Vendredi 30 octobre 2020.
Gris et humide. Tout seul dans mon bureau et dans cette partie de l'immeuble. Plus de patrouille. Car il y a une patrouille (infirmière + agents de sécurité) qui passe à heure fixe pour voir si on porte bien nos masques.
"Arrêtez de me poser des questions millimétrées, les gars ! "
Les cafés et les librairies fermées. Comme dit T : tout ce qui permet aux gens de se rassembler et d'échanger.
Magasins dévalisés avant et pendant le confinement.
Un gars barbu poilu du cou beau gosse genre marin, les bâtiments des travaux du nouveau métro une jeune femme avec un tour de cou énorme. Puis sur une autre page ce que je vois par la fenêtre du train, des isolateurs en verre, des fenêtres, une plante qui pousse le long d'une gouttière et soudain la paroi du mur s'illumine, un rayon de soleil perce les nuages et la grisaille. On voit mieux quand on dessine. Les rythmes des trous des volets, la plante de la gouttière, les néons, la faïence. Et on disparait. Non. On est là.
R qui parle à flots. Parfois des séquences qui font sens mais la plupart du temps c'est incompréhensible. "Ah ça y est, il drague sa mère" et sa mère : "il m'a pris 10 000, enfin cent euros." moi : "vous parlez en anciens euros ?!"
Émission sur l'ORTF. Frappé par l'affrontement producteurs de gauche/pouvoir gaullien. Et par la façon dont la télé a façonné les gens. Les tenues en couleurs, les chanteurs, les émissions qui ne servent que de support à la promotion de la nouvelle technologie (la TV couleur) qui sert à la promotion des émissions. Ad libitum.
La barbe de Michel Polac, la folie douce de Jacques Martin (Edouard Baer lui doit beaucoup).
Pas grand monde sur la route et dans les transports. C'est presque comme en aout.
Ma barbe pousse et j'aime bien. Pas de coiffeur avant un mois.
Fin de ce carnet au stylo bic.










