Embarrats a Sant Joan de Vilatorrada Al poble de Sant Joan de Vilatorrada, prop de Manresa, sortint cap a Solsona, que va ser una petita potència tèxtil a principi del segle XX, hi fan una fira dedicada al tema: la Fira Embarrats.
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Embarrats a Sant Joan de Vilatorrada Al poble de Sant Joan de Vilatorrada, prop de Manresa, sortint cap a Solsona, que va ser una petita potència tèxtil a principi del segle XX, hi fan una fira dedicada al tema: la Fira Embarrats.
Embarrats a Sant Joan de Vilatorrada Al poble de Sant Joan de Vilatorrada, prop de Manresa, sortint cap a Solsona, que va ser una petita potència tèxtil a principi del segle XX, hi fan una fira dedicada al tema: la…
- Demain vous viendrez au Canonge - Au caquoi ? - Au Canonge. Pour l’identification. Pour identifier le visage. Celui qu’a volé le sac bleu-ciel de la petite ambition. Vous savez là, vous la connaissez, la petite ambition de la littérature permanente. Elle nous a dit que vous aviez vu son visage. C’est pour ça qu’il faut venir demain au Canonge, parce qu’ à c’tte heure , c’est fermé. - Ah mais vous savez, moi je voulais juste écouter un poème latin de mon papa de papier trahi par des papas, un fifils à papa, le tout lu par un poisson marié à un papa. Ai découvert ce papa de papier via une copine-maman. C’était quand même plus son papa de papier à elle. Mais bon que voulez-vous, faut ce qu’il faut. J’avais ce papa de papier sous la main, ben je l’ai un peu pris quoi. Et voilà que la littérature permanente fait venir tout près de chez moi des trahisons pour un poème latin écrit par mon papa de papier. Parmi les traîtres, des permanents de la littérature : évidemment, y’avait mon papa de papier, mais aussi le fifils d’un papa qui espère devenir aussi papa de papier de trop de gens que son papa, mais entre nous, à brasser trop de gens, les papas de papier deviennent bien chiants, donc entre nous, je vois pas pourquoi le fifils s’escagasse à devenir papa de papier. Enfin, bon. Y’avait aussi le papa de papier de mes voisins : il leur faisait l’aumône d’être toujours un peu là, un peu vivant, de respirer. Z’étaient contents mes voisins d’avoir leur papa de papier tout chaud, là, à portée du petit doigt. Considérez qu’en ce lieu de haute trahison, nous étions un peu en son Vatican à lui, le papa de papier de mes voisins. Mais y’avait aussi l’ex-papa de papier de mon amour futur – oui, à cette époque, pour moi l’amour c’était boire du limoncello en riant- . Cet ex-papa de papier de l’amour futur était donc marié, enfin je crois, avec le poisson chargé de lire toutes ces trahisons réunies sous nos applaudissements. Ça, ce sont les poissons de nouvelle génération , il faut les occuper. Bref, tous ces traîtres permanents de la littérature étaient contents d’avoir entendu la voix du poisson, laquelle faisait entendre non sans élégance cette manière dont les traîtres barbotent dans une langue vieille et ratatinée, essayant à qui mieux-mieux de la lifter, de la rafistoler , de lui tirer les traits de la face pour qu’elle fasse aussi jeune que Sheila. Au vrai, me suis un peu fait chier. C’était attendu. Mais bon, y’avait mon papa de papier et comme je le disais tantôt, c’est un peu le destin des papas de papier d’être chiant à la longue, d’être chiant à la langue. Ai applaudi avec les autres, mes voisins, quand même. La permanence de la littérature était contente. La petite ambition de la littérature permanente était contente. Et ça s’affairait partout pour que tout le monde soit comme elles. Les papas de papier, le fifils, le poisson rayonnaient, z’étaient contents de pouvoir être chiants à l’envi devant les enfants-gens. Tout le monde était occupé à tisser dans le marbre à coups de langue