Manzini Ezio, Artefacts, vers une nouvelle écologie de l’environnement artificiel, éd. Les essais Centre Georges Pompidou, Paris, 1990.
Manzini Ezio, Artefacts, vers une nouvelle écologie de l’environnement artificiel, éd. Les essais Centre Georges Pompidou, Paris, 1990.
Résumé : "Le monde où nous vivons n'a jamais été plus contradictoire. Les objets perdent leur matérialité, mais nous sommes envahis de déchets. L'information est partout, mais prolifère au point de ne produire que du bruit. Les techniques et les connaissances se multiplient, mais l'environnement artificiel qui en résulte ressemble à une seconde nature dont les lois nous paraissent mystérieuses." Ezio Manzini plaide pour une culture où les artefacts", au sens premier de "fait avec art", exprimeraient la créativité et la sagesse de l'homme".
- p. 16 : « La question fondamentale, en cette phase de maturité du système industriel, ne porte pas seulement, en effet, sur le passage ’’du produit au service’’, comme on l’entend dire partout, mais aussi, et surtout, sur celui d’une culture et d’une pratique envisagées dans un monde qu’on croyait illimité à une culture et une pratique qui doivent désormais tenir compte des limites du système et des difficultés accrues qui en résultent. »
> CF : Victore Papaneck et les enjeux de la prise de conscience des problématiques environnementales chez le designer. Comment moins produire mais mieux.
- p. 48 : «Pourquoi les produits des cultures anciennes nous semblent-ils l’expression d’une intention cohérente, le reflet d’une harmonie entre les hommes qui les ont conçus, alors que les produits actuels, même au sein d’une société de communication, paraissent incapables de dialoguer entre eux? Pourquoi, en fin de compte, sommes-nous en train de produire un environnement cacophonique et laid? Tout produit bien conçu de l’activité humaine pourrait être considéré comme un concentré de l’énergie, de l’intelligence et de la sensibilité qui se sont investies en lui. {…} Du palais le plus prestigieux au village le plus humble, l’image que nous nous fabriquons à partir de ce que l’histoire nous transmet est celle d’une qualité cohérente, l’expression de la valeur du travail humain. »
> Selon l’auteur, aujourd’hui la qualité des artefacs passe après la quantité. Il critique les effets de la surproduction mécanisée.
- p. 71 : «Autre terrain fondamental où l’accélération du temps modifie considérablement notre relation aux artefacts : celui qui résulte de la réduction des temps de production et de consommation, qui tendent vers le zéro. Qu’on pense au rasoir jetable. »
> Pour cet objet c’est plus le service qui importe que l’objet, contrairement à un rasoir fait en métal pour duré dans le temps. Les objets ont tendance à être de plus en plus jetable pour des raisons de facilité d’usage. Mais aujourd’hui, il est évident de remettre en cause cette facilité au détriment de l’environnement et tendre vers une consommation de produits plus durable dans le temps.
- p. 80 : «Concevoir et produire : le sens du ‘’faire’’ ».
« L’un des points de départ possibles pour s’engager sur la voie d’un rapport positif entre l’homme et son environnement consisterait à se demander quelle signification peut avoir aujourd’hui le terme ‘’faire’’ : que signifie aujourd’hui concevoir et produire? Pourquoi et pour qui conçoit-on et produit-on? {…} l’homme conçoit et produit car c’est dans sa nature. {…} L’homme possède en effet une autre caractéristique : celle de construire un système de significations à l’intérieur duquel il situe sa propre existence - et donc aussi son’’faire’’. » {…} « Telle qu’elle a été formulée (par l’auteur), la culture occidentale moderne du ‘’faire’’ ne peut plus se poursuivre. Et ceci pour une raison pratique : parce que son ‘’faire pour dominer la nature’’ est entré dans une impasse face à l’évidence que la nature peut être manipulée localement, mais pas dominée globalement. Et cela, pour une raison éthique : la notion habituelle et, au fond, élémentaire, de ‘’faire pour des lendemains meilleurs’’ n’arrive plus à fournir de réponses satisfaisants. En effet, la force éthique de l’industrie moderne a été l’idée d’une démocratie de la consommation» {…} « Aujourd’hui, les problèmes de quantité ont été balayés par les problèmes de qualité.
