Les Flandres au Salon de l’Agriculture à Paris
Cela faisait plusieurs années que je n’étais pas allée au Salon International de l’Agriculture (SIA) à Paris, sans doute avant le COVID. C’était peut-être en 2019.
Quand on pénètre dans le Hall 1 où se trouvent traditionnellement les animaux, on est pris par une odeur tenace. Il s’agit d’une odeur de paille mêlée à celle du mouton. Cette odeur reflète le propre, elle n’a en rien l’âcreté de l’urine ou la puanteur des déjections animales.
D’ailleurs les animaux sont bien présentés. J’ai même l’impression qu’ils sont moins tassés les uns sur les autres, ce qui n’était pas le cas, il y a quelques années.
J’étais surtout intéressée par le gros bétail et qui, plus est, de race flamande. J’ai donc traversé au pas de charge les différentes races d’ovins. J’ai entendu meugler des veaux, j’ai vu une truie noire affalée sur un tapis de paille, dans le ring, nourrissant ses porcelets. Mais il m’importait de voir des bovins flamands.
La rouge flamande et la blanc bleu
Mon intérêt s’est porté sur les races « rouge flamande » et « blanc bleu ». La première est une bonne laitière, fournissant un lait riche en matières grasses et en protéines. Elle était même la meilleure race laitière dans les années 30. J’ai pu voir et photographier Ortie qui est une vache née en 2018, d’un poids de 612 kg dont la propriétaire est Marie-Christine DUBOIS d’Oxelaëre. Je n’ai malheureusement pas vu les autres flamandes prénommées Piscine et Piole qui viennent de la SARL MACKE à Cassel, Rapidos de la GAEC VAESKEN à Saint-Sylvestre Cappel et Rubbie de la GAEC STOFFAES frères de Merris.
Ortie dans le Hall 1
Les caractéristiques d'Ortie
Quand on voit la « blanc bleu », on a un choc. On s’aperçoit tout de suite qu’il s’agit d’une race à viande. Il n’est qu’à voir les fesses de cet animal pour comprendre. La Flandre était représentée par Pêche, née en 2019 qui concourait dans la catégorie animaux de boucherie. Elle vient de l’EARL ADRIANSEN à Brouckerque. Son poids est pratiquement d’une tonne !
Pêche vue de côté
Pêche vue de dos
Cette race « blanc bleu » est issue d’une modification génétique de la Bleue du Nord pour en faire uniquement une race à viande. Le gène culard rend inactive la protéine myostatine qui régule la prolifération des fibres musculaires d’où cette hypertrophie musculaire surtout visible au niveau des fesses. Cette race permet d’avoir un taux de rendement à l’abattage le plus élevé de toutes les races bovines : 70% de rendement carcasse et 70% de morceaux nobles. Pour l'avoir déjà goûtée, je peux dire que la viande blanc bleu est excellente.
Ce sont nos voisins belges qui sont à l’origine de la race blanc bleu depuis les années 70. Elle est très présente en Belgique, beaucoup moins en France. Et, dans l’Hexagone, on ne la trouve pas uniquement dans les Hauts de France mais dans vingt-cinq départements.
un stand du Nord avec ses petites vaches
Les races rouge flamande et bleue du Nord avaient pratiquement disparu dans les années 60 parce que le Ministère de l’Agriculture avait interdit les races régionales. Je me demande quelle race de vaches avaient mes grands-parents Cyr DEQUIDT et Irma DENAES qui faisaient un beurre réputé. Ils allaient le vendre au marché de Cassel à des marchands qui venaient de Lille pour l’acheter. Je pencherai pour la rouge flamande car la Prim’Holstein qu’on a longtemps appelée hollandaise n’a été introduite en France qu’au début du XX° siècle.
J’ai trouvé tous ces animaux incroyablement tranquilles alors qu’ils sont entourés de monde et qu’il y a beaucoup de bruit et de lumière.
Et les fromages ?
Outre rechercher de belles vaches flamandes, le but de ma visite était aussi et surtout de ramener à la maison des fromages à peu près introuvables en région parisienne comme le boulet de Cassel ou le fromage de Bergues ou encore le P’tit Flamand dont je viens de découvrir l’existence et que je n’ai pas encore dégusté. Malheureusement, il n’y avait aucun fromage du Nord à acheter, mis à part le Maroilles.
le P'tit Flamand, un nouveau fromage que je n'ai pas encore goûté.
un stand de fromages du Nord bien mis en valeur
Il y avait bien un beau stand de fromages dans le Hall 7.1 mais renseignements pris, ces fromages étaient exposés pour une émission de télévision. Dans le Hall 1, tout près des « rouges flamandes » et des « blancs bleus », il y avait également un stand des Hauts de France, mais là encore rien à vendre.
Des produits du Nord à vendre mais pas de fromages
Le Salon International de l’Agriculture est-il seulement destiné à montrer les savoir-faire de nos agriculteurs ? J’aurais aimé que Les Hauts de France mettent en place des stands où l’on puisse goûter et surtout acheter les produits régionaux comme le faisaient certaines régions.
P.S. Ce n’est qu’en sortant du salon que nous avons vu une manifestation du désarroi des agriculteurs avec ces panneaux de communes renversés.









