Je reste figée. J'étais surprise, choquée. Je ne m'y attendais absolument pas. Il me demande s'il me plaît. Je lui réponds que ce n'est pas la question, que ce n'est pas ça que je recherchais, que ce n'était pas ce que j'attendais de cette rencontre. À compté de cet instant, il a pris la chose comme un défi personnel. Il m'a manipulée, persuadée, essayé de me convaincre par tous les moyens (psychologiques et physiques) afin d'obtenir de moi ce qu'il voulait. Du sexe. Après une lutte intense, épuisée, j'ai fini par abdiquer. Je l'ai laissé finir son affaire parce qu'il n'en démordait pas et que j'avais épuisé toutes mes forces. Il m'a violé, assez brutalement. Je n'existais pas, j'étais juste un déversoir. Il me cognait par mégarde pendant qu'il me violait. Une fois qu'il a eu fini, je lui ai demandé : "Pourquoi n'es-tu pas capable d'accepter qu'on te dise non ?". Il a répondu en souriant : "Parce que j'aime les challenges. Rien ne me donne plus envie que lorsqu'on me dit non".
_ Elle était ivre ! A quoi est-ce qu’elle s’attendait ?
_ A une gueule de bois. Elle s’attendait à une gueule de bois.
Boire n’est pas un crime. Le viol, si.
Arrêtons d’accuser les victimes.