21-03-05 // LULLABIES TO PARALYZE
PUTAIN, 13 ans!
Est-il malin d’écrire la première chronique sur son groupe fétiche en commençant par le disque qu’on aime le moins? C’est l’exercice périlleux auquel je me livre aujourd’hui pour vous les cocos [p*tain de blog musical à concept], hasard du calendrier oblige:
Les Reines De l’Âge De Pierre - d’après mes bases d’Ïnglishe, ça devrait sonner aussi ridicule que ça aux oreilles d’un anglophone - ont toujours eu sur moi une emprise qu’on peut qualifier de “fanitude”. Vous savez: celle qui rend aveugle des oreilles, là... J’aurais même à l’époque pu invoquer la magie noire de Séverine Ferrer pour une rencontre exclusive avec mon groupe favori dans un ranch californien, si ça avait la moindre chance d’aboutir (le frein principal étant la tête de cheval de SF, le leader des QOTSA jetant généralement son dévolu sur des belles plantes -> Coucou Brody!). Pour autant, avec le recul, ce ‘Lullabies to Paralyze’ fait figure de discordance dans la carrière musicale incandescente des Queens. Et c’était sans doute pas la meilleure période pour croiser la route enflammée du grand “Elvis roux”, comme certains s’amusent à surnommer Josh Homme outre-Atlantique.
Sans rentrer dans la tambouille compliquée du groupe en 2005 - beaucoup ont déjà attribué la faiblesse de ‘LtoP’ à leurs changements de line-up, en particulier le départ du bassiste originel Nick Oliveri - il ne m’a fallu pas plus de 2-3 écoutes pour me rendre compte que quelque chose couilldéconnait grave avec ce skeud. D’abord, Joshie, c’est quoi cette histoire de ‘Little Sister’?? Un virage clairement pop-rock posé en plein milieu de la galette, comme un chiot abandonné avec les 2 yeux crevés au bord d’une 4 voies:
[Label/Producteur/Reste du groupe]: - « Josh, ‘Burn the witch’ et ‘In my Head’ ça va pas suffire, faut qu’on ponde un autre single, viiiiiiiiite! »
[Josh, avec son accent de cowboy californien qui gobe les r] : - « je vous ai déjà dit que j’avais une p’tite sœuw qui danse vachement bien dewièwe des écrans colorés? »
et ainsi naquit le premier riff/clip musical officiellement hors-sol des QOTSA...
Époque capillaire dite du schnauzer roux pour Josh “Hommie” (sur le clip de ‘Little sister’)
Dans tout ce que les Queens ont pondu en plus de 20 années d’existence, aucun morceau ne m’est plus sorti par les orbites que ce satané “Petite sœur”. On pourrait facilement le rapprocher du dernier tube des QOTSA ‘The way you used to do’, qui peut d’abord irriter les tympans des connaisseurs, mais finit par se sauver grâce à une dose assumée et bienvenue d’autodérision. Alors que là, bin... c’est juste moche et plat à souhait! (cf. ziii shitty haircut ci-dessus).
2° indice qu’on se faisait quand même un peu rouler dans la farine - qui a au moins le mérite de vertus stupéfiantes chez les QOTSA - le track 6 ‘In my Head’ qui est une resucée d’un projet parallèle que nul fan n’est censé ignorer: les ‘Desert Sessions’.
L’album souffre par conséquent d’un ventre mou à mi-parcours, qui rend bien difficile l’attrapage de ces libellules du désert. A ce moment, le fan tombe forcément en nostalgie du précédent EP ‘Songs for the Death’ et son réglage millimétré, où chaque tube était enrobé comme un bonbon dans des extraits de radios aussi bizarres qu’exotiques.
Fort heureusement, ‘LtoP’ nous raccroche à la cordée en plage 9, avec ‘Someone’s in the wolf’. Mine de rien, ce morceau complexe et dark à souhait ouvre un terrain de jeu musical inédit pour les Californiens, quelque part entre le stoner-rock des origines et une compo plus dense et structurée. Il faudra en réalité attendre les 2 disques suivants pour apprécier pleinement les subtilités de ce mélange. Passées 7 minutes et quelques d’emballement guitares/percus sur le track 9, plus grand chose à signaler au-dessus du sol, hormis 2 derniers battements d’ailes sur le très “mexicolien” ‘The blood is love’, et la saillie pop hyper-dansante ‘Broken box’.
L’autre bonne nouvelle du 4° opus, c’est que Josh Homme a enfin reconnu que Lullabies était la plus grosse bouse qu’il ait jamais produite! les morceaux de ‘LtoP’ ont finalement assez bien vieilli, en parallèle de l’évolution sonore des QOTSA. Ce qui s’illustre d’ailleurs par des résurrections dans les concerts récents de la bande à Josh (à l’EXCLUSION de ‘Little Sister’ qui sonne toujours aussi creux qu’une piñata vide pour le fan que je suis): ‘Burn the witch’ (très souvent), ‘In my head’ (assez régulièrement) et même à l’occaze un petit ‘Broken box’ des familles!
Mais, croyez-en ma satanique parole, la meilleure cuvée de ‘Burn the witch’ remonte à 2013 et l’époque ‘Like Clockwork’ (because ce solo de batterie, duuude)! Écoute ce live si tu me crois po:
https://soundcloud.com/lets-do-this-right/burn-the-witch
Francis Skeud B-)
La note complètement arbitraire de HBD pour ‘Lullabies to Paralyze’: 7/10







