LA SUPER PHOTO DE CLASSE !
À l'instar de Scouap et Adeline Praud, Cécile Liège, réalisatrice sonore, est intervenue sur le territoire du Pays d'Ancenis en décembre. À Teillé, avec deux classes de CM1 et CM2, elle a conçu des photos de classe sonores pas vraiment ordinaires. Retour sur une traversée dans l'univers des héros : un super-détour, pour révéler des valeurs et actions très ordinaires.
Qu'as-tu proposé aux élèves ?
Un atelier « autoportrait sonore ». Chaque enfant devait se décrire comme super héros sans super pouvoir. L'idée c'est qu'ils se remémorent dans leur longue histoire d'au moins 10 ans (rire), les circonstances où ils ont pu mettre en œuvre des qualités de super-héros ordinaires. Je les ai invités à chercher dans leur histoire.
Comment ça c'est passé ?
Ils se sont projetés dans quelque-chose qu'il leur est familier. Le super-héros, ils connaissent. Ils ont rencontré des difficultés quand il a fallu qu'ils identifient chez eux les valeurs du héros. On a travaillé à partir d’exercices d'écriture. Je leur ai d'abord proposé des exemples d'actions ordinaires héroïques, ensuite, c'est eux qui en ont proposées. La suite du travail a consisté à dénicher les valeurs qui se cachaient derrière ces actions. Il y avait par exemple le courage, l'altruisme, la générosité ou l’honnêteté. Ça les a fait réfléchir. Ils ont compris qu'on pouvait transposer des qualités de super héros à leur univers ordinaire. À partir de là, il leur a été plus facile de trouver une histoire à partager. Certains avaient des histoires évidentes. Par exemple, un garçon avait sauvé sa petite sœur de la noyade à la piscine. D'autres pensaient n'avoir jamais rien fait d'héroïque, mais finalement tous ont trouvé, notamment en cherchant dans la vie de tous les jours ou dans les histoires de classe. Au final, il s'agit principalement d'acte de protection, d'altruisme.
Que cherches-tu à travers cet atelier ?
Dans cet atelier, les élèves découvrent l'expression et l'univers sonores. Mon but est de les amener à s'exprimer de façon sonore. Lire un texte et fabriquer des sons qui disent les mêmes émotions, soutiennent leurs intentions. Là-dessus, j'ai été aidée par Claudie, leur intervenante musicale.
Pourquoi animes-tu des ateliers ?
Je suis réalisatrice sonore. Ce qui me motive c'est l'idée de faire découvrir que le son est un vecteur d'imaginaire incroyable. On est baigné dans un monde d'images. En expérimentant le son, les participants se rendent compte qu'ils peuvent imaginer les leurs. Elles sont à eux. Cela les amène à avoir confiance en leurs images, même si elles sont différentes de celles des copains. Ils peuvent ainsi faire confiance à leur propre imagination. Et ça, c'est déjà quelque-chose de super à partager. Dans cet atelier en particulier, ça avait beaucoup de sens de travailler sur le thème du super-héros auprès d'enfants qui n'ont pas confiance en eux, pour qui reconnaître qu'ils ont fait quelque-chose de bien est très compliqué. Ça va les accompagner dans leur construction. Au final, ce qu'on travaille c'est la confiance en soi. C'est important de se rendre compte qu'on peut penser par soi-même.
Le teaser du projet est à écouter sur le post précédent (ou ici): une mise en bouche avant de découvrir toutes les histoires partagées, à l'occasion de la restitution du projet fin mai à Ancenis.
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