Qui n’a pas connu Monique n’a pas connu l’AF
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Qui n’a pas connu Monique n’a pas connu l’AF
La Jeanne 2001
En cette veille de Jeanne, il fallait quand même que j’évoque ma 1ere Jeanne en 2001. J’en garde un souvenir un peu flou, la veille ayant était selon la tradition...éthylique. Je crois que ce fut ma 1ere nuit à l’af, endormi dans l’entrée sous la table de tracts et enroulé dans un drapeau européen (prise de guerre). Le matin au réveil, on me tend un jogging blanc à rayures de bagnard. Avec Alexandre Apreval et Pierre T. nous prenons la tête du cortège, boulet européen au pied.
Ces costumes furent probablement fabriqués pour le traité de Nice quelques mois plus tôt. Une délégation d’af s’était rendue à Nice avec Nicolas Kayanakis et Pierre Pujo. La balade de trois de nos militants sur la promenade des anglais dans cette tenue valu une jolie photo AFP reprise dans quelques journaux.
Pour en revenir au cortège de la Jeanne, je ne me souviens pas de l’affluence, ce ne fut probablement pas la pire année, mais il y avait à l’époque au sein de l’af, beaucoup de FAFs, dont une fraction non négligeable partira en septembre suivant à la Garde Franque (ancêtre du Renouveau Français), lors de sa fondation. Cela permettra à l’AF un peu malgré elle, de créer un “cordon sanitaire”, prélude à un renouveau intellectuel, probablement impossible autrement.
Parce que la connerie n'est pas une fatalité demandez et lisez l'Action Française
Slogan de vendeur volontaire après le passage de gens faisant connaitre leur mécontentement de nous savoir encore vivants
2005 Campagne contre la constitution européenne
En 2004, sous la présidence de Jacques Chirac, commence à être évoqué la possibilité d’un référendum sur la constitution européenne. Bien que le résultat semble plié d’avance selon les médias officiels, nous relevons le gant et commençons à faire campagne, toujours avec les éternels perdants souveraino-gaullistes et autres. A l’époque, Paul-Marie Couteaux est président du RIF (Rassemblement pour l’Indépendance Française), petite structure où gravite quelques vieux rassis et qui est toujours très en cours auprès de Pierre Pujo.
Nous nous tapons donc de faire les diverses manifs pas glam’ du tout à Versailles notamment pour la modification de la constitution française. Nous essayons de faire bonne figure en essayant de rendre un peu plus “sexy” les manifestations squelettiques. A Versailles, nous y enterrerons notamment la France sur fond de marche funèbre... J’ai souvenir d’un début de campagne pénible. À l’époque, nous n’avons eu encore aucune victoire pour motiver les troupes, et le combat s’annonce très très chiant. Nos équipes militantes sont moins fournies qu’à d’autres périodes, et nous bricolons avec les moyens du bord. Je participerai à une des affiches les plus moche que l’AF ait connue je pense. L’idée était bonne mais la réalisation affreuse: un pac-man européen en train de dévorer une usine avec une queue de chômeurs. Si l’idée était juste (à l’époque pour tous les eurobéats, l’Europe c’est encore la prospérité), la réalisation est affreuse: les détourages sont approximatifs et il y a même un coup de gomme sur le groupe de chômeurs. Nous la collerons cependant, trop heureux de pour une fois coller des affiches d’imprimeries et pas nos éternels A3 imprimés à la photocopieuse.
En face, une autre stratégie liée aux racines chrétiennes de l’Europe commence à poindre. Cette ligne, directement initiée par les néo-giscardiens européistes vise à diviser les cathos. La question n’est plus faut-il ou ne faut-il pas une constitution pour l’Europe ? Mais faut-il une constitution faisant référence ou non aux racines chrétiennes de l’Europe ? Il faut imaginer qu’à cause de ce petit cadeau de nos adversaires, nous en sommes parfois presque venus aux mains avec les cathos et les démocrates crétins... et parfois même certains roycos de la RN et de l’alliance royale qui n’y comprenaient rien.
