“A nous de faire aimer l’entreprise !” Frédéric Motte (Medef)
Dis-moi combien de grues tu comptes, je te dirais l’état de ta région. En matière d’indicateurs économiques, le président du Medef Nord-Pas-de-Calais se veut pragmatique. D’autant que cet ancien élu – il a été maire de Beaucamps-Ligny– est bien au fait des beaux discours politiques. S’il juge la haute administration plus attentive en région, il regrette le comportement fuyant de certains responsables nationaux : « Venir au Medef reste terrifiant pour certains élus ».
Pas étonnant donc que le vice-président délégué au pôle Adhérents du Medef incite à redéfinir les doctrines et la vision du syndicat patronal. « Avec 157 000 adhérents, le Medef, ce n’est pas le CAC40 ». Un message bien compris... Il suffit de voir la progression du nombre d’adhérents, selon l’intéressé. « En période de difficultés, on se resserre mais les adhésions par sympathie, c’est terminé. Nos adhérents viennent d’abord chercher un service ». Des réponses nouvelles en phase avec une nouvelle typologie d’adhérents : rajeunie, plus féminine, issue de la nouvelle économie. Pour le patron du Medef NPDC, le débat autour de la loi Travail démontre un nécessaire effort de pédagogie pour faire aimer l’entreprise. A ce titre, il évoque la création d’une Académie Medef, « un Medef de militants constitué de professionnels connus et reconnus les plus à même de débattre et d’argumenter jusqu’au sein de l’entreprise : chaque salarié devrait pouvoir faire passer le message à son niveau ».
Calendrier oblige, difficile de ne pas l’interroger sur la paralysie qui menace la France. Ce partisan de la responsabilité sociétale et environnementale préfère rappeler que le climat social reste bon dans les entreprises où le chemin est tracé avec clarté, et où les salariés ont une certaine visibilité. Aux avant-postes du tissu économique, le patron de Cèdres Industries – qui réunit une quinzaine de PME régionales et 600 salariés – déplore pourtant les lourdeurs auxquelles sont toujours confrontés les chefs d’entreprises : « CICE, taxe d’apprentissage, pénibilité : l’application stricte de la loi devient trop compliqué pour bon nombre de TPE ». Conséquence directe, sur le terrain les patrons ont le moral en baisse au risque de transformer « la colère en résignation ». Ca va mieux, vraiment ?












