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15/08/17
25 Descendre, minuit. Je me réveille, allongée dans la neige, au beau milieu de la forêt de l’île de Sakaï.
Après quelques minutes la mémoire me revient peu à peu : une course effrénée dans les tunnels obscurs d’une mine, une explosion, puis plus rien...
Dans mon poing serré, un parchemin roussi, ce même parchemin que j’ai trouvé à mon arrivée sur l’île. Il s’agissait d’une page manifestement arrachée au carnet de bord d’un aventurier, Dyhas, et le message qui y était inscrit avait immédiatement attiré mon attention.
Si seulement j’avais su ce qui m’attendait... Si seulement j’avais pris plus au sérieux les mises en garde du vieux Loque, ou même celles du parchemin...
Mais non, appâtée par la gloire et la fortune, j’ai poursuivi mon chemin jusque dans la sombre forêt.
Je me souviens avoir fouillé chacune des excavations minières, dans l’espoir de faire le lien entre les rumeurs sur l’île de Sakaï et les recherches du défunt aventurier.
Sans succès.
L’exploitation avait été fermée il y a près d’un siècle et chaque mine que j’explorais, vidée de ses filons d’obsidienne et autres minerais... Aucune trace de trésors, si ce n’est de mystérieux symboles gravés sur la roche.
Et puis, après plusieurs nuits passées sur place, seule dans cette forêt fantomatique, je l’avais enfin trouvée ! Cachée derrière les arbres glacés, l’entrée d’une mine. Bien plus grande que les précédentes que j’avais visitées.
Oh il n’y avait aucun doute possible. Le secret de l’île de Sakaï, s’il existe, est caché dans les entrailles de cette mine.
C’est à ce moment que j’aurais du rebrousser chemin. Au lieu de ça, je me suis enfoncée dans les profondeurs de l’excavation.
Et puis je les ai vu: des dizaines de gobelins, affairés autour d’une machine.
Ah si ce John Loque me voyait... Je m’étais bien moquée de lui quand il m’avait annoncé que d’étranges créatures vivaient sur l’île... «Votre vue vous joue des tours vieil homme, cette île est totalement déserte» que lui avais-je rétorqué.
Et voilà que je me suis retrouvée nez à nez avec ces Gobelins, créatures innombrables et pour le moins agressives. Je ne pouvais leur tenir tête, mon seul échappatoire face au nombre était la fuite.
J’ai l’impression de revivre la scène: je cours, aussi vite que mes membres engourdis par le froid le permettent.
Droite, gauche ...
Encore une intersection ...
Et ces galeries qui n'en finissent plus ! Le spectre de la voie sans issue me hante à chaque tournant, j'avance à l'aveuglette avec mon instinct pour seul guide. Et alors que ma raison vacille sous la morsure de feu de l'effort, je la vois : la réserve de poudre noire piégée par mes soins à mon entrée dans la mine. La sortie n'est pas loin je le sais à présent mais une question subsiste : l'atteindrais-je avant que la horde à mes trousses active le détonateur ?
Un rayon de soleil au bout du couloir, mon salut est proche ! Puis vient l'onde de choc et le rugissement de l'explosion. Je sens mon corps quitter le sol pour s'enfoncer mollement dans la neige.
Et c'est le noir, combien de temps ai-je bien pu rester inconsciente ?
Des heures ? Une journée peut être ... Mes membres ne répondent plus, le froid semble avoir eu raison d'eux.
Comment vais-je rejoindre la navire ? Le vieux Loque a-t-il prit la fuite en entendant la détonation ? Ou viendra-t-il me sauver ?
Un flocon se pose sur ma joue, j'ai froid, j'ai peur, je ne dois pas m'endormir ou cette nuit sera la dernière.
Je ne dois pas m'endormir .... Je ne dois pas m'endormir ...