> La production artisanale permet de valoriser la qualité des produits mais ne permet pas une grande quantité de production. Un objet fait main peut-il prendre plus de valeur qu’un produit industriel standardisé? (un attachement ampathique plus durable entre l’objet artisanal et l’utilisateur.)
L’expenssion de la consommation à pour conséquence négatives « les déséquilibres sociaux » et « le prix à payer pour l’environnement »; et pour conséquence positive les « progrès ».
- p. 82 : « Par ailleurs, la culture occidentale moderne du ‘’faire’’ ne peut pas, non plus, mourir. Les transformations qu’elle a engendrées au niveau planétaire sont telles que, en bien ou en mal, elle est désormais un élément irremplaçable pour le fonctionnement du macrosystème technique sur lequel s’appuie l’existence de toute humanité.
- p. 84 : « L’industrie dans sa maturité. »
« En un peu plus de deux siècles, un monde paysan et artisanal est passé sous la coupe de la métropole industrielle. »
« La culture industrielle classique croyait à un monde aussi simplifié et transparent qu’une chaîne de montage. Ce qui se présente à nous est au contraire un monde complexe où la haute technologie peut se combiner de mille et une façons avec des technologies avancées comme avec l’artisanat le plus traditionnel, où des savoirs d’antan peuvent être reconvertis et utilisés dans les domaines les plus nouveaux. Bref, un monde où, au lieu de l’homogénéisation attendue des modèles culturels et productifs en une unique rationalité dominante, on redécouvre les différences. Si le monde est en train de devenir un’’grand village planétaire’’, ce village parle plusieurs langues et cultive les traditions les plus diverses.»
> Pour illustrer, le couplage du travail manuel et de l’outils numérique dans un processus de fabrication.
> La globalisation permet de facilité la circulation planétaire des personnes, des marchandises et de l’information, mais elle à tendance à uniformiser la création. Il me semble nécessaire qu’au niveau local, les territoire cultives leur traditions : ce qui fait leur spécificité.
- p. 88 : « Il est évident qu’une mutation structurelle et culturelle s’impose. Pendant deux siècles, la production industrielle a essentiellement répondu à des besoins élémentaires qu’il fallait satisfaire à grande échelle. Le problème était donc de transformer la matière au moindre coût, et de mettre sur le marché le produit de cette transformation avec l’assurance qu’un bon rapport qualité/prix attirerait l’attention sur le produit et susciterait l’intérêt des consommateurs. Aujourd’hui, dans les pays à capitalisme avancé, la production a déjà pratiquement saturé le marché des besoins dits ‘’primaires’’. La compétition porte maintenant sur les produits de remplacement, et il faut convaincre un client qui n’est plus poussé par la nécessité. Les marchandises visent un public socialement et culturellement ciblé, mais dont les goûts changent avec le temps. »
« introduire un nouveau produit sur le marché signifie aujourd’hui fabriquer et proposer en même temps nos seulement un signifiant (l’objet en tant que tel), mais aussi son signifié (la place qu’il peut occuper dans l’imaginaire social).
> Selon moi, les objets « fait-main » détiennent en eux un signifié induit par le savoir-faire de l’artisan, par le matériau mis en forme par l’homme : une certaine vérité , authenticité et transparence de l’objet .
+ La culture du projet = est une « interprétation de la société », "elle exprime le point de vue du consommateur à l’intérieur du processus de conception et de réalisation des produits ».
Cette activité de recherche permet de se poser de nouvelles questions.
« les aspects nouveaux du système technico-industriel focalisent l’attention sur les valeurs sémantiques et culturelles, sur les langages, sur l’immatérialité de la forme des relations dans le temps, l’apparition évidente des limites de l’environnement exige qu’on prête plus d’attention aux substrats matériels qui véhiculent cette information, à leur situation physique dans l’environnement et à l’impact qu’ils peuvent avoir sur celui-ci. » (p 96)
Q’en est-il de l’ »image sincère » des matériaux lorsqu’ils peuvent présenter sincèrement n’importe quelle image d’eux-mêmes? Et du rapport entre forme et fonction lorsque la fonction est remplie par des composants dénués de forme perceptible au fait de la miniaturisation? »
« que signifie concevoir un objet totalement dématérialisé, c’est-à-dire concevoir une pure performance? Quelles qualités attribuer à un objet qui interagit avec son utilisateur sous forme de dialogue? Comment intervenir sur des qualité sensorielles comme le toucher, l’odorat, la sensibilité thermique - qualités qui n’ont pas de passé, pas d’histoire propre dans le cadre du projet? » (p 96)
> La culture du projet « arrive aujourd’hui à une sorte d’impasse : la tendance à un formalisme sans épaisseur, la multiplication sans raison des formes et des fonctions, la perte des références éthiques du « faire ».
