
seen from United States

seen from T1

seen from United Kingdom
seen from China

seen from Malaysia
seen from United States

seen from Malaysia

seen from United Kingdom
seen from China
seen from China
seen from Germany

seen from Netherlands
seen from Türkiye

seen from Germany
seen from Türkiye
seen from Germany

seen from United States
seen from United States
seen from Yemen

seen from Russia
Je matche cet été avec une danseuse, elle est forcément belle et élégante sur ses photos. On se voit rapidement, le jour même si je me rappelle bien.
Tout se passe bien puisqu’elle a cette qualité de me faire rire et donc de me rendre drôle. Tout se passe tellement bien qu’elle me propose de venir chez elle pour bruncher le lendemain. On fait à manger ensemble mais comme je galère, c’est elle qui prend les choses en main et elle me regarde avec un sourire comme Sophia dans Vanilla Sky lors de la première nuit avec Tom Cruise (je lui dit qu'elle ressemble à Sophia dans Vanilla Sky).
On discute de tout, on s’assoit dans le lit en feuillettant des BD érotiques et c'est pas possible de ne pas la pécho tellement on est proches et qu'on rigole bien. A un moment, elle s'est redressée du lit en me regardant profondément dans les yeux, y a eu un blanc, c’était le moment, et je n’ai strictement rien fait.
Rétrospectivement, j’avais un peu ce manque d’assurance du mec intimidé qui voit la réussite du rendez-vous comme un but et pas une conséquence. Je ne la voyais vraiment pas comme les autres. Je ne me voyais pas répéter le schéma classique du "one night stand" genre on nique et on se parle plus après. Là, je voulais faire un peu attention à elle. Je n’ai rien osé faire: les signaux devaient être là, mais je ne les voyais pas, elle minaudait mais je faisais mine de rien. J’ai compris que j’avais merdé quand au moment de retourner travailler, elle m’a dit qu’elle partait pour 2 mois.
Je l’ai rappelé depuis, cette danseuse, et c’était très froid. On ne s’est jamais revu, sûrement qu’elle avait rencontré d’autres mecs en vacances, et le temps faisant son oeuvre on s’est vite éloigné.
Ce qu’il s’est passé pour elle ça m’est bien sûr aussi arrivé. Le mieux est l’ennemi du bien: on multiplie les rencontres, en se persuadant que la prochaine sera toujours meilleure que la précédente et tout ça est bien faux. Tinder, happn et cie c’est la culture de ça. Comme disait Drake, on vit dans une génération qui ne sait plus aimer (ouais ouais, Drake).
Benjamin m'attendait, adossé au mur, son casque de scooter blanc à la main.
C'en était presque trop simple qu'il se retrouve là ; 10min après que je l'ai contacté. C'est courageux. Je ne sais pas qui est le plus courageux des deux, moi qui réclame, ou lui qui obéit ? C'est une commande de sexe, comme j'aurais pu réclamer une pizza.
Conversation très cordiale, un peu comme avec son dealer de drogue, pour mettre en sympathie.
" où est-ce que tu étais aujourd'hui ?
" à un enterrement. "
Faisons avec.
Il a l'air beaucoup moins sûr de lui que je ne l'imaginais. Il dit avoir 27 ans il en paraît tout juste 25.
Je finis le Nikka, qui décidément m’aura pas mal servi ces derniers temps. Je lui sers avec un glaçon iceberg. J’enclenche la même musique. Je me souviens plus ce qu'on fait dans le salon mais on se retrouve très vite à même le sol dans ma chambre, à passer des vidéos.
Il aime les Daft Punk. Il me dit qu'il a écrit ces paroles dans une lettre pour son ex. Des lyrics des Daft Punk, ça peut sembler craignos, mais ça le fait.
"It might not be the right time
I might not be the right one
But there something about us
I need to say...
I need you more than anything in my life (...) "
Ma chambre ressemble à une salle des fêtes, où on joue à passer de la musique: du Jackson 5, de l'électro française, on regarde même des extraits de la Fureur de Vivre. Il me montre un clips où des nanas lesbiennes se touchent en mangeant de la viande.
Quand je l'embrasse, il fait un petit son du genre émotif. Je crois d'ailleurs que c'est un mec du genre émotif. A te faire plaisir avant tout. Je profite un peu de la situation, par curiosité je l'avoue.
Je le branle avec le gel. Il me dit que sa bite est enflammée : “T’es certaine qu’il n’y a pas de pétrole dans ton gel ?” C'est un compliment ? Ou un putain de pouvoir magique.
Il est reparti ce matin avec des taches de sang sur son t-shirt All Saints blanc. Je suis en fin de règles.
Il m'envoie un texto 2h après : "des traces de sang et maintenant un suçon, ça commence à faire beaucoup de traces, tu comptes te faire pardonner ?"
« Le mystère de la chair a déjà été vu, déchiré, dépecé des milliers de fois au cinéma ou dans des publications pour yaourt. « Baise moi » lu et entendu cent fois… Le plaisir filmé en gros plan, mimé en zoom arrière, avant, sur le côté, bruité, mis en mauvaise musique…
Que reste-t-il à inventer dans le silence d’une chambre ? Tout a déjà été fait en mieux/pire sur papier et sur écran, par des hommes et des femmes plus conformes. »
Isabelle Sorrente, L.
“ Le déjeuner est un supplice. J'ai l'estomac barbouillé, mon regard ne tient pas en place. Il saute des seins de Penny aux yeux de Penny. Est-elle à l'affût d'un beau black ? Est-ce qu'elle jauge le contenu des calebars ? Elle surprend mes va-et-vient oculaires. Elle me dit : “Ne sois pas aussi tendu. Je propose : Et si on allait quelque part pour parler ? Penny me rétorque : Chez toi ?” Ce fut une première fois en forme de cinq à sept. Son déroulement me parut un peu précipité. Mes films n'étaient jamais à la hauteur de leurs bandes-annonces. L'approche fut synchrone. J'embrassai Penny selon les directives qu'elle m'avait donné à notre premier rendez-vous. Mon lit était aussi étriqué que le sien se révéla l'être. Ce fut terminé trop vite. Notre désir commun de passer à l'acte nous avait propulsé vers le dénouement. Je voulais me marier, avoir des enfants - des filles - et un appartement à Brentwood. Penny voulait s'envoyer en l'air sans condition. ”
James Ellroy - La malédiction Hilliker