Faire du stop, hacer dedo ; Une histoire de partage et d’aventures.
ça fait un moment que le blog ne s’est pas actualisé... Et ceci parce que je n’arrive plus à charger les photos qui illustrent mon voyage... Je ne me vois malheureusement pas raconter mon voyage sans vous le transmettre par image... Néanmoins j’ai encore des choses à vous dire. Notamment sur le stop. La première fois de ma vie que j’ai fais du stop, c’était au Chili en Décembre 2014. Plutôt récent donc... Et malgré l’appréhension de certaines personnes, ce fut une expérience incroyable. Plus qu’un trajet de bus en moins à payer, le stop est une expérience humaine incroyable. Au Chili et en Argentine c’est le seul mode de transport auquel j’ai eu recours. J’ai même pu vivre la procédure d’une traversée de frontière de pour un chauffeur routier !
Bref, le stop c’est en premier l’échange. Dans un voyage on rencontre des personnes avec lesquelles on partage un petit bout cette aventure. Ce n’est pas rien et je me rappelle de chaque chauffeur qui s’est arrêté pour que je monte dans son camion. Parce que, oui, la plupart du temps ce sont des chauffeurs de camions qui s’arrêtent et ce n’est pas plus mal... Avec de l’expérience, les chauffeurs de camions sont les personnes les plus sûres qui vous transporteront parce que leur outil de travail donne beaucoup d’informations sur eux (Le nom de l’entreprise, le numéro du camion, la plaque d’immatriculation...) contrairement aux véhicules particuliers. Dans mon cas, ce furent aussi exclusivement des hommes qui se s’arrêtèrent même quand je faisais du stop seule. Les femmes ne s’arrêtent pas. Et les femmes seules encore moins.
Le plus souvent, le chauffeur de camion s’arrête parce qu’il roule quotidiennement pendant 10 heures et que transporter quelqu’un permet d’avoir un autre interlocuteur que les personnes travaillant aux péages. C’est une forme d’échange là aussi. Par respect pour le chauffeur qui vous transportera le mieux est d’avoir un minimum de conversation et d’être à son écoute. C’est pour cette raison qu’il est préférable de faire du stop quand on est plein d’énergie et que l’on ne risque pas de somnoler.
De plus, après avoir parlé à pas mal de chauffeurs, j’ai appris qu’ils s’arrêtaient plus facilement quand c’était une femme seule ou un groupe avec une femme. L’image de la femme rassure. Toujours pour la même histoire de socialisation genrée qui voudrait que la femme soit plus calme que l’homme et sache se comporter durant le trajet.
Bref, toujours est-il qu’être un homme n’empêche pas non plus de faire du stop et que le fait de garder son sac-à-dos à l’abri et propre (saleté, pluie...) encouragera le chauffeur à s’arrêter !
Personnellement, j’ai eu de la chance, pour une blonde typée européenne, c’est assez facile de faire du stop en Amérique du Sud et je n’ai jamais attendu plus de 10 minutes au même endroit... (mis à part le jour où j’ai fais du stop avec un latino américain au milieu de nul part... Mais j’avais deux facteurs nocifs haha). Pendant le voyage et si vous dites que vous faites du stop seule les gens que vous rencontrez vont soit vous regarder avec des yeux admiratifs en vous demandant des conseils soit avec des yeux peinés en se demandant si un jour ils verront votre portrait dans un journal annonçant votre disparition. Bien que ça parte d’un bon sentiment, c’est assez lourd de s’entendre répétez tous les jours de départs que le stop c’est dangereux. Surtout pour une femme seule. Surtout pour une femme blonde en Amérique Latine.
D’ailleurs dans cette partie j’aimerais saluer les hommes qui m’ont dis de pas faire de stop seule parce que j’étais “una chica muy linda rubia y con los ojos celeste” et qu’on pouvait me prendre pour une prostituée (sinon les gars, vous avez déjà vu une prostituée en jean, transportant un sac-à-dos de 12 kilos et en train de transpirer ?)
Puis le chauffeur qui m’a dit de faire attention à moi parce que j’étais française et qu’en 2006, deux françaises qui faisaient du stop s’étaient faites assassinées à Salta... J’en passe. Mais au final, si vous voulez faire du stop, surtout ne vous privez pas et garder confiance en vous. Parce que vous allez rencontrer beaucoup de personnes qui vont essayer de vous en dissuader.
Donc oui, effectivement, le stop c’est dangereux. J’ai eu quelques aperçus qui se sont heureusement bien terminés et dont je rigole aujourd’hui ! Mais c’est pas pour ça que j’ai arrêté de me déplacer en stop. Parce qu’aujourd’hui sortir dans la rue est dangereux, travailler dans un journal satyrique est dangereux, prendre sa voiture ou son vélo est dangereux, vivre est dangereux. Et si on veut vivre sa vie quand on l’entend, ça signifie aussi s’exposer aux dangers.
Pour un voyageur seul qui veut faire du stop, il y a aussi quelques règles basiques et normalement innée qu’il faut essayer d’appliquer au maximum.
- Ne pas porter de vêtements trop provocateurs ou qui laisse apparaitre trop de peau. Pareillement pour le maquillage.
- Faire du stop dans une zone où il y a du passage (le meilleur est de trouver un péage, un arrêt de bus ou une station service fréquentée)
- Le mieux est d’avoir avec vous un moyen de vous protégez... Ou au moins un téléphone pour prévenir quelqu’un en urgence.
- Ne pas dormir
- Mémoriser le maximum d’informations du véhicule et du chauffeur qui vous transporte.
Bien sûr tout ça ne sont que des conseils et je ne les ai moi même pas tous appliqués et tout s’est bien passé. De plus, je suis loin d’être experte en la matière... Je pense que le stop est quelque chose qui n’est pas envisageable pour tout le monde parce qu’il est aussi contraignant ; pour plus d’informations je vous mets le lien d’un article en espagnol ;
http://viajandoconmigo.com/mini-guia-para-viajar-haciendo-dedo-tips-de-camioneros-para-mochileros/