> Apparait alors les questions suivantes :
- « sens du terme « qualité », est la recherche de qualité profondes liées à des exigences et des structures culturelles mieux enracinées.» (p98)
-« la recherche de la « domestication » des technologies nouvelles, autrement dit une réflexion sur la qualité de l’innovation technique qui investit notre environnement quotidien. »
- « recherche sur le vécu sensoriel de l’environnement, les références culturelles et les instruments grâce auxquels on arrive à concevoir ces qualités immatérielles ».
> comment « construire des « îlots de sens » à partir desquels se feraient les choix en matière de projet et de production ». « écologie de l’artificiel et choix de projet » (p99) :
« Nous avons l’impression que notre rapport avec les choses se « dématérialise » tandis que la masse des déchets ne cesse d’augmenter. »
« la seule hypothèse de travail plausible est donc celle d’une foie qui, à partir du point où nous sommes, nous conduise à un monde doté de plus de qualités. Des qualités cohérentes avec ce que notre culture est capable d’apprécier, avec ce que la technique est capable d’offrir et ce que la Planète est capable de supporter.
« Des qualités nouvelles » (p117) « Aujourd’hui, il s’agit de concevoir et de produire de nouvelle qualités en ayant affaire à une autre nature qui montre ses limites et révèle la fragilité de l’équilibre dont dépendent les conditions d’existence de l’humanité et de la planète telles que nous les connaissons. Plutôt que de respect de la nature, nous devrions parler de respect envers nous-mêmes et envers ce à quoi nous sommes attachés. »
(p119) « c’est la capacité de produire des critères de qualité adaptés à la réalité des individus nouveaux et de leur nouvel environnement artificiel que pourra naître une nouvelle culture du projet et du produit. Une culture capable de réaliser des artéfacts qui soient, comme autrefois, « faits avec art »; autrement dit, des produits nés du souci du détail, de l’amour pour la vie des choses dans leur relation avec celle des hommes et avec l’environnement - des produits qui seraient des expressions subtiles et profondes de l’intelligence, de la créativité et de la sagesse humaine. »
« Le terrain de la qualité » (page 119) :
> problème de « la quantité des produits, avec leur transformation toujours plus rapide en déchets et leur rapport avec les limites du milieu naturel. »
« Il s’agit de développer une nouvelle culture basée sur l’habilité technique de l’homme, mais aussi sur sa sagesse; sur sa capacité de modifier la nature, mais aussi de la comprendre. Une culture où l’homme serait capable non seulement de donner des nouvelles qualités à l’artificiel, mais aussi de garantir la continuité du substrat naturel fragile dont dépendent l’existant et toute espérance de vie. » (p120) Avoir « un souci du détail et une attention pour la complexité des rapports entre produit et environnement, un amour pour leur existence fragile, une aptitude à les penser dans un cycle complet » (la seconde vie de la matière première après la fin de vie du produit : recyclage, réemploi, retour au sol).
> pour cela il es important d’intervenir au niveau de :
- « la recherche fondamentale sur les matériaux »
- « l’organisation des grands systèmes de production et de distribution »
- « des systèmes énergétiques »
- « des systèmes de ramassage et de traitement des déchets »
- « la structure même du projet » (faciliter le démontage des pièces à réutiliser ou recycler)
+ réfléchir à des produits de qualités, c’est-à-dire « aboutir à un produit qui soit, avant tout, respectueux de l’environnement » (p122)
+ « Profondeur, identité, mémoire, sensorialité » (p125)
Le système des objets « tend à devenir un continuum de surfaces de communication, dont l’identité est celle du message qu’on projette sur elles, ou de la performance qu’elles fournissent. On peut alors se demander si le fait que les objets s’aplatissent sur leur surface ne se condamne pas à une inévitable superficialité. »
« Le nouveau rôle de premier plan que jouent les surfaces vient de ce que c’est sur elles que s’affecte la majeure partie de l’échange de communication avec l’objet. »
> Comparaison d’un objet à celui d’un livre : le traitement de surface des pages d’un livre comme celle de l’objet est « susceptible de communiquer au lecteur des sensations qui peuvent êtres intenses. Le problème est de trouver la grammaire et la syntaxe d’un langage des surfaces qui interagisse avec nos facultés sensorielles et touche les couches profondes de notre réactivité - aussi bien intellectuelle, qu’émotive et sensorielle. »
+ p127 : à côté des produits sphères (produits jetables qui ont une bonne raison d’exister) il faut qu’il apparaisse « une nouvelle génération de produits durables : des produits qui, contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, sachent vieillir lentement et avec dignité, qui puissent devenir des compagnons de notre vie, des supports pour notre mémoire. »
+ Comment apporter des qualités sensorielles (valeurs visuelles, tactiles, thermiques, acoustiques et olfactives) à des materiaux nouveaux, des nouvelles technologies miniaturisées,…? qui « entraîne un appauvrissement sensoriel du cadre de vie »
> La grande diversité de produits qu’offre la société de consommation implique une situation d’« hyperchoix », et d’uniformité due à la diversité et au changement permanent » = « banalisation du différent » = « pollution sémiotique de notre environnement » (p160)
- La « demande de diversité » est dut à ce que « chacun veut des produits à la mesure des ses exigences et, au cas où on le lui demande, peut sans peine dire ce qu’il veut » = la productions cruelle à la capacité d’être à la fois diversifiée et flexible.
- La « demande de diversité » est dut à « un besoin d’identification avec un langage formel » la production actuelle à « la capacité à concevoir et à proposer des produits effectivement dotés d’identités reconnaissables et appréciables ».
- La nuance : « Au sein d’une typologie de produits donnée, l’existance de variations « subtiles » (couleur, décorr, détail) n’entraîne pas, en général, le passage du produit en question d’une identité à une autre, mais permet à chaque individu de faire son choix dans le cadre d’un code linguistique donné, en exprimant certaines nuances de son goût ».
- la diversité, les variances = que l’on peu retrouver dans le monde naturel. « cette forme de variation fortuite sur un même thème était également lisible dans les objets artisanaux, dans les irrégularités visibles du substrat naturel, dans le caractère aléatoire du geste qui les avaient produits. La production industrielle a, comme toujours, effacé ces présences incontrôlées en ramenant tout à l’uniformité de ses processus ».
-« produits flexibles » grâce à un « processus flexible » = « satisfaire la plus grande diversité de la demande avec un minimum de produits différenciés. Adopter des solutions techniques qui permettent de « modifier rapidement, et à la limite constamment, les caractéristiques du produit = « série différenciée ».
- dans une production artisanale la diversité est régionale mais « les typologies de produits se limitaient à celle que la connaissance empirique des artisans » « tous les produits d’une même production artisanale présentent de légères différences, sont des variations sur le même thème. »
« Diversité et identité » (p171)
« le sens et la valeur de la diversité sont liés à ceux de l’identité culturelle des produits et à leur capacité à nous « parler » dans une langue intelligible. »
> identité culturelle = « une diversité dotée de sens, d’un ensemble de différences qui, dans un contexte culturel donné, sera interprété comme un code linguistique différents des autres."
« Production d’identité » : (p174)
« La diversité particulière dans laquelle on voit une identité s’est produite autrefois de façon spontanée : le nombre réduit de matériaux, de technologies de transformation, de formes qui pouvaient être obtenues, la lenteur de leur évolution dans le temps, la stabilité des systèmes socioculturels dans lesquels tout ceci s’inscrivait, permettaient de définir un rapport relativement stable et profond entre matériaux et formes, d’une part, signifiés symboliques et culturels, de l’autre. Entre support matériel (signifiant) et interprétation culturelle (signifié) pouvait ainsi s’établir une relation qui n’était pas très différente de celle qui s’instaure entre signifiants et signifiés dans le langage parlé et écrit. »
Par ex : le bois à une identité culturelle qui s’est formée « à partit d’une lente construction de signifiés et sans qu’on en prenne conscience. » car ce matériau ce différencie des autres (« taxinomie »), il n’est pas en nombre infinie, ses caractères distinctifs ne varies pas « pour connaître et reconnaître des entités, il faut avoir le temps de répéter l’expérience et que l’objet sur lequel elle porte se re-présente, identique à lui-même, à un nombre de fois suffisant pour donner à ce processus cognitif la possibilité de se réaliser ».
