Électricien ! Nom d'une ampoule grillée ! Quel métier déglingué ! Tout ce bazar d'électrons qui se bousculent dans les fils, des câbles, des circuits, comme des rats dans les caves d'une vieille baraque délabrée. L'électricien, il trimballe sa caisse à outils, la mine triste, la gueule dans les câbles, comme un curé dans son missel. Il tire des fils, il démonte des prises, il bidouille des interrupteurs. Ça crépite, ça claque, ça pète comme une artillerie en déroute. Un foutu court-circuit et ça explose en étincelles. L'électricien, c'est le sorcier des temps modernes, celui qui danse avec la foudre sans s'en rendre compte. Il vous dit que tout est OK, que votre petit nid douillet est à l’abri des emmerdes électriques, mais au fond de ses yeux fatigués, on devine le doute, la trouille de la panne qui pourrait tout foutre en l’air. Il vous facture une somme qui vous ferait sauter au plafond si vous aviez un fil électrique dans le dos. L'électricien, c'est un artiste de l'ombre, un voltigeur de l’électromagnétisme, un casse-cou du courant, un danseur sur le fil du rasoir. Et quand il s'en va, dans sa camionnette déglinguée, on se dit qu'on est tiré d’affaire, du moins jusqu'à la prochaine panne. Car l'électricité c'est comme la vie, on ne sait jamais quand ça va disjoncter.












