à l’orée de la parole le poème commence par le silence entre deux haies
nous avons été dis-tu une lente forêt en marche une lente forêt de signes
nous avons été aux abois
on nous a dépouillés nous avons survécu
nous sommes écritures
nous sommes idéogrammes de l’hiver
un à un murmurent nos grands corps étêtés
nul ne sait si nous ébauchons des battements d’ailes ou si nous implorons
arbres nous sommes nous étions oiseaux
au fond de ma gorge s’épuise une mésange
au fond de ma gorge la cendre est sans mémoire la salive sans témoin
le goût des mots nous tient debout
Michaël Glück










