La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.
Albert Camus, Le mythe de Sisyphe

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La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.
Albert Camus, Le mythe de Sisyphe
La dernière phrase de ce livre de Zola peut paraitre triste et morbide … Cependant je lui trouve une pensée joyeuse, remplie d’espoir car Il me vient à l’esprit que nous sommes issu d’un terroir et que le pain, symbole de l’abondance de la terre, représente la Vie. Découvrez l’incipit et l’excipit de ´La Terre´ de Zola 👇 https://sereveillerpoursetransformer.com/la-terre-emile-zola/ #zola #laterredezola #incipit #excipit #laterrelavie #reflexionintrospective #regardintrospectif #triangulationdesoi #premiereetdernierephrases https://www.instagram.com/p/CkSkhHCtPOr/?igshid=NGJjMDIxMWI=
#125 Un Grand Patron de Pierre Véry - Première et dernière phrases
Première et dernière phrases du livre 'Un Grand Patron' de Pierre Véry ✅ Une association surprenante qui ouvre une piste introspective ...
Lorsque le professeur Louis Delage, posant avec une sorte de tendresse le tranchant du bistouri sur l’épiderme, avait, d’un geste rapide, pratiqué une longue incision : « Quelle élégance ! Quel style !… » n’avait pu se défendre de chuchoter à l’oreille du professeur Charles Tannard son assistant Loiseau-Mielland.…Et la Maladie l’attendait, souriante…Un grand patron – Pierre Véry Telles sont les…
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Le veilleur rimeur
La salle s’était vidée. Enfin!
Albert attendait ce moment depuis son arrivée. Veilleur de nuit et préposé à l’entretien au bar le Folichon, il était aussi videur à l’occasion. Comme chaque nuit, quand enfin s’ouvraient les lumières, il prenait un air autoritaire et raccompagnait les trainards vers la sortie. Il faisait ainsi le tour de toutes les portes et les verrouillait derrière eux. Arrivé à la dernière d’entre elles, il pouvait enfin relaxer. Finis les cris, partis les excités, dehors les saoulons.
Même après plus d’une année, Albert voyait encore son nouveau poste comme une déchéance. Auparavant veilleur de nuit à la bibliothèque, il avait été remplacé par des caméras de surveillance. Ainsi, il était passé des longues nuits de lecture dans les rayons de poésie, aux verres brisés des soirées karaoké.
En retournant vers la salle principale, il n’entendait que le son de ses pas et le tintement du trousseau de clés qui pendait à sa ceinture. Albert savourait l’instant. Comme auparavant, à la bibliothèque, la salle était maintenant à lui. Seul, Il régnait sur le lieu.
Son mandat pour les heures à venir était de débarrasser la salle des souillures accumulées pendant la soirée. Comme chaque nuit, Albert pensait à Brel. Les clients c’est comme les cochons. Plus ça veille tard, plus ça devient con.
Avant de se consacrer activement à sa tâche, il montait sur scène et balayait la salle du regard. On aurait pu croire qu’il évaluait l’ampleur de la corvée qui l’attendait.
Que non! Albert suivait un rituel immuable depuis son entrée en fonction. Avant d’entreprendre le ménage, il invoquait l’esprit du lieu. À cette fin, chaque jour, il composait un nouveau poème qu’il livrait la nuit, au milieu de la scène, devant la salle encrassée. Ce soir-là, d’une voix haute et impérieuse, il déclama :
Ombres, spectres et fantômes du Folichon
Je vous conscrit pour une grande mission
Sortez balais, vadrouilles et torchons
Allez laver les restes de ces cochons!
Voyez cette salle en grand besoin
D’un récurage et d’un shampoing
Ils l’ont salie, tous ces vauriens
À vous maintenant d’en prendre soin.
À coup de brosses et de tampons
Effacez les traces de ces souillons.
Vêtus de haillons, armés de chiffons
Soyez les nouvelles Cendrillon.
Tout sera propre pour demain
Grâce à vous, il n’en paraitra rien
Vous le ferez en un tournemain
Car votre art sublime est divin.
Vous connaissez votre mission
Vous ai livrées mes intentions
Répandez votre sainte onction
Pour sortir ce lieu des bas-fonds.
N’attendez ni compliments ni soutien
Ni que, demain, ces pourceaux saliront moins.
Ils ne peuvent se tenir jusqu’au matin
Pour eux, même cela, c’est beaucoup trop loin.
Benoit Bolduc/Février 2019
We cannot stem the structural multidirectionality of memory. Even if it were desirable -- it sometimes seems to be-- to maintain a wall, or cordon sanitaire, between different histories, it is not possible to do so. Memories are mobile; histories are implicated in each other. Thus, finally, understanding political conflict entails understanding the interlacing of memories in the force field of public space. The only way forward is through their entanglement.
Michael Rothberg, Multidirectional Memory
Je n'entends même plus le souffle qui m'anime. Le vent n'existe plus. Le vaste ensemble de la bambouseraie se secoue plus qu'il frémit. Devant elle, le genêt craque ses écales noires et sèches faisant tomber subitement ses graines sur l'herbe rase et jaune. Rien d'humain n'a jamais importé à ce monde. Rien d'humain n'a jamais éveillé l'intérêt des fleuves ni des fleurs. Tout s'estompe dans les grains de cette brume floue que le feu du soleil a ajoutée à la chaleur de la lumière. Le soleil de midi commence à décliner. Le fleuve des morts lui-même s'est endormi. Rien d'humain n'a jamais importé à l'eau qui stagne et ne rafraîchit plus. Rien d'humain n'a jamais importé aux rêves qui visitent le sommeil des hommes. Rien d'humain n'a jamais importé aux visions qui les éblouissent sous leurs paupières refermées et qui dressent leur sexe violemment alors qu'ils les regardent, les ignorent, et dorment.
La haine de la musique, Pascal Quignard, 1996
Let me arrest thy thoughts; wonder with me, Why ploughing, building, ruling, and the rest, Or most of those arts, whence our lives are blest, By cursèd Caïn’s race invented be, And blest Seth vex’d us with astronomy. There’s nothing simply good, nor ill alone; Of every quality Comparison The only measure is, and judge, Opinion.
John Donne, “First Song: The Progress of the Soul”
His soul swooned slowly as he heard the snow falling faintly through the universe and faintly falling, like the descent of their last end, upon all the living and the dead.
James Joyce, Dubliners, "The Dead"