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LIVING LA VIDA LOCAL (pt 31)
(Les Disques De La Face Cachée)
L'année dernière je faisais le malin en postant une aussi immédiate qu'approximative chronique du Dissolve Me de FEELING OF LOVE, l'ayant reçu le jour-même des mains de Guillaume. Je fus le premier sur la toile (dans l'univers ?) à causer de ce disque que l'on consacre aujourd'hui comme l'un des meilleurs enfantés par le rock'n'roll moderne français. Petite satisfaction toute relative, mais il faut bien se raccrocher à quelque chose dans ce monde de merde, non ?
Le Peur Est Une Illusion n'est pas le nouvel album du trio maléfico-mélancolique. J'ai menti dans ma promotion, histoire de faire mousser un peu le bordel. Bon ça n'a pas trop pris, je dois avouer. Mais c'est pas grave. Toujours est-il que ce LP est malgré tout le dernier format long en date du groupe. Une belle compilation regroupant huit singles sortis entre 2006 et 2008 sur des labels aussi divers et avariés que Yakisakana (The Right Bitch At The Right Place), Rococo (Hand Clap Girl), Nasty Product (Young Jesus) ou Florida's Dying (Rapeman). Des morceaux seulement connus des fanatiques de la première heure où Guillaume se contentait d'expérimenter et triturer quelques mélodies malades violemment posées sur des rythmiques désarticulées en plastobéton triste, seul et dans son coin. Des bidouillages donnant naissance à des chansons aussi mythiques et hypnotiques que Jordan's Rules (aussi improbable et géniale qu'une maladie mentale en phase terminale) et The Rapeman Blues. En filigrane, toujours une obsession morbide pour les histoires glauques et loses autour de la femme (je veux pas faire dans le pathos mais je le comprends, on ne l'a pas eu facile). En prime, deux inédits extrêmement bien sentis (Revenge en face A, Le Seigneur en face B).
C'est donc sorti sur Les Disques de La Face Cachée, le label du magasin dans lequel je travaille. Tu vas me faire le plaisir de commander ta copie maintenant tout de suite. Merci.
(Les Disques De La Face Cachée, Whosbrain et quelques autres)
Voilà ce que l'on appelle plus communément un "teaser". Sauf que celui-ci n'est ni un clip sur Youtube ni un morceau en téléchargement sur Bandcamp. C'est un disque. Ouah. Un. Disque. Le truc genre trop improbable en 2012. Et putain de bordel de merde, quel teaser !
J'ai jamais été un gros gros fan du SINGE BLANC. Ca avoine en live, on se prend toujours des mégatartes à les voir jouer et délirer, puis faut avouer que c'est impressionnant (normal, ils ont l'expérience... C'est quand même un des groupes qui tourne le plus en France, avec MARVIN et toute la Colonie de Vacances). Mais sur disque, je sais pas, je suis souvent mitigé. Le chant a parfois tendance à me gonfler. La complexité rythmique et le son des deux basses également. Pas toujours. De temps en temps. Sauf que là, sur ce Mic-Mac, j'ai presque l'impression d'écouter un autre groupe. Déjà, les loulous nomment leur morceau du nom de mon micro préféré. Ensuite, ils dopent leur rock simiesque au post-punk new-yorkais de James Chance. Enfin, ils tentent des vocalises un peu plus fantasques qui ne sont franchement pas pour me déplaire. Bref, je trouve que ce morceau démonte et qu'il annonce un retour en force dantesque (Aoutat, leur cinquième véritable album, sort le 2 février 2013; je l'ai déjà et je peux te dire qu'il est VRAIMENT à la hauteur).
Les SPRITZ, en revanche, beh c'est pas mal (BATTLES live dans la noise) mais franchement j'accroche pas plus que ça (sauf au chant, aussi rare qu'écorché).
