En conclusion...
Ce qui relie Christian Garcin, Hélène Gaudy et Sylvain Prudhomme c’est leur rapport à leur notion de frontière entre fiction et réalité.
Christian Garcin intègre des notions de réalité dans ces fictions ou vice-versa. Il oublie même ce qui est vrai de ce qui est faux.
Pour sa part, Hélène Gaudy s’empare des lieux pour écrire. Elle ressent la nécessité de se rendre dans ces lieux et d’entendre les gens qui y vivent. Ça lui permet de “se situer de la façon la plus vraie”. Elle écrit pour “aller quelque part”. Elle ajoute que l’expérience lui permet d’écrire le livre mais que le livre lui donne de l’expérience. Hélène Gaudy enregistre les gens qu’elle rencontre par peur de perdre le moindre mot. Elle écoute et réécoute beaucoup ces enregistrements. Ils influencent son texte car ils ne s’expriment pas comme elle. La mémoire tri ce qu’on entend. On fait des choix inconscients en écrivant. Elle ajoute qu’après toutes ces années les souvenirs (traumatiques surtout) sont déformés. Elle était frustrée d’avoir les mêmes témoignages que les autres mais il est impossible d’en avoir d’autres. Le souvenir n’en est pas forcément supportable, la mémoire défaille... Ainsi, le rapport entre le texte et l’image, ainsi que la manière dont le lieu peut influencer le récit sont très importants dans l’écriture d’Hélène Gaudy.
Enfin, Sylvain Prudhomme aime entendre les gens parler. Dans ses textes les dialogues sont assez présents et on note beaucoup d’oralité. Il transforme le texte à sa façon. Les rencontres sont aussi importantes que les lieux. Le rapport au monde de ses personnages est différent du sien. Sylvain Prudhomme travaille toujours avec des gens qui le touchent. Il ne travaille jamais avec des gens qu’il n’aime pas. Il aime aussi beaucoup laisser aux gens/choses/lieux leurs énigmes. Selon lui, “on n’est jamais sûr de tout”. D’après Sylvain Prudhomme, on peut faire 1000 romans avec la matière recueillie. Il faut faire un choix : partir dans la fiction ou dans une forme hybride. “Tout bouge, tout passe, on fait tenir les choses ensembles”.











