Sur les lignes au Sag-Lac
Voici un petit reportage indy réalisé sur les lignes de piquetage des concessionnaires automobiles du Saguenay Lac Saint-Jean.
Pour faire une histoire courte, le Syndicat démocratique des employé-e-s de garage (CSD) regroupe 450 ouvriers (et quelques ouvrières) qui font rouler la majorité des garages des gros concessionnaires de la région. Syndicat de tradition catholique, il négocie directement avec la Corporation des concessionnaires une convention collective qui s'applique à tous les garages et qui, par ricochet, donne le "la" dans toute l'industrie. Alors que dans d'autres régions les conditions de travail des métiers de garage sont très quelconque, les syndiqué-e-s du SDEG sont relativement bien traités. Les patrons veulent donc casser le syndicat. C'est le lock-out.
Le temps joue contre les patrons. À Québec, ils avaient tenté en 2003 de casser le grand frère du SDEG (le SNEG) et, après huit mois de lock-out, avaient du plier devant la solidarité ouvrière. Concrètement, les concessionnaires ne déménageront pas, leur main d'œuvre est qualifiée et difficilement remplaçable. En plus, les perspectives d'emploi dans le secteurs sont très largement favorable aux ouvriers (on annonce une pénurie de mécaniciens). Les lock-outés n'ont qu'à tenir "une minute de plus".
Mais en attendant, le temps est long. Ceux et celles qui se font des illusions sur le pouvoir des syndicats devraient regarder cette vidéo. Ils sont 450, ils sont en lock-out, et ils sont dans une camisole de force légale. Concrètement, ils ne peuvent ni fermer les concessionnaires, ni s'attaquer aux sous-traitants. Au Canada, le piquetage est légal mais en autant que ce soit une manifestation d'information. Les syndiqué-e-s n'ont pas le droit de bloquer le passage. En fait, ils n'ont même pas le droit d'être sur le terrain du boss et encore moins de faire du piquetage secondaire (chez les sous-traitant). Les injonctions sont sévères, pas plus que trois piqueteurs par garage. Les flics sont du bord des patrons et donnent des tickets si les piqueteurs font du bruit.
Puissants, les syndicats? Mon cul oui! Et pourtant, ils vont gagner. Comme leurs pères et leurs grands-pères avant eux. Tout simplement parce qu'ils n'ont pas le choix. Mais en attendant, va falloir qu'ils endurent. À commencer par tous ces individualistes qui traversent les lignes et qui ne sont pas capable d'attendre quelques mois avant de changer leur ostie de char...
On peut suivre le conflit sur le blogue du Collectif Emma Goldman (UCL-Saguenay).