L’identité « technicoculturelle » des matériaux = « au fil du temps, la connaissance technique de leurs possibilités aussi bien que la capacité de les reconnaître et de leur attribuer des signifiés se sont affirmées et répandues dans l’ensemble du corps social. » (p175)
« Ce lien précis, étroit, qui s’est maintenu pendant un temps suffisant entre les propriétés intrinsèques du matériau et ses domaines d’application novateurs, a très vite produit un signifié reconnu de tous : l’acier, symbole du dynamisme moderne et novateur, symbole du progrès. » (p176) = « processus automatiques de sémantisation des matériaux et des formes »
> Pour le plastique « la sémancipation d’un support matériel n’est plus un phénomène « spontané », en ce sens qu’il ne suit pas les lois spontanées de production d’un langage » = « multiplication incontrôlée des formes » = « pollution sémiotique »
Comment « produire un monde lisible, capable de transmettre des significations profondes »? (p178)
« Interactivité » (p179) : « rapport interactif » au monde : « à chaque action correspond une rétroaction »
« Aujourd’hui, l’apparition d’une génération d’objets qui interagissent de façon dynamique avec les sujets et entretiennent avec eux une sorte de dialogue »
« De nouveau mode d’existance des objets fait de l’interactivité un des terrains d’action les plus neufs et les plus stimulants pour les concepteurs et les producteurs. »
Interactivité = « la forme que prend dans le temps le rapport d’action et de rétroaction entre sujets et objets »(p180)
« Objets interactifs » : «objets de la nouvelles (seconde) génération » :
-« programme d’interactivité « gelée » = interaction avec une chaise par sa manipulation-utilisation
-« programme d’interarction avec l’utilisateur » = la chaise pliante est mécanique, elle est « dotée de propriétés dynamiques »
- programme d’interactivité non plus physique mais qui « se trouve enregistré sur des supports électroniques (dont la forme physique échappe à notre échelle de perception) » = « nouvelles qualités de l’interaction due aux nouvelles performances possibles des objets touchés par la généralisation des technologies informatiques et électroniques. »
= nouvelles performances, nouveaux « rapports sujet/objet qui va jusqu’à remettre en cause sa nature même. »
L’interaction de l’objet avec son utilisateur n’est plus « passive » : « faculté de modifier leur comportement en fonction de certaines variables externes » « instaurent un dialogue et établissent avec le sujet (ou avec l’environnement) une interaction qui tend à devenir symétrique : les deux pôles peuvent agir et réagir en fonctionne l’autre.
« la nouvelle qualité de cette interaction le rend plus proche de ce qui à toujours été considéré comme un sujet. = un « interlocuteur-virtuel » avec lequel nous allons avoir affaire » (p182)
« Prothèse informationnelles » (p182) :
-objet traditionnel : couteau = prothèse qui » grâce à la géométrie particulière de ses composants, effectue à notre place, et en les amplifiant, certaines de nos possibilités biologiques ». « sa structure physique » fournit « une référence tangible qui permet d’identifier sa fonction ».
-objet informatisé (qui élabore de l’information = interface = « prothèse virtuelle » = « prolongement, hors de nous mêmes, de certains aspects de notre système nerveux périphérique et central » « la mise en scène » de l’information « est devenue nécessaire pour favoriser la rencontre ente sa logique de fonctionnement et ma capacité, ou mon envie, de la comprendre. Or, plus l’interface se rapproche de ma façon de penser et d’agir, plus la simulation est complexe. »
« La définition du modèle visrtuel devient ainsi un domaine fondamental et nouveau pour le projet. » = recherches de « performances », de « technologies de l’informatique disponibles », de « l’ergonomie de la connaissance (portant sur les mécanismes cognitifs) (p184)
= objet « interlocuteur » :
objet interactif = « sa performance, son « comportement » dépendent de lui autant que de moi; Sa capacité à produire des signifiés est comparable à l’articulation d’un dialogue ».
