Dès 1946, en créant les Foyers Ruraux, François Tanguy-Prigent leur assignait les missions de contribuer à la formation intellectuelle, à l'émancipation et à la promotion sociale des habitants des territoires ruraux, de recréer du lien social dans un monde rural dévasté par la guerre et d'y favoriser l'épanouissement des populations. Extrait du manifeste pour la création des foyers ruraux du 10 août 1945 : "La nécessité d’une éducation des milieux ruraux s’est affirmée en 1936 avec le gouvernement du Front populaire. Quoi de plus naturel ! La IV° République recueille un lourd héritage ! Sans doute une grande vague d’enthousiasme populaire a tenté de balayer, au lendemain de la libération, tout ce qui pouvait rappeler un régime détesté. Mais on n’abolit pas un passé. Nous sommes marqués plus profondément que nous ne l’avions cru par les institutions de Vichy et, par ailleurs, le travail persévérant des « valets de l’Etat Français » se poursuit ! Nos efforts se heurtent à des écueils invisibles, à des pièges aussi sournoisement qu’habilement tendus. Car Vichy, c’est la réaction… et la réaction n’est pas morte. Sabotage, sabotage, entendons-nous partout ! Et oui ! La réaction sabote pour nous dire ensuite en ricanant « Qu’avez-vous réussi ? » La réaction voudrait bien que nous désespérions, que nous renoncions à revendiquer le droit de tout homme à prendre conscience de sa valeur humaine. Nous ne renoncerons pas, disons-le bien haut ! Nous appellerons sans trêve tous les esprits soucieux du progrès social à S’UNIR pour réaliser enfin la libération totale dont la libération des territoires n’est qu’une étape. Les vrais révolutionnaires savent que le progrès social est intimement lié au progrès intellectuel et moral. Nous chercherons à faire vivre l’esprit en arrachant les hommes, les femmes, les jeunes de nos campagnes au sentiment d’isolement qui les amène à rêver de la vie des villes. Nous édifierons des Foyers Ruraux où tous ceux qui aspirent à une vie complète trouveront des moyens d’épanouissement."
Bugeat, Corrèze.















