Coup d'œil indiscret derrière la vitre d'une boutique disparue. D'après les poignées des meubles, on peut imaginer un magasin de musique / disques.
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Coup d'œil indiscret derrière la vitre d'une boutique disparue. D'après les poignées des meubles, on peut imaginer un magasin de musique / disques.
Onze novembre ou pas 11 novembre, j'en ai rien à foutre, moi je ferme pour le défilé ! Vous boirez le 12 ! (C'était la petite brève de comptoir du 11 novembre dernier).
Saint-Martin-du-Fresne, Ain.
Les coiffeurs sont l’élément le plus totalement inutile d’une nation, avec les militaires, les académiciens et les crottes sur le trottoir. De toutes mes forces, de toute la force de mon coeur, de toute la force de mon âme, je hais les coiffeurs. J'ai horreur qu'un gominé à gourmette me chahute le cuir chevelu avec ses grosses papattes embagouzées aux ongles éclatants de vulgarité manucurale. J'ai horreur qu'un Brummel de gouttière me gerbe dans le cou le crachin postillonnant des réflexions de philosophie banlieusarde que lui inspirent sporadiquement la hausse du dollard, l'anus artificiel du pape, l'inappétence sexuelle de la fille Grimaldi, la montée de la violence dans les quartiers cosmopolites et l'indiscipline problématique de la raie de mon quoi ? De la raie de mon crâne. Car, à l'instar du pou, le coiffeur est un parasite du cheveu (Pierre Desproges, Vivons heureux en attendant la mort, 1983).
Pont-de-Chéruy, Isère.
Il y a dans la vie du vagabond un besoin essentiel qui vient immédiatement après la faim, c’est celui des chaussures (Eugène Brieux, La robe rouge, 1900).
Bourg-en-Bresse, Ain.
À dater de ce jour, en revanche, il lui semblait savoir enfin qui il était vraiment : en l’occurrence, rien de moins qu’un génie ; et que sa vie avait un sens et un but et une fin et une mission transcendante, celle, en l’occurrence, de révolutionner l’univers des odeurs, pas moins ; et qu’il était le seul au monde à disposer de tous les moyens que cela exigeait : à savoir son nez extraordinairement subtil, sa mémoire phénoménale et, plus important que tout, le parfum pénétrant de cette jeune fille de la rue des Marais, qui contenait comme une formule magique tout ce qui fait une belle et grande odeur, tout ce qui fait un parfum : délicatesse, puissance, durée, diversité, et une beauté irrésistible, effrayante. Il avait trouvé la boussole de sa vie à venir. Et comme tous les scélérats de génie à qui un événement extérieur trace une voie droite dans le chaos de leur âme, Grenouille ne dévia plus de l’axe qu’il croyait avoir trouvé à son destin. Il comprenait maintenant clairement pourquoi il s’était cramponné à la vie avec autant d’obstination et d’acharnement : il fallait qu’il soit un créateur de parfums. Et pas n’importe lequel. Le plus grand parfumeur de tous les temps (Patrick Süskind, Le parfum, 1986).
Pont-de-Chéruy, Isère.