Le customisé, le fragmentaire et le délabré
Dans une volonté de déconstruction de la peinture et de ses concepts, Gabriel Méo ponctionne, suture, greffe, customise, suggère, subvertit les matériaux. Récupérer, couper, recycler, raccorder… Ces mots d'ordre lui permettent d'assembler des matériaux entre eux afin de provoquer d’innombrables collisions et de multiples croisements. Il recueille et régurgite les différentes strates de notre culture jusqu’au seuil de la saturation et puise aussi bien ses influences dans les grands genres picturaux que dans la culture populaire. Ces œuvres sont des fragments, des ponctions ou des prothèses créant un lien fort entre le corps et les nouvelles technologies. Ce do it yourself artisanal et chirugical se constitue d'une multitude de mauvais raccords. Cherchant à éviter les systématismes, Gabriel Méo bouscule les dualités inhérentes au goût par la déhiérarchisation des matériaux et des pratiques. Pour sa première exposition personnelle à la Galerie le 22 – Nice, Gabriel Méo use du terme «Tech neck », nouvelle ride qui apparaitrait au niveau du cou à la suite de notre usage à répétition des smartphones. Vraie-fausse fabrication d’un mal 2.0. Combinaisons foisonnantes de mots et de matières, Gabriel Méo explore en partie les abysses des structures de pouvoir que sont les nouvelles technologies. Surveillance et contrôle en continu des corps, la question de la mauvaise ou bonne posture est ici remise en branle.
Marianne Derrien
Kit Mains Libres, usages des nouvelles technologies et histoire des formes
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