1. IL
L'outrance éloignée
Des mers arides
Forme des exceptions
Il pénètre leurs confins
Alimenté par les ouragans
Né dans la mer et véhiculé
Par la violence du ciel
Les vivants périssent dans leur totalité
Depuis plusieurs décennies,
Les suintements ont contaminé
La surface
Le fond a imprégné
Les rivages
Les boues
Sont asphyxiées
Sur l'axe des tornades
L'eau douce se mélange à l'eau salée
Ce mariage spongieux de la terre et de la mer
Se traduit par un grouillement
Inextricable
Le marais progresse, commence à se fixer
L'homme prospère dans l'extrême
L'homme cherche le processus de transformation
Il avance, mais ne gagne pas.
Il est retrouvé dans l'absence
Au prix de milles risques
Les reptiles se multiplient
Multitudes disséminées au sein des marais
L'observation pourrit dans la vase
Au fond d'un marais
Des crocodiles invisibles
Accueillent la pointe
Parfois, ils écrasent des soleils
Les marais se soulèvent
La victime ne résiste pas
Dépecée et dévorée
Il s'attaque aux facilités
Il retire les lambeaux de chairs
Coincés entre les infections
Tout les ans il remonte la nuit cyclique
L'instinct de reproduction tourmente;
Tuer ou mutiler?
Cris désagréables et sales soulevés par les marais
Retenir la vase et jouir
Le jaune remplit le blanc
La femelle recouvre de fange le corps
À l'exception des yeux
De temps en temps
Le cri, craquelé et rigide,
Détruit sa construction et libère l'inhabituel interdit ;
Le bassin des riches, la baignoire des autres:
L'élevage des monstrueux transporte des proies
On est parvenu à faire pondre la peau
De laquelle on tire des articles soignées
(Chaussures, sac, portefeuille, serviette, garnitures ignorées)
2. ELLE
Elle a été confirmée
Affrontée
Baptisée
Une adaptation aux eaux du hasard
(Un jour, je traversai la mer
Hors de vue de toute terre)
Les plus belles sont sculptées en plaque
Entourée de bordures mâles
L'âge adulte ne supporte pas de quitter une lagune
Pour une bordure
Les années sont fragiles
La chair a dû suppléer la nature
Lorsqu'elle vient d'éclore,
Elle passe son temps dissimulée dans la boue
Elle camoufle le lambeau de sa langue noire
La chair est victime isolée
Dans l'homme
Culture pourchassée
Consommée par les vivants
Son cri résonne très loin
Et remonte dans le bassin
Du doute
Les éclaboussures de l’œil comportent
Une fenêtre sur le Rien
Qui tue par étouffement
Emportée par les mortels
On l'a baptisée dans la vallée
Aux parures jaunes rayées de blanc
La chair a peur de ce qui rampe
La lutte est continuelle
La faim justifie tout
Lorsqu'elle se sent menacée,
Elle plonge derrière un rideau de vase
Elle défie la déchirure des chairs.