bien sentis ces paternités imprimées. Oh, y’avait bien des petits clans qui se formaient de ci, de là, mais rien de bien méchant, non. Et moi, ché pas pourquoi… ou enfin oui, je sais un peu.. sans doute parce que cette maison où la littérature permanente avait décidé de réunir tous ces traîtres, tous ces applaudissements aux traitrises , se trouvait sur une route que je prenais tous les jours pour retrouver des grands frères et leur dire mordicus que l’art contemporain c’était super. Ben pour ça, j’ai de suite reconnu une silhouette. Je ne la connaissais pas, mais j’ai reconnu ses nerfs tout pressés qui circulaient partout au milieu de cette tapisserie littéraire toute à sa joie de trahir la langue pour la prolonger un peu. La silhouette n’avait pas de temps à perdre avec des papas de papier chiants, avec les p’tits coups d’juda de la littérature permanente. Ai serré mon sac car dedans y’avait des sous pour boire du limoncello en riant après tout ça. Savais que la silhouette n’en avait rien à secouer de mes petits limoncello et de mon rire. Ai quand même dit aux enfants-gens à côté : « Faites gaffe à vos p’tites affaires, y’en a un qui n’est pas là pour applaudir une vieille langue qu’on essaie de lifter ». Les enfants-gens m’ont traitée de « parano », of course. Puis, ai vu la silhouette filer très vite vers la route des grands frères, lesquels l’attendaient pour l’envoyer direct dans un paradis amniotique. Puis, la petite ambition de la littérature permanente qui voulait vérifier un truc dans son sac bleu-ciel, ne le trouvait plus son sac bleu-ciel. « Au voleur ! Au voleur ! On a volé mon sac bleu-ciel ! Faut appeler la police ! ». Tu parles que le sac bleu-ciel chauffait déjà le cœur et les nerfs pressés de la silhouette mangée par la route. Alors, tous les papas de papier se sont affairés autour de la petite ambition de la littérature permanente spoliée de son téléphone, de ses clés de maison où dormaient ses enfants, et puis, et puis, les papiers d’identité de la petite ambition, et puis, et puis, les cartes de crédit de la petite ambition. La petite ambition spoliée était devenue un soleil avec les papas de papier qui tournaient autour, avec les enfants-gens fâchés que leurs papas de papier s’affairent ailleurs. Une de vos voitures est venue, avec des collègues à vous. Les gyrophares bleus-ciel caressaient parfois les visages des papas de papier, du poisson, de la littérature permanente, de la petite ambition, et des enfants-gens dont j’étais finalement. « Y’a des témoins ? » et les visages bleus-ciel se sont tournés vers ma trogne qui se serait bien passée du ciel, car à ce moment je pensais au rire jaune- limoncello dont j’avais très envie. Me voilà, seule témoïne. En voiture la témoïne avec vos collègues pour caresser la route avec du bleu. Ainsi, les papas de papier et les enfants-gens pouvaient à nouveau s’affairer au bouche-à-bouche de la langue décatie. Savais que la silhouette nerveuse à c’tte heure achetait aux grands frères son billet aller-retour pour le pays amniotique. J’l’ai même dit à vos collègues. Mais vos collègues, ils voulaient pas chatouiller du grand-frère à c’tte heure. Donc, me voilà devant vous.
- Demain vous viendrez au Canonge - Au caquoi ? - Au Canonge. Pour l’identification. Pour identifier le visage. Celui qu’a volé le sac bleu-ciel de la petite ambition. Vous savez là, vous la connaissez, la petite ambition de la littérature permanente. Elle nous a dit que vous aviez vu son visage. C’est pour ça qu’il faut venir demain au Canonge, parce que à c’tte heure , c’est fermé.
Demain, je suis venue. Suis venue pour identifier la silhouette nerveuse mais bon le Canonge, c’est un tas de visages, c’est pas des silhouettes qui filent pour se faire bouffer par la route.
