••Le Dernier Adieu à Moi-Même ••
La dernière fois que j’ai ouvert cette page,
C’était un soir de novembre, l’âme en naufrage.
20 ans à peine, et déjà tant de ravages,
Un cœur en cendres, un esprit en cage.
Je maîtrisais l’art de la peine infinie,
Les chansons qui pleurent, les mots qui déchirent,
Cellеs des pères absents, des mères qui fuient,
Des amours en miettes, des nuits sans issues.
J’étais cette enfant qu’on avait volée,
Grandir trop vite, sans mode d’emploi.
Un jour, le miroir m’a renvoyée :
20 ans déjà … Mais comment ? Pourquoi ?
Aujourd’hui, la nostalgie me submerge,
Un poids, un remords, comme un lourd secret.
Sur le chemin, j’ai laissé cette ombre,
Cette fille brisée, seule au carrefour.
Je suis partie sans un mot, sans un geste,
Devenue celle qui rit, qui espère, qui avance,
Mais qui parfois, dans le silence, se questionne :
« Où es-tu passée, ma douce souffrance ? »
Alors je reviens, les mains tremblantes,
Pour murmurer à cette âme en sang :
« Pardonne-moi d’avoir été lâche,
De t’abandonner, comme les autres l’ont fait.
Mais écoute bien, ma chère guerrière,
Tu n’es pas trop fragile, tu es lumière.
Si le monde te semble si froid, si vide,
C’est que ton cœur rêve plus grand que la vie.
Lâche prise, respire, laisse couler les larmes,
Les hommes sont faibles, certains sont charmeurs,
D’autres, des miroirs, des frères, des flammes.
Tu n’es pas perdue, juste en attente d’un autre toi-même.
Et sache qu’en moi, tu vivras à jamais,
Comme une sœur, une amie, un reflet.
Celle qui a saigné pour que je renaisse,
Merci, petite moi… Tu fus ma forteresse. »








