Olympos
Tout vient à point à qui sait attendre... Des potes drôlement cool (ou intéressés, c'est selon) m'ont offert dernièrement Olympos, le dernier jeu de plateau de Philippe Keyaerts (Vinci, Small World...).
Support : Plateau
Type : Civilisation/Baston
Joueurs : 2 à 5
Difficulté :
Règles : 3/5
En jeu : 4/5
Auteur : Philippe Keyaerts
Editeur/Distributeur : Ystari Games/Millennium
Sortie : 2011
Ludothèque : J’ai !
Thème
Chaque joueur contrôle un peuple à l'assaut de la Grèce antique mythique, Atlantide incluse. On se bat pour la gloire de sa civilisation en conquérant des territoires, en développant de nouvelles technologies, en construisant des merveilles et en s'accordant les faveurs des Dieux.
Mécanismes et Recyclage
Olympos est un mélange subtil de mécanismes assez connus : l'ordre de tour dépend d'une piste de temps (comme dans Novembre Rouge), les combats sont toujours gagnés par l'attaquant mais lui coûte plus ou moins de temps en fonction des forces en présence.
La phase de conquête ressemble à celle de Small World, les nouvelles troupes entrant par l'extérieur de la carte (à peu près la Macédoine). Chaque territoire produit une ressource parmi 4 (or, poteries, bois et pierres), toujours disponible tant que le territoire est contrôlé.
Les technologies disponibles apportent des avantages divers (force en combat, réduction du coût des prochaines, meilleurs déplacement), et sont associé à des bonus (nouveau colon, ressource consommable, points de victoire...). Mais elles sont en nombre limité, inférieur au nombre de joueurs : on ne se dispute donc pas que les territoires... ce qui rappelle donc un bon nombre de jeux de civilisation, mais aussi les jeux de draft ouverts comme Dominion.
Enfin, à certaines dates, les dieux de l'Olympe se manifesteront soit en donnant un bonus au joueur(s) le(s) plus pieux (ayant le plus de jetons Zeus donc), soit en donnant un malus au(x) joueur(s) le(s) moins pieux. Ces interventions faisant un peu penser à Cyclades, ou à divers jeux de coopération avec évènements aléatoires. A ces dates, les joueurs tirent également des cartes "Destiné" qui procurent des bonus en ressource, point Zeus, jeton étoile (pour s'offrir des merveilles) ou encore des points de victoire sous condition (majorité sur une ressource par exemple) : rien que de très connu.
Opportunisme et Civilisation
Olympos est donc un joyeux mix de principes assez connus et reconnus, avec un thème très classique. Pour autant, s'il rappelle bon nombre d'autres jeux, souvent assez récents, les sensations de jeu sont assez uniques. En effet, il met en opposition deux tentations fortes pour le joueur : un opportunisme systématique selon la configuration actuelle des plateaux (territoires et développements) et des cartes destinée possédées, et une envie de construction sur le long terme (principalement en plaçant ses développements en colonnes afin de s'offrir la merveille correspondante... si elle est encore là).
Au final, Olympos est un jeu où on se met assez rapidement sur la tronche avec les autres, parfois assez cruellement (dézingage d'un joueur soit faible soit trop fort)... En tout cas de façon moins automatique qu'à Small World : à SW, la plupart des meilleurs coups à jouer sont assez évident, et il est donc assez naturel d'attaquer un joueur donné, qui de toute façon peut passer en déclin au tour suivant si sa situation est trop mauvaise. Ici, le perdant sur les conquêtes a plusieurs compensations : son jeton colon reste sur le territoire volé, mais inactif, et il reçoit un jeton sablier rendant sa prochaine action moins longue à effectuer. Pour autant, la situation au niveau des territoires est souvent tendu, chacun tentant de récolter les ressources nécessaires pour son prochain développement, et ceux avant qu'un autre ne le lui prenne !
Les dieux, au premier abord, peuvent sembler assez accessoires dans ce jeu : il n'en est rien. Si certains bonus ou malus sont légers, d'autres sont très difficiles à encaisser, comme perdre toutes ses cartes Destinée par exemple, surtout si on compte sur elles pour se payer un gros développement. Ce système, avec les dieux "masqués" ressemble fortement au principe de l'épée de Damoclès : la menace de la punition est présente toute la partie, pour la plupart des joueurs, car il est difficile d'être très dominant sur les jetons Zeus (rarement plus de 2 ou 3). Cela rajoute une tension supplémentaire dans la partie, qui donne un ton particulier au jeu.
Avis
Quand je dis opportunisme, baston et tension, logiquement, tout le monde aura compris que j'ai adoré : testé à 3, 4 et 5 joueurs (les configurations annoncées sur la boîte, une règle pour 2 joueurs étant disponible en téléchargement chez Ystari - voir liens). Les parties ont l'avantage d'être assez courtes et fluides, ce qui est de plus en plus à la mode pour les "petits" jeux de civilisation (Roll Through the Ages, 7 Wonders...). On y retrouve le plaisir de jeux de baston récents comme Small World ou Cyclades, et sur la fin de partie, le côté calculatoire de jeux à l'Allemande avec le fameux décompte de points de victoire.
Au niveau matériel, les graphismes sont superbes, et les plateaux très agréables. On peut trouver le plateau de développement un peu trop riche en informations au début, mais on s'habitue vite. Un reproche en revanche, la boîte ne dispose pas de fiche de décompte de points de victoire, ce qui est assez indispensable dans un jeu proposant autant de sources de points (plus de 5 quoi). De même, l'absence d'aide de jeu est un peu décevante : on recourt régulièrement aux règles en jeu pour vérifier l'effet des différentes technologies. Heureusement Ystari et les gars de chez Jedisjeux proposent des planches à imprimer pour ces aides (voir liens ci-dessous).
Liens :
Fiche chez TricTrac
Règles pour 2 joueurs chez Ystari
Goodies chez Jedisjeux (fiche de score, aide de jeu, etc...)












