ouvre les yeux
j’appuie sur l’accélérateur,
je bondis du haut de l’immeuble,
j’accroche en passant une rivière de guirlandes sur les étoiles muettes qui me regardent,
je file à la vitesse de la lumière,
je tombe en piqué et disparais à l’angle de la rue
je rentre dans un magasin vide,
boules de papiers, nuages de poussières, gravats gris et légers, blanche pénombre, incertitudes prisonnières
je fais un inventaire rapide, compte les minutes, les secondes, les grains de sables qui dansent sur le sol, soufflés par la brise du temps immobile,
je repère une porte dans le fond,
je l’ouvre en courant, mes jambes sont comme les pales d’une hélice, et saute à pieds joints dans une piscine remplie de gens.
j’explose en dansant dans des millions d’atomes d’hydrogène caressant,
épiderme vibrant, je distingue chaque bulle d’air et la reconnait,
je reste un moment, tentaculaire et clignotante, et je retrouve la paix au gout de miel.
Il n’y aura pas de révélation cette fois-ci
aucune lumière ne viendra crever le plafond de ma conscience
aucun ballon d’oxygène ne gonflera ma poitrine
la magie a cesser d’opérer
j’existe calmement