Cette campagne nous permet malgré tout de sortir un peu la tête hors de l'eau. Une petite équipe encore embryonnaire commence à travailler ensemble. Nous prenons acte de l’échec des souverainistes et nous commençons à marquer une vraie distance avec cette ligne et ces gens rancies que l’on se traîne comme des boulets depuis le traité d’Amsterdam : vieilles gaullistes hystériques haranguant la foule l’écume aux lèvres, vieilles tantouses en mal de jeunesse, incompétents notoires, stratèges d’opérette…
Au soir du 29 mai, comme nous le pressentions depuis quelques semaines, malgré le forcing des médias, nous sommes vainqueurs. Le « non » l’emporte avec une confortable avance. Les lignes se fissurent. Nous chantons « la victoire en chantant » devant des journalistes de Canal abasourdis, et espérons naïvement une union entre les nationaux de tous les bords. Malheureusement, l’avenir montrera que nous sommes un peu trop optimistes et que les vieux partis ont encore de beaux jours devant eux. Sarkozy fera passer 2 ans plus tard l’essentiel de la constitution par le traité de Lisbonne, trahissant sans surprises tous les naïfs qui avaient crus en lui.
Pendant que Carla Bruni, la France sent le roussi
Slogan, pour la vente à la criée -2008/2009
Un des premiers autocollants que j'ai réalisé. A l'époque, on avait encore des contraintes de bichromies, on était sur Photoshop 3 ou 4 et je découvrais péniblement l'existence et le fonctionnement des calques. On avait sorti une série de 5 autocollants bleu et jaune (La France le Roi, Etudiant royaliste rejoins l'AF/ Etudiant royaliste rejoins le CJB/ Non à l'Europe indépendance Française, et Français reprend tes libertés (de mémoire).
Le tout en bleu et jaune et impact.
C'était pas très beau mais on en a écoulé des milliers...
Année 2003 environ
Le CJB ou la naissance d’une nouvelle Action Française
Nota : Écrivant ce texte à partir de mes souvenirs, je ne prétend pas être absolument juste dans les dates et analyses. Toute critiques, corrections ou compléments seront donc bienvenus.
N’ayant pas réellement fait parti du CJB, je n’ai pas pris tout de suite conscience de l’ampleur des modifications philosophiques, métapolitiques et stratégiques que le CJB sous la férule de Torlak, puis d’Alexandre Appreval apportera à notre génération.
Mais tout d’abord qu’est ce que le Cercle Jacques Bainville ? Fondé en 1985 (sauf erreur) et implanté à ASSAS il se veut selon les époques tête de pont avancée de l’AF ou légèrement en retrait de la maison mère. Refondé au début des années 2000 par Alexis C. et Jérôme B. il organise des conférences ou à la cafet’ d’ASSAS ou dans un bar à côté.
Lorsque Torlak reprend le CJB, étant en cour à côté j’y assiste parfois. Nous ânonnons sagement les cahiers de cercle : la nation, l’empirisme organisateur… rien de bien révolutionnaire. De mémoire, la foule n’est pas particulièrement au RDV, 5, 6… une petite dizaine dans le meilleur des cas…
Et puis, petit à petit, Torlak réussi à insuffler un nouveau souffle. Je crois que c’est le premier qui a commencé à annoncer des conférences à l’aide de visuels particulièrement soignés et sortant pour la première fois (depuis longtemps) de l’iconographie royco habituelle.
Choix de typos, choix d’iconos et choix de thèmes révolutionnaires. C’est le CJB qui popularise plus tard avec l’ami Contrepont des auteurs comme Simone Weill, Anna Arendt, Günter Anders…. Je me souviens que la première année est abordé en profondeur le thème de la barbarie, de la modernité, puis la technique… En parallèle, le thème de l’écologie intégrale (décalque du nationalisme intégrale), est déjà abordé depuis quelques années à l’af par Sébastien de K et Jean Philippe Chauvin…. Ma génération avait commencé dans la chaleur rassurante de la poussière maurrassienne et royaliste, et voilà qu’un vent de fraîcheur intellectuel vient bousculer tout ça, secouer les certitudes, renouveler les concepts.
Bien sur ce revirement n’est pas compris par tous, loin s’en faut. Si le CJB affiche maintenant salle comble à chaque conférence (d’abord à la fac, puis au News, enfin au Lucernaire, avant de changer de formule et de passer en dîner chez Orestias), la population a largement changé. Du profil de petit minet droitard cherchant à se satisfaire en trouvant des gens « comme lui », le nouveau public se retrouve plus intello, alter gauche ou théseux. Moins de castagne et plus de cérébral.
Évidemment le CJB, insuffle le virus aux jeunes cadres de la vieille maison, par un cercle vertueux de débats et d’échanges à partir de 2006, si la base militante se raréfie, une nouvelle stratégie se fait jour…
Nous passons pour « gauchistes » selon la tradition bien établie auprès de certains qui profite à fond des nouvelles technologies et polluent forums et site internet. Ils nous couvrent de diatribes, nous les jeunes d’AF qui trahissons Maurras, refusons de commémorer Pétain ou l’Algérie Française.
Il faut reconnaître que nous sommes parti bien loin des thèmes habituels de l’AF depuis la libération (exception faite de l’épisode de la NAF et de la génération Maurras). D’ailleurs un certains nombre de rapprochements sont effectués avec les « générations perdues », Gérard Leclerc devient un habitué du CJB, avec François Marin Fleutot pour la NAR, quelques rapprochements se font aussi avec la génération ’90, Sylvain Roussillon notamment, Guytos, Juliette.. Des anciens de la revue Immédiatement refont leur apparition…
Le CJB nous fait découvrir et diffuse l’encyclopédie des nuisances, en 2008, au moment de l’affaire Coupat, une conférence est organisée avec un ami de Julien et certains du CJB participeront au comité de soutien… Au même moment, un article paru sur le blog AFE sous ma plume, prenant la défense du groupe de Tarnac m’attire les foudres de toute l’extrême droite, par le biais du site nationpresse.info (prés d’une centaine de commentaires et d’échange entre les 2 sites)… Les logiques de « milieux » sont dépassées, l’AF est de l’autre côté de la barrière.
Au-delà des références qui changent c’est tout un schéma de pensées et des populations qui se transforment au fils des années. Si nous sommes d’Action Française, nous ne collons plus avec ce qu’un certain nombre « d’anciens » et d’observateurs souhaitent y trouver. Nos prises de positions souvent radicales y compris dans la gestion des personnes et des susceptibilités nous attirent un capital d’antipathies qui se payerait tôt ou tard…
En 2008, un projet de 1000caméras pour Paris a été lancé par la mairie (socialiste, maire: Delanoé). A cette époque nous recommencions à prendre de l’ampleur. Pour entretenir nos troupes, nous organisions une sortie par mois (celle-ci fut la 2e). A l’époque (et encore aujourd’hui), nous n’étions pas très nombreux à dénoncer le flicage qui s’imposait jour après jour sous l’argument sécuritaire. Nous avons subi de plein fouet les critiques du “milieu”: “on s’en fou”, “c’est pas le rôle des royalistes de s’occuper de ça”, si t’as rien à cacher, t’as rien à craindre”...
L’idée nous avait été inspirée par l’action organisée quelques mois plus tôt au même endroit par Vox Populi pour la défense du Kosovo serbe. Nous y avions été avec M. en curieux et avions été admiratif de l’organisation professionnelle et parfaitement synchronisée de l’action. Cet expérience nous a été très profitable pour la suite afin d’éviter des interpellations.
L’action ici filmée a dû durer en tout 8minutes avec une dispersion dans la foule réussie, et un regroupement aux locaux sans soucis. Cette entrainement nous fut très profitable notamment lors dés manifs pour tous.... mais ça c’est une autre histoire