Scènes Newtina#2: Reste
Grindelwald était vaincu. Dumbledore avait été promu directeur de Poudlard. Et l’histoire avait rayé de son livre les noms de Newt Scamander, Tina Goldstein, Queenie Goldstein et Jacob Kowalski. Il ne restait à ces quatre qu’eux-mêmes. Queenie et Jacob avaient décidés de se marier, avant de retourner en Amérique. De cette façon, ils contournaient la loi… En étant parfaitement dans la loi. Tina avait rit en apprenant la combine, puis l’avait approuvé avec un hochement de tête résigné, avant de faire comprendre à Jacob qu’ il n‘avait pas intérêt à faire du mal à sa sœur, ou elle allait sérieusement s’occuper de son cas.
Le mariage était dans quelques jours seulement, et les fiancés avaient passés la soirée avec Newt et Tina, qui logeait chez le magizoologiste, ne voulant pas s’immiscer dans la vie du couple. Queenie soutenait qu’il y avait une autre raison, mais Tina le niait en bloc.
Ils avaient fini la soirée sur le balcon de l’appartement de Newt, parlant de tout et de rien, savourant simplement le fait d’être là. La fatigue commençait à se faire sentir, et la fraicheur des nuits d’été avait enveloppé les quatre amis. Aucun ne souhaitait rentrer à l’intérieur. Pourtant, Queenie et Jacob avaient dû s’en aller, non sans lancer à Newt et Tina un regard plein de sous-entendus auquel Newt avait réagi en rougissant et que Tina avait réussi à superbement ignorer.
Ils se retrouvèrent donc là, en face à face, avec pour seul témoin la lune et les étoiles, qui les regardaient avec bienveillance.
Un silence gêné s’installa. Il y avait quelque chose dont Newt voulait parler à Tina. Il hésita, puis se lança en regardant ses mains crispées.
-Et tu… Tu vas repartir à New-York?
L’Auror rejeta sa tête en arrière, et inspira longuement l’air de la nuit.
-Je ne sais pas. C’est… Flou. Je devrais y retourner, j’ai un travail qui m’attends, des obligations… Mais…
Les mots grondaient en elle. Deux mots en particulier. Ils lui hurlaient de les laisser sortir. De dire “Mais... Toi.”. Sa fierté, et son incompétence en matière de sentiments lui interdisaient fermement de le faire.
-Mais? L’encouragea Newt.
Elle secoua la tête pour chasser les deux mots de ses pensées et répondit:
-Je n’en ai pas vraiment envie… Je crois que je ferais mieux de prendre une pause.
En réalité, elle avait désespérément envie de rester avec Newt.
Le magizoologiste, quand à lui, avait désespérément besoin de rester avec elle.
Il chercha des mots pour exprimer ce besoin, et trouva des promesses qu’il serait incapable de dire en la regardant dans les yeux. Il chercha des phrases pour le lui demander, il trouva des syllabes si pures et brillantes qu’elles l’aveuglaient. Il chercha “reste”, et trouva “je t’aime”. Il lui fallut un effort incroyable pour les enfoncer au plus profond de lui même, les faire taire, les cacher. Chaque seconde qui passait, l’effort que lui demandait cette manœuvre devenait plus intense. Car oui, il ne comptait plus le nombre de fois ou il avait masqué ces mots. Il prit le contrôle total de ses pensées, coupa court à son imagination et, enfin, souffla:
-Reste.
A ce simple mot, Tina tourna la tête vers lui. Son cœur se mit à battre plus vite, plus fort. Elle regardait Newt, sa tête baissée, ses yeux fermés et ses mains crispées, ses cheveux qui s’agitaient légèrement au moindre souffle de vent, ses tâches de rousseurs qui, dans la nuit, assombrissaient son visage. Il se redressa soudain et lâcha la balustrade à laquelle il était appuyé puis se planta devant l’Auror, sans pour autant la regarder dans les yeux.
-Pourquoi? lâcha enfin la jeune femme dans un souffle.
Newt fut pris au dépourvu. Il serra pourtant les poings. Hors de question de reculer. Hors de question de la perdre encore une fois. Hors de question de se retrouver à un Océan d’elle. Il inventa. Broda. Chercha une raison autre que celle des mots qu’ il refusait de prononcer.
-Je... Qui sais ce que je serais capable de faire sans surveillance… Déclencher une Guerre Mondiale, faire exploser le Ministère de la Magie…
Elle rit. Elle ne savait pas ce qu’elle avait. Elle voulait le prendre dans ses bras jusqu’à l’étouffer, pleurer jusqu’à ce qu’elle n’ai plus de larmes, rire à s’en déchirer la voix, fuir jusqu’ à ne plus pouvoir bouger, s’approcher jusqu’à fusionner avec lui.
Elle fit un pas.
-Je pourrais mettre le feu à Pou…
Il se tut. Il n’eu pas d’autres choix. Tina venait de poser ses lèvres sur les siennes. Et lui, les yeux baissés, n’ avait rien vu venir. Il resta interdit une seconde, puis ferma les yeux.
Elle l’embrassait.
Il entoura la taille de l’Auror de ses bras.
Elle l’embrassait.
Ce n’était pas un rêve.
Quand leurs lèvres se séparèrent, la jeune femme avait passé ses bras autour du cou de Newt. Elle souriait. Elle n’avait rien à envier à la lune qui les épiait. Ses lèvres avaient rosies, ses joues avaient rougies, et ses yeux brillaient. Le magizoologiste ne l’avais jamais vu aussi belle.
-Par la barbe de Merlin. Il souffla à peine ces mots, avant de l’embrasser à nouveau.
Il se sentait tellement bien comme ça. Il aurait pu l’embrasser jusqu’à la fin des temps. Mais l’air était quelque chose dont ils ne pouvaient se passer. Alors, quand il dut quitter ses lèvres, il enfoui la tête dans le cou de Tina.
-Je t’aime.
Les mots avaient jailli, sans qu’il ne puisse rien faire, sans qu’il ne veuille rien faire. Il sentit l’Auror frissonner.
-Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime.
Il ne cherchait plus à les cacher, ces mots. Ils coulaient hors de lui, et allaient se ficher droit dans le cœur de Tina. Il les répétait en boucle, sans s’arrêter. Peut-être que s’il continuait, tout le trop plein de sensations et d’amour qu’il avait se viderait un peu.
-Newt.
Il se tut aussitôt. Elle ramena ses bras vers elle, et prit le visage du magizoologiste entre ses mains.
-Je t’aime.
Enfin. Elle le disait. Elle laissait parler cette partie d’elle même qu’elle refoulait. Elle embrassa Newt, encore une fois. Elle ne voulait pas s’arrêter. Mais entre deux baiser, elle glissa rapidement quelques mots.
-Je crois que je vais rester.















