Ciné-concerts subaquatiques
Mes paupières me semblaient fortement étouffées par la résonnance comme si on leur avait collé une épaisse couche d'une onde sonore.
Du côté des vagues rochelaises, le Festival du Film de La Rochelle dans sa 45ème édition, expose la plonge d'obscurité sonore, chaque jour à multiples possibilités, toujours dans la Salle Bleue résonnante.
L'intrigue du ciné-concert se trouve dans l'interprétation musicale, comme Bruno Coulais suggérait, que la musique devient un personnage fantomatique supplémentaire (Soirée à l'Aquarium jouée par Jean-Michel Bernard, hommage).
Admettant que là, je comprenais mieux la définition de 'Ragtime' : "Danser sur le clavier du piano sous l'eau" mais qu'est-ce que ce fantôme provoque en nous ?
Au fond, c'est effectivement inévitable de porter nos tenues de plongée et noyer l'expérience qui nous allume. Le mouvement du son dans la salle crée une expérience exceptionnelle, et j'ai l'impression que cette expérience nous immerge entre les mots de Francisco Lopez :
"Since sound is a vibration of air and then of our inner ear structures, it belongs to these as much as to the source".
L'objet sonore se propage dans l'air et du coup, le son appartient à la personne qui l'écoute. Est-ce que l'auditeur devient l'auteur de sa propre expérience ? Par ses connections personnelles visuelles-sonores ? Il est possible que le "son live" du ciné-concert fasse écho de nos sensations, et que finalement nos oreilles et nos yeux exécutent les films.
Dans la création ciné-concert d'Arnaud Fleurent-Didier, pour The Ring d'Alfred Hitchcock, la composition était faite par un synthétiseur, clavier, batterie électrique, guitare, boîte à rythmes, looper (boucle) et le silence. L'utilisation du silence était magistrale, comme un rappel à l'auditeur que c'est un élément inhérent, qui existait déjà dans les films muets. Il ne faut jamais oublier que cette action est vivante et vivide, quasi expérimentale.
Je vous laisse avec une petite 'dose' de Brandon LaBelle pour respirer mieux sous l'eau...
"...A drip of water or in a signal pea tapping a piano key".
A l'inspiration du langage Gaga qui pousse à la synesthésie du sens,
Nathalie Cohen - Israël - CultureLab 2017
https://www.mixcloud.com/nathalie-papillon/
http://www.festival-larochelle.org/festival-2017/festival-a-lannee/cine-concerts