J’ai tellement besoin de soleil. Je pense aux tournesols avec leur cœur d’ébène, leurs pétales déchiquetés et flétris, leur tête offerte à la lumière. J’en suis sûre, c’est parce qu’on nous a privées de soleil que nous sommes devenues folles. On a mis un écran pour cacher l’astre qui nettoyait autrefois notre cerveau de ses sombres chimères. Par amour du soleil, je prépare toujours un terrain pour planter mes tournesols.
Janet Frame, Visages noyés, 1961.