- Quel âge ? - Pfff, 45-50 ans. - Petit ? Grand ? - Heu pas très grand, un peu plus petit que moi - Couleur des cheveux ? - Noir - Texture du cheveu ? Frisé ? Raide ? - Je sais pas, ils étaient courts. Frisés je crois s’il avaient été plus longs. - Teint basané alors ? Quelle race ? Arabe ? Gitan ? Rom ? Bulgare ? Et là, votre collègue de demain – car là vous dormez maintenant à c’tte heure- , ben il m’a scotchée toute nue sur la chaise avec sa question.
- Mais monsieur le Policier, est-ce que j’y étais moi entre le papa et la maman de cette silhouette, quand ce bout de silhouette qui vole la petite ambition de la littérature permanente, quand cette silhouette-là a été modelée dans un coin de ventre ? Ben non, et puis là, vous me dites « Arabe ? Gitan ? Rom ? Bulgare ? » comme si vous ignoriez que tous ces mots-là se croisent, et même parfois font l’amour… Ah vous l’ignoriez. Pardon. Ho , y’a bien parfois des p’tits coups de couteau de ci, de là, vous savez rien de bien méchant. 2-3 morts de ci, de là, rien de bien méchant. Grosso modo, les mots qui empêchent la petite ambition de la littérature permanente de tourner la vielle langue en rond dans le bocal d’un poisson lifteur sous les applaudissements des papas de papier et des enfants-gens, hé ben , quand ça se croise, ces mots-là font plutôt l’amour, ça va pas plus loin mais parfois si… ça fait une silhouette où tous les nerfs se croisent, où tous les cheveux se croisent, où toutes les peaux se croisent.
Bon, évidemment votre collègue de demain a trouvé qu’avec mon discours interculturel à deux balles, je philosophais trop of course. Alors pour m’apprendre à moins faire la témoïne maligne, à moins philosopher dans le vent du commissariat climatisé, il m’a dit que j’allais devoir regarder tous les visages arabes, gitans, roms, bulgares, présentés 20 par 20 Alors, j’ai regardé les visages pour identifier la silhouette. On aurait dit des visages travaillés par un photoshop qui en avait sa claque de la police d’écriture des corps. Photoshop s’était vengé sur les visages, photoshop avait décidé que le papier était de la rocaille et qu’il fallait tailler dedans pour faire advenir un visage. Du coup, ça donnait des visages de papier cabossés et pointus, qui crevaient les yeux de la témoïne qui avait voulu faire sa maligne et qui devait dénoncer un visage. Ces visages tailladaient les rétines dans un sursaut solidaire qu’on ne soupçonne jamais dans le fichier Canonge, et du coup, le seul truc que je voyais c’était le ridicule des papas de papier qui péroraient sur le perron d’une maison, sur la route des grands frères. Ai juste trouvé que ces visages qui se débattaient dans les yeux témoins étaient décidément trop vieux, alors j’ai dit à votre collègue de demain – heu, j’’espère que vous faites de beaux rêves quand même- , j’ai donc dit que la silhouette avait sans doute mon âge mais qu’à force de traquer des paradis amniotiques, elle s’était sans doute usée la peau, et que personne ne se réunissait pour la lifter sous les applaudissements sur la route des grands frères. Rebelotte et dix de der, mêmes les visages plus jeunes ont fait corps pour protéger la silhouette, que mes yeux ne reconnaissent rien. Et franchement, c’était heureux. Vraiment soulagée que ces visages plus jeunes qui faisaient vieux crèvent mes yeux. La silhouette nerveuse avait au fond volé un peu de paix aux papas pépères de papier de la littérature permanente. La silhouette -peut-être apaisée pendant que vous dormez et que votre collègue de demain se fout un peu de ma gueule d’utopiste (peut-être même qu’il croit que suis une baba cool à écouter des poèmes latins)- se vautre dans un petit coin amniotique à c’tte heure. À c’tte heure, les visages soudés entre eux se démerdent pour que les papas de papier de la littérature permanente ne remporte jamais rien sur ce coup-là.