Esthétique de la joie... ou créer pour un espace vital
“Comment vivre, comment gagner sa vie socialement, sans renoncer au désir d’atteindre à un maximum de vie dans une âme et un corps ? Comment rendre notre gagne-pain poétique ? Car s’il n’est pas poétique, ce n’est pas la vie que nous gagnons, mais la mort. Le froid et la faim conviennent mieux à ma nature que les méthodes adoptées par les hommes pour s’en protéger. N’était le fait que je désire faire autre chose -créer une oeuvre-, je préfèrerais souffrir et mourir plutôt que de me forcer à gagner ma vie par les moyens que les hommes proposent”.
Marie Bathellier n’est peut-être pas aussi radicale que Thoreau même si comme lui, elle est un peu “l’inspecteur(trice) des averses, des pluies, des tempêtes et des marées, non salarié(e), non titularisé(e)”, qu’elle essaie de capter le message du vent et qu’elle s’approche de fort près de la parole de la nature en créant une oeuvre "bien au-delà du goût de l’époque”, non pas à Walden mais dans les verts et les bleus de l’Ile d’Yeu, puissants et rayonnants...