Une p'tite broue au Bière-ô-Loo
Depuis février 2013, je compose une chronique mensuelle pour Le Panorama, le journal communautaire de Waterloo, ma ville natale.
Avec mes yeux et mes mots d’amoureuse, je tente de raviver la flamme des Waterlois pour leur ville.
BILLET PARU EN JUIN 2014.
Il fait nuit, le centre-ville est calme. Je pousse la vieille porte de bois qui s’ouvre sur un univers doux, réconfortant et chaleureux. Un sentiment à la fois étrange et familier m’envahit : j’ai l’impression d’avoir été téléportée dans le pays où la bruine, les falaises et les herbes vert fluo sont reines. Pourtant, je me sens plus que chez moi. Bienvenue au Bière-ô-Loo.
Des lanternes de ruelle et des flammes sur les tables éclairent timidement l’endroit, dont les murs sont tapissés d’affiches d’une autre époque. Je rejoins mes copains; on avait envie de se raconter nos vies autour d’une p’tite broue - les gars eux voulaient de l’eau de vie.
Coup d’œil au menu… Nom d’un Irlandais! La liste des bières et des whiskys est tellement longue qu’elle peinerait à entrer sur un parchemin. Incapable de choisir, je demande conseil à la sympathique serveuse. En plus d’être tellement gentille (elles le sont toutes!), elle ne fait pas semblant de connaître ses boissons, oh que non!
Après de judicieuses recommandations, la table se remplit d’amertume aux abricots pour les filles et d’effluves irlandais pour les gars. Dans l’assommoir, je reconnais des visages qui ont fréquenté l’école secondaire Wilfrid-Léger en même temps que moi. Et d’autres, au moins 20 ans auparavant! C’est beau de voir les générations se mêler sans que ça jure.
Pendant que tout le monde trinque sans s’énerver, le tenancier se faufile entre les tables, le minois en l’air, bien fier. Bonjour-bonsoir, il prend le temps de saluer les convives.
Les soirs que je préfère, c’est quand le juke-box passe le micro aux petits chansonniers. Pleine d’admiration, je ne me lasse pas de les écouter jouer leurs jolies mélodies. Une fois, mes copines et moi, on a fait fi de l’étroitesse de l’endroit et on a dansé en ligne pendant que la guitare se faisait aller. C’était la fête.
Je suis tellement ravie d’avoir enfin une buvette sans bavures dans ma ville à moi. Ce lieu est le remède aux maux de l’hiver, et la fraîche rosée après une chaude soirée d’été. Quand j’aurai de la visite montréalaise, c’est ici que je l’amènerai avec fierté. Mais il faudra que je la prévienne : il est fort possible qu’elle succombe à cette grande séduction.
CRÉDITS : Bière-Ô-Loo