(autoprod)
J'ai rencontré les NAPOLEONS sur le plateau du dernier Culture Pop (où je me suis lamentablement emmêlé les pinceaux en causant du Sun de CAT POWER tout en sauvant l'honneur avec le second CHICKEN DIAMOND... First world problem, je sais). Pour être honnête je n'ai pas été super convaincu par leur live acoustique. Très hésitants et pas vraiment à l'aise, les cocos. Ca se sentait. Un peu comme moi, quoi. En revanche, je suis content d'avoir accepté ce disque de la part de leur guitariste. Parce qu'il est vraiment bon. Envolée, la peur. En quatre titres, le groupe dévoile toute une palette d'émotions héritées des grands du rock des années 2000. Forcément, ces jeunes le sont encore (jeunes). Bon, les STROKES sont déjà une influence évidente (les riffs de guitare et certains solos), tout comme le sont également les KINGS OF LEON (la section rythmique). Je rajouterais à cela une pincée de HIVES (I.J.I.M.P., certaines intonations de chant sur Magnetism) ainsi qu'une bonne grosse louche de KASABIAN (le single Louisiana, l'énergie globale, le look aussi; car c'est important, le look, chez les jeunes gens). One By One est franchement un bon gros tube, certes discret mais qui montre clairement le potentiel du quintet montébliardais relocalisé sur Nancy. Le chant est au top (superbe mélodie) et le groupe joue avec les tripes sur la table. Sentiment que je n'éprouverai pas à l'écoute des trois autres morceaux (bien que Louisiana soit quand même une petite pépite taillée dans le rock le plus fort) mais qui, je pense, ne demande qu'à s'exprimer. De plus, les loulous semblent avoir la tête bien vissée sur leurs épaules en cuir, ne voulant pas se presser pour accélérer les choses, ayant la volonté de prendre le temps de bien les faire. Et pas la gueule tout le temps grande ouverte, comme certains mécheux à casquette (je me souviendrais toujours de ce poing serré et de ce regard plein de conviction au Zikametz, grand moment WTF). Bref, je pense que je vais suivre leurs prochaines sorties avec attention (surtout si l'influence STROKES prend le pas sur les autres, hein).
(Dans Le Vide)
LE SEUL ÉLÉMENT est le projet solo de Bat (marteleur de futs chez CENDRE, roadie occasionnel des kitschissimes GREENWICH CAVERN et fan absolu de William Sheller). Un exutoire pour ce passionné de touches noires et blanches. Le piano se retrouve en effet ici au centre des débats. Gin Pleos est un long morceau de trente minutes que l'on ne voit absolument pas passer. Les ambiances tirent vers une abstraction seulement atteintes par des groupes tels que GROWING et TARENTEL ou bien encore Aidan Baker quand il ne fait pas le guignol avec NADJA. Une délicatesse parfois dérangée par des déchirements drone et dark ambient confinant sa musique dans des cadres clairement post-rock (les montées et descentes typiques) voire même sludge (le kick, les guitares). Oppression et borborygmes désossés. La répétition en action et des mouvements qui évoquent parfois l'ambiance de certains films japonais. Cette douceur apparente. Ce calme avant la tempête. Un sentiment à la fois rassurant et dérangeant que traduit bien un sublime artwork sérigraphié et signé Pierre Weird. Du bel ouvrage, vraiment.
(autoprod)
A peine trois mois après avoir sorti le meilleur album de l'année (Paved Intentions, dois-je vraiment le rappeler ?) et un mois après avoir donné le meilleur concert de l'année (jeudi 15 novembre au Musée de la Cour d'Or à Metz dans le cadre du festival Musiques Volantes, dois-je vraiment le putain de rappeler ???), THE AUSTRASIAN GOAT remet le couvert, cette fois-ci accompagné de son VNTRVE ENSEMBLE (on me souffle qu'il serait composé de membres de STRONG AS TEN et des SIOUX... Information à prendre au conditionnel, mais avec des pseudos tels que Fënchwik, Lëërdhammer ou Mojito Holocaust, ça me paraît bizarrement plus que probable), pour un split K7 partagé avec les copains de RAVENSDOM. Le bouc et le corbeau unis contre le reste de la faune. Une alliance pas si contre nature que cela.
Les Bordelais ouvrent les hostilités avec quatre titres ultra classiques aux textes poétiques teintés d'un humour qui rit jaune. Une distance appréciable que l'on retrouvait également dans certains écrits de GASMASK TERROR. Une constante dans l'oeuvre et une application à reproduire tous les codes du black métal (musicalement, on se situe clairement dans une ligne DARKTHRONE / MAYHEM avec une pointe de BURZUM pour l'ambiancement claviéristique) pour mieux les détourner (la démarche est noire punk jusqu'au bout des ongles).
J'apprécie beaucoup, même si je dois reconnaître qu'ils ne font malheureusement pas le poids face aux quatre morceaux destructeurs composés par Julien et sa bande d'outlaws. Il va probablement faire le modeste, comme toujours, mais je trouve le jeu de batterie de Fab pour beaucoup dans cet état de fait. Dès le roulement d'introduction (typique), tu reconnais la patte de l'artiste. Une marque qu'il va imprimer sur cette dizaine de minutes apocalyptiques, blastant d'un côté, ralentissant de l'autre, soutenant des riffs tirant parfois fortement sur le heavy metal moderne et graciés par la voix méconnaissable de Julien. Un retour aux sources salutaire pour qui apprécie les réinterprétations intelligentes de DARKTHRONE (encore) et GORGOROTH, avant le départ vers de nouvelles contrées inconnues que l'on espère aussi passionnantes que la dernière mue néofolk en date. J'aspire en tout cas à ce que le clin d'oeil à MAGAZINE (sur The Purity Of A Clenched Fist) soit un indice tangible concernant ses futures aventures soniques.
Dans tous les cas, all hail THE AUSTRASIAN GOAT.
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