(5173) AUF BÖSEM BODEN (ON EVIL GROUNDS) ✖
en terre et contre tous de Peter Koller avec Aleksandar Petrovic, Birgit Stauber, Kari Rakkola, Faris Rahoma, Andreas Svolanek et Peter Richter. Scénario: Peter Koller. Musique: Malcolm Kemp et Stefan Kusch. Montage: Peter Hacker, Peter Koller et Benjamin Nolde. Photo: Marcus Stotz. Durée: 1h22 - 2007 - 22/1/13 - AUTRICHE - TF: "On Evil Grounds"
Pour fêter les 50 ans de réconciliation franco-allemande, je me suis dit qu’il serait de bon ton de regarder un film dans la langue de Goethe parce que je suis comme ça moi, quand on me dit à la télé et la radio que c’est la teuf, que ces deux pays s’aiment d’amour, que y’a rien de tel que cette bonne vieille entente germano-franzosiche, ben ça me donne envie de participer, de faire un geste, de pouvoir dire « j’y étais » et c’est pour cela que j’ai maté On Evil Grounds qui en fait s’appelle Auf bösem Boden et qui en fait, est un film autrichien.
Bien. Je ne savais pas que les autrichiens parlaient allemand, je pensais bêtement qu'ils parlaient autrichien. Ben oui, il y a plein de choses que je ne sais pas.
Qu’à cela ne tienne palsambleu.
Bref, mon film austro pas teuton démarre sur du vomi. Un grand jet de vomi, délicieusement garni de petits morceaux, qui sort de la bouche d’un type au crâne rasé, malmené par un autre avec des cheveux, l’autre étant totalement hystérique, ricanant comme une hyène, tandis que la caméra fait des plans tordus, des gros plans mal cadrés, des mouvements de va et vient cartoonesques, et que l’image se fige sur le ricaneur le temps d’inscrire L’AGENT IMMOBILIER sur l’écran, parce qu’on le sait depuis Guy Ritchie, c’est hyper cool de faire péter le nom des personnages à l’écran en figeant l’image sur leur gueule.
Puis, on apprend que le crâne rasé s’appelle Roméo et qu’il veut acheter avec sa gonzesse, Juliette, le loft tout pourri dans lequel il vient de vomir, et après avoir défoncé la tronche de l’agent immobilier à coups de poings mais en fait est-ce que c’était un rêve ? on ne le saura jamais, Roméo fait partir l’agent afin de prendre Juliette en levrette le temps du générique, levrette qui se terminera par un peu de strangulation, histoire d’en rajouter dans la provoc tape à l’œil.
Alors à partir de là, de deux choses l’une. Soit on a affaire à un keupon autrichien shooté aux romans d’Irvine Welsh et au néo-polar tarantinoritchiesque à la mode (depuis 15 ans maintenant…), soit Peter Koller, c’est le nom du monsieur derrière la caméra, le montage et le scénario, est un branquignole de première, un pauvre petit péteux pathétique qui s’est entourés d’amis qui n’osent pas lui dire à quel point il est naze ce qui bien entendu, l’encourage à commettre des forfaits cinématographiques de qualité pis que piètre.
C’est hélas la deuxième option qui sera retenue votre Honneur.
Peter Koller est un merdeux qui se croit malin, la pire catégorie de nuisibles qui puisse exister dans le cinoche de genre fauché.
« Avec rien on peut faire un super film, suffit d'être moi! » doit s’exclamer Peter en se masturbant devant son miroir. « Non Peter, répond le miroir qui lui renvoie l’image d’un tout petit zizi, il faut des idées et du talent si tu n’as pas d’argent et hélas, la nature ne t’a doté ni de l’un ni de l’autre et en plus t'as une tite bite». Mais Peter refuse de voir la vérité en face, ce miroir est un menteur. Du talent, il en a, sa mère le lui a répété depuis son enfance. Et puis Peter a une arme secrète : il est super rigolo. Il manie mieux que personne l’humour autrichien.
Alors qu’est-ce que c’est l’humour autrichien ?
Et bien, tel qu’il est pratiqué par Peter Koller, l’humour autrichien consiste à filmer des scènes de violence déjà vues un milliards de fois mais en les tournant en version cartoon façon Tom & Jerry, entendez par là qu’il accélère l’image quand un gros méchant tout fou poursuit sa victime et qu’il rythme le tout avec une musique à mi-chemin entre du Tex Avery et Benny Hill.
C’est hyper drôle.
La dernière fois que j’ai autant ri c’était avec la découverte du score du FN au premier tour des élections présidentielles.
Ah ah ah, le fou course Juliette en grimaçant, hi hi hi, Roméo coince dans une tenaille les couilles du fou, warf warf warf, Juliette se fait violer en faisant des mimiques genre « je m’ennuie », hi oh oh hi, le fou et l’agent immobilier font du hula hoop devant des hippies torturés, qu’est-ce qu’on se bidonne, c’est presque douloureux de rire autant, j’ai failli faire dans mon slip.
Voilà, l’humour autrichien selon Peter Koller, ça vous sauve une soirée.
Malheureusement, entre deux tranches de grosse poilade, Koller n’a rien à raconter. Alors il filme du rien. Roméo est enterré dans le sol, y’a que sa tête qui sort, le fou tire des boites de conserve au fusil, et ça dure pendant des plombes, avec toujours cette mise en scène qui veut tenter de faire croire qu’il y a une vraie recherche dans la construction des plans, dans l’utilisation de la photo, qu’on fait référence au western et qu’on sait s’amuser des codes avec trois francs six sous autrichiens qui doivent probablement être des euros mais je préfère pas accumuler les méconnaissances du monde autrichopithèque.
Mais ça ne marche pas. La seule chose que font comprendre ces plans faussement travaillés, c’est que Koller s’estime, se surestime, se kiffe, s’aime d'amour à mort, est persuadé d’être UN RÉALISATEUR.
C’est tout simplement insupportable, au-delà du nul à chier, dénué du moindre intérêt, y’a pas l’ombre d’un poil de cul d’une idée originale, tout tombe à plat, c’est un viandage intégral, magistral, un non-film, une abîme sans fond de vide absolu, ça devrait être sévèrement puni par la loi de commettre des saloperies pareilles, et si j’avais pas peur d’être emmerdé par les néo-nazis autrichiens dès que je poserais le pied sur leur sol, j’irais manifester contre l’existence de cette bouse.
Et ce ne sont pas les lamentables tentatives de faire du trash pour choquer le bourgeois (la branlette au téléphone qui se conclue par un geyser de foutrine) ou pire, les images de grosse déconne sur le tournage pendant le générique de fin (hi hi hi, on est trop rigolos, regarde, le script fait la grimace ! ouh ouh ouh, l’actrice danse comme Uma Thurman, hi hi hi, le cadreur se gratte le nez, wouah wouah ah c’est trop génial d’être aussi drôles !) qui vont plaider la circonstance atténuante pour l’accusé Koller, que je condamne sans détour ni tergiversation à l’interdiction formelle et définitive de s’approcher de tout ce qui touche à l’art sous quelque forme que ce soit et ce, à perpétuité.









