Le sociologue Denis Colombi revient sur nos représentations de la pauvreté et leurs conséquences sociales et politiques
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Le sociologue Denis Colombi revient sur nos représentations de la pauvreté et leurs conséquences sociales et politiques
Denis Colombi : « La société a parfois intérêt à ce que la pauvreté persiste »
Denis Colombi : « La société a parfois intérêt à ce que la pauvreté persiste »
Le Vent Se Lève, 8 mars 2021 Accusés tantôt d’incapacité à gérer un budget, parfois de fainéantise, les personnes pauvres sont stigmatisées au travers de polémiques régulières. Dans un ouvrage paru en 2020, Où va l’argent des pauvres, Fantasmes politiques, réalités sociologiques, Denis Colombi tente de déconstruire notre perception de la pauvreté. L’auteur, professeur agrégé de sciences…
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Denis Colombi, Où va l'argent des pauvres, 2020
Denis Colombi, Où va l'argent des pauvres, 2020
Souvent perçus comme des assistés, de mauvais gestionnaires, les pauvres ont en fait des stratégies rationnelles pour leurs dépenses, explique le sociologue Denis Colombi.
Le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône a décidé de verser cette année sa prime de Noël aux bénéficiaires du RSA sous forme de bons d'achats pour des jouets. "Car la prime n’était pas forcément utilisée pour l’enfant," nous dit une responsable. [...] Fréquentant depuis un temps certain les salles des profs, il n'est pas rare que j'y entende l'une ou l'autre allusion à ce gamin doté d'un téléphone portable dernier cri ou de baskets à la mode alors que ses parents sont notoirement au chômage, ou pauvres, ou précaires, ou dans la dèche, quelle que soit l'expression que l'on utilise pour les désigner. Miroir de la décision du Conseil départemental : les pauvres sont autant condamnés lorsqu'ils "gâtent" (entendez : "pourrissent") leurs enfants que lorsqu'ils ne le font pas au moment où l'on voudrait qu'ils le fassent. Les pauvres, finalement, auront toujours tort.
Denis Colombi - Joyeux Noël (sous condition de ressources)
Le FN n'est pas du côté des femmes - quelle surprise... Mais ce que l'on peut voir ici, c'est que, contrairement à ce qu'il veut croire, il n'est pas non plus du côté des travailleurs. Il n'a rien à dire sur l'amélioration des conditions de travail, il n'a rien à promettre aux travailleurs, aux précaires et aux classes populaires comme amélioration de leur sort si ce n'est de leur dire "arrêtez de travailler !".
Contrairement au lieu commun politique que l'on a laissé s'imposer, le FN ne pose pas les bonnes questions : il ne pose pas la question des conditions de travail, ni même celle de la protection de l'emploi. Il pose celle de la "liberté à ne pas travailler", qui n'est manifestement pas la "bonne question". Et il y amène de surcroit une mauvaise réponse.
La race peut se penser comme une marque. Elle vient désigner certains individus comme spécifiques par rapport à un référent qui, lui, est neutre.