= « relation dialogue » (p185) :
« si les objets traditionnels peuvent être appréhendés d’un seul coup d’oeuil et écartés tout aussi vite de notre champ de perception, les objets interactifs occupent au contraire une partie de notre temps en y imposant leur présence. C’est en cela qu’ils peuvent devenir beaucoup plus envahissants que les objets tarditionnels ». (p186)
« Concevoir l’interactivité, c’est traiter avec la quatrième dimension : donner au temps la valeur de paramètre organisateur de la qualité. » = « la qualité passe précisément par l’organisation de suites d’évènements »
= « flexibilité fonctionnelle » = « possibilité de remplir des fonctions très différentes »(p187)
= « acquière un certain degré d’intelligence » = « supplément de performance » = « aisance avec laquelle le dialogue peut s’établir » avec l’objet.
+ limites du numérique/ indépendance/ guidé non par ses propres choix mais par les propositions de la technologie : « l’informatique et la technologie des palpeurs, activeurs, afficheurs, commandes numériques ou analogiques, permettent d’emprunter d’autres voies qu’il est difficile de déterminer en se fondant sur des données purement fonctionnelles ou sur l’ergonomie telle qu’elle à été jusqu’ici envisagée. » « Vaut-il mieux jouer sur un maximum d’automatisation ou bien décider tout seul? »
limites = « gadgetisation » du produit = insuffisance du « supplément de performance » qui ne propose pas de « réel service », « une sorte de décorum électronique sans qualité ».(p189) = attention au couplage des performances qui n’ont pas de sens.
« Identité du produit interactif » (p190) :
« Notre relation avec les objets est avant tout d’ordre mental. En face de nous se trouve une entité réelle, mais le rapport effectif que nous entretenons avec elle dépend d’une entité immatérielle : l’image mentale que nous nous en faisons. » image « mentales qui rend réelle , reconnaissable le produit : « sa capacité à trouver une place dans notre imaginaire »
objet interactif = « Le composant électronique, même pour les spécialistes, est constitué d’une série de « boîtes noires » : on connait les entrées, les sorties et leurs relations, mais pour le reste, elles sont identiques. » « la forme du « mécanisme » ne donne plus d’indications analogiques sur son fonctionnement et sa raison d’être. »
> « comment l’utilisateur potentiel peut-il se créer une image mentale de ce qui lui est montré si l’objet se présente comme un assemblage toujours différent de performances, de systèmes de relations et de solutions formelles? » = « faute de transparence dans leurs nouvelles carsctériqtiques », « faute de produire chez l’utiliszateur une image mentale adaptée à leurs nouvelles possibilités »
« face à l’ampleur des possibilités proposées par la technique, c’est le terrain culturel qui fixe les limites. Ce que l’objet pourrait être techniquement ne doit pas dépasser les capacités de nos structures cognitives et culturelles : définir ces limites devient ainsi un aspect fondamental de l’activité de projet, celui découlera ou non l’identité finale du produit. »
« Lobjet qui offre des performances complexes et comporte un système d’interaction bien articulé doit se présenter à son utilisateur sous une apparence qui soit une clef donnant accès à son fonctionnement. La meilleur est celle qui rappelle quelque chose de connu, qui simule des relations ou des activités pratiques que l’utilisateur connait déjà. » (p193)
> « quelle est l’image qui cadre le mieux avec ce que l’objet fait, avec l’environnement où il prend place? »
« le charme discret qui se dégage de son fonctionnement et l’esthétique de relations que l’on entretient avec lui. »(p195)
Limites entre la virtualité et la vérité des choses : « l’environnement largement artificiel dans lequel nous vivons se présente en effet comme un défit permanent aux modèles éprouvés dont nous disposons pour évaluer la vérité et la réalité de nos expériences ». Vérité des matériaux (« rapport sensoriel avec des supports matériels dotés de caractères spécifiques reconnaissables à l’échelle macroscopique. ») (« expérience du vrai et du réel » et virtualité de l’information)
Réalité Virtuelle (p199) : « réalité inventée » = « un phénomène virtuel est quelque chose dont on dit qu’il n’est pas vraiment tel qu’il apparait, mais derrière lequel on ne voit pas d’intention méchante"
> « nécessité de trouver quelque chose qui serve de lien entre le monde de la machine (ses dimensions, sa vitesse, ses critères de fonctionnement) et celui de l’homme qui les utilise (son système sensoriel, ses structures cognitives, ses modèles culturels). = « objet virtuel qui fait fonction d’interface avec l’utilisateur ». (p201) = recherche d’ »un rapport homme-machine doté de qualité et de richesse de communication »
« les objets virtuels virtuels sont dénués de présence physique et dépourvus de matérialité palpable ». (p203)
« éphèmérité » (p215) : La culture européenne, en particulier, qui s’est développée dans un environnement caractérisé par une longue durée de vie des choses, doit se mesure avec l’ »éphémérité » croissante du monde artificiel. L’issue de cette rencontre est encore incertaine »
Bois, or, pierre, paille,… « Grâce à ces matériaux l’homme a composé son environnement artificiel : il a utilisé les ressources disponibles partout où elles se trouvaient, les a obligées à résoudre ses problèmes d’ordre pratique aussi bien que sémantique. Et, au bout du compte, ces matériaux ont pris place dans les différentes cultures de notre histoire. » (p117)
= création d’un lien entre « les formes de vie matérielle des produits, les structures socioculturelles et leur sens du temps ». = des matériaux qui portent en eux « la marque du temps », « la patine du temps »= « manière particulière de vieillir des matériaux »
« objets et obsolescence » (p221) : « La dérive des objets vers l’ »éphémérité » tient en partie, mais en partie seulement, aux processus novateurs auxquels l’innovation technique permet de recourir. »
« Une toile filée et tissée à la main supposait une importante dépense d’énergie, d’attention et de temps. C’était donc un produit cher et rare, un bien précieux qu’il fallait conserver le plus longtemps possible. L’avènement de l’industrie, la mise au point de procédés mécaniques rapides et relativement économiques, ainsi que l’augmentation de la production, ont « démocrateisé » et en même temps banalisé le produit : réalisée industriellement, une toile n’est plus un bien rare. On peut la remplacer, la jeter et, en définitive, admettre l’idée que sa consistance physique est peu durable. »
« Le temps, l’énergie et l’attention nécessaire pour réaliser un produit artisanale sont tels que, si l’on estime à peu de chose la valeur du travail fourni par l’artisan, celle-ci représente une part importante de la valeur globale du bien (d’un prix élevé, du moins par rapport aux ressources de la société qui l’a produit)
obsolescence = rapidité du remplacement des objets « dépassés » par un produit plus performant ou doté d’une image différente = « effets mode »(p224) Les objets "étaient durables voire éternels aux yeux de l’individu car leur vie utile dépassait celle des hommes. » (p225)
« La culture de l’attention aux choses » (p245) :
« demande de produits plus "durables" et plus "profond" aussi bien au sens physique que culturel, mais aussi de produits qui font appel à l'habilité et à la participation de leur utilisateur."
> Passage d'une culture du quotidien qui se fonde sur "un principe de pure fonctionnalité" à une culture du quotidien qui "valorise l'attention aux choses".
"Nous vivons aujourd'hui dans un monde d'objets rapidement consommés qui remplissent leur fonction en demandant un minimum d'effort et d'attention. Un monde du jetable, fait d'objets qui passent près de nous sans laisser de traces dans notre mémoire." = "monder effort" = "production de déchets"
> l' Objectif est de mettre au coeur du projet la "qualité maximale du rapport avec les choses" = "plus d'attention à leur égard" = "attention chaleureuse"
= Considérer les artéfacts comme une plante : "des objets qui durent et aient une vie bien à eux, des objets qui, comme un arbre, soient appréciés pour ce qu'ils sont autant que pour ce qu'ils font, des objets qui rendent un service et réclame des soins."
"Prendre soin des objets peut être une manière de prendre soin de cet "objet" plus grand qu'est notre planète". (p247)