Eau de Vif : 12 mois déjà (01/02) ! il y a 12 mois le week-end du 19 et 20 mars a été le tournant. Le nombre des malades progresse de façon accélérée et impressionnante. La Mairie de Vif nie à cette étape tout problème lié à l’eau. L’agglomération grenobloise est alors dans la “salle d’attente” de son plus gros scandale sanitaire : 64 hospitalisations et plus de 2 000 malades officiellement constatés. Quand l’eau coule du robinet, en principe, elle est un symbole de vie. A cette époque, sur 3 Communes de l’agglomération, l’eau devient un symbole de ... maladies ! C’est énorme. Un exemple : une famille a un nourrisson. Elle l’expose à une maladie grave quand elle lui donne de l’eau du robinet ! 12 mois plus tard qu’en est-il ?
Dans une entreprise, il y a toujours un “retour d’expérience” quand une crise est intervenue et qu’il y a matière à en tirer toutes les conséquences pour qu’une crise prochaine éventuelle soit évitée dans des circonstances comparables. Pour le Club 20, ce retour d’expérience conduit à tirer 10 conséquences concrètes :
1) En pleine crise, la solution a été celle des citoyens : ils ont posé les bonnes questions, refusé la pseudo fatalité, été vigilants face aux paroles officielles du déni. Ce succès de la citoyenneté a un visage : celui de Karine Maurinaux. Une femme qui lutte pour la vérité toute simple, implacable : savoir le vrai !
2) Face à ce succès de la citoyenneté, c’est l’échec des instances dites représentatives dans des conditions d’ailleurs totalement incompréhensibles pour des personnes de bonne foi. Ces instances ont vécu la révélation de la vérité comme un échec direct, une mise en cause. Elles n’avaient pas actionné l’écoute et le principe de précaution à temps et reconnaître cette faute grave devenait impossible. Bref, c’est l’étape où une seconde faute s’ajoute à la première.
3) Le décrochage évoqué au point 02 est surprenant de la part d’un exécutif de la Métro composé pour partie de Verts qui se veulent d’abord la voix des citoyens. C’est aussi surprenant de la part de l’opposition car le Maire de Vif aurait pu être solidaire de l’expression des citoyens vifois victimes largement majoritaires. Or manifestement, il s’est obstiné dans une incompréhensible distanciation pour ne pas dire opposition que rien ne peut justifier sur le fond. Probablement, pour la première fois depuis longtemps dans l’agglomération grenoblois, les élus ont adopté un comportement clanique les coupant des citoyens. Les photos prises pendant la réunion publique d’avril 2016 dégagent des expressions “terribles” comme si les élus pourtant supposés défendre les citoyens par définition étaient ulcérés par les demandes d’explications des ... citoyens.
4) L’agglomération grenobloise en quelques semaines est alors devenue la caricature de la crise de la gouvernance publique. A quoi tient fondamentalement la crise de la gouvernance publique locale française actuelle ? A l’inexistence de réels contre-pouvoirs à l’exception d’une presse locale (TV, écrite et radio) qui a été très réactive et soucieuse de présenter les faits . Or l’existence et la reconnaissance de contre-pouvoirs réels, actifs serait non seulement un progrès dans la gouvernance publique mais une protection y compris pour les élus dans la diversité des sources d’informations comme de contrôles réactifs.
5) La Métro a-t-elle tiré les enseignements de cette période pour changer ses méthodes ? Manifestement non. Combien d’autres demandes d’explications exposées de bonne foi sur la base de critères sérieux sont restées sans suite dans divers domaines pour d’autres territoires ? Plusieurs. La Métro se comporte comme si le scandale sanitaire de Vif avait été un “épisode” sans plus sans constater que l’écoute dans la confiance et dans le respect mutuel des questions des citoyens est l’un des meilleurs moyens pour progresser rapidement car, dans la quasi-totalité des cas, ces questions sont exposées de bonne foi, avec sincérité et avec une compétence technique réelle.
Demain suite des enseignements : 06 à 10.