Dépression
J’aurai aimé ne pas te connaître.
J’aimerais que personne ne te connaisse.
Tu es le genre de personne impolie qui s’installe sans permission.
Tu arrives un jour sans prévenir, tu détruit tout et tu t’en va, nous ne savons quand.
Au début, tu restes discret. Tu ne te manifeste que par une moue, une flemme de faire quoi que ce soit. Puis c’est la boule au ventre, le stresse, les angoisses, les pleurs, la perte d’émotion.
Pendant ton séjour chez moi, tu m’a détruite. Je ne souriais plus, je ne mangeais plus, je ne voulais qu’une seule chose : te voir disparaître. Que mes muscles cessent de se contracter sans raisons, que je cesse de passer mes week end paralysée dans mon lit, que je cesse de pleurer chaque soirs sans raisons.
Tu m’a fait perdre tout contrôle de mes émotions, de mes pensées, de mes gestes, de mes réactions... je ne contrôlais plus rien. Et je le voyais. Donc je me suis isolée avec toi, tu m’a entraînée vers le fond, tu m’a changée l’histoire d’un instant, de quelques mois, de quelques éternités.
Seulement, tu ne t’y attendais sûrement pas mais j’ai réussi. J’ai réussi à te battre, à te faire partir, à te quitter. J’ai eu de la chance, j’ai de la chance. Mais qu’en est-il des millions d’autres que tu garde avec toi ? Ça ne t’a pas suffi d’en entraîner vers le suicide ? D’entraîner la mort ?
Tu débarque et tu nous vole la vie.
Je te hais. Je n’ai jamais hais quelqu’un comme toi. Je te souhaite de disparaître de ma vie, de mon entourage, du monde. Lâches nous, disparaîs. Ne prends plus jamais personne. Je te souhaite de vivre